La source de nos peurs : Motel Scarlet
Aluai, Hélia, Di Meo, Nicolas,
ISBN:978-2-88901-275-6, 2026, 120 pages, 26€
Dans les motels, les âmes transitent. Elles se croisent sans jamais se regarder, les visages se confondent et s’effacent, au profit de l’anonymat. Mais le Motel Scarlet n’est pas de cette trempe-là.
Description
– Trailer officiel –
Qu’auriez-vous fait, si comme moi vous aviez été obligé de vous arrêter sur cette route de forêt, à la tombée de la nuit? Auriez-vous pris une chambre au Motel Scarlet?
Auriez-vous réagi comme moi, si le concierge de l’établissement vous avait averti de ne jamais quitter votre chambre après minuit? L’auriez-vous écouté? Et lorsque quelqu’un aurait frappé à votre porte pour déposer la clé d’à côté, auriez-vous eu le courage… ou la folie de la ramasser et d’aller voir ce qui s’y cachait?
Cela fait une éternité que je suis ici. J’ai vu les murs changer de couleur, les ombres marquer les couloirs de leurs empreintes et les miroirs se couvrir d’un voile blanc. J’ai compris que si certaines chambres restent closes, c’est pour ne pas voir le monstre qu’on y a enfermé.
Écoutez bien mon histoire. Car une fois la route du Motel Scarlet empruntée, il est déjà trop tard pour rebrousser chemin.
Presse
Avec «Motel Scarlet», Nicolas Di Meo et Hélia Aluai font revivre un étrange hôtel neuchâtelois
Après «Saint-Siméon» en 2022, le scénariste et la dessinatrice poursuivent leur série «La Source de nos peurs». Ils convoquent cette fois-ci pop culture nord-américaine et légendes amérindiennes
Sonder la peur, cette émotion aux mille nuances, mais aussi la mémoire familiale et collective, et celle, si particulière, des lieux laissés à l’abandon. Le duo Nicolas Di Meo (scénario) et Hélia Aluai (dessin) poursuivent leur série La Source de nos peurs. Après le roman graphique La Source de nos peurs. Saint-Siméon, en 2022, qui avait pour décor l’ancien sanatorium des Sciernes-d’Albeuve dans le canton de Fribourg, voici La Source de nos peurs. Motel Scarlet situé dans le motel de Bevaix au Cheval d’Eau, dans le canton de Neuchâtel, un bâtiment aujourd’hui détruit et remplacé par un magasin Lidl. Chaque opus se lit indépendamment et chacun est prolongé d’une version multimédia où l’on retrouve les voix des comédiens Pierre-Antoine Dubey, La Gale et Sabrina Martin.
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Extrait de l’article de Lisbeth Koutchoumoff Arman, Le Temps, 11 avril 2026
Le choc de deux mondes
Le duo lausannois Nicolas Di Meo et Hélia Aluai rempile avec un deuxième tome de La Source de nos peurs, série entamée chez Antipodes en 2022 avec Saint-Syméon. Il prend pour décor le pinacle de l’imaginaire horrifique à l’américaine: un mystérieux motel. Oui, mais le motel qui donne son titre à l’album a bel et bien existé dans la région neuchâteloise, c’est celui de Bevaix au Cheval d’Eau, aujourd’hui remplacé par un Lidl – est-ce vraiment moins lugubre?
L’horreur, malgré sa mauvaise réputation, permet au romancier et scénariste, Nicolas Di Meo, d’explorer le sujet tabou que sont les violences intrafamiliales comme origine de nos craintes les plus grandes. Il s’applique à aller puiser du côté de ces abus subis, qu’on reproduit et commet par la suite, dans un entêtant retournement de la violence contre plus faible que soi. Le dessin d’Hélia Aluai, travail de fourmi numérique façon carte à gratter, accompagne la lecture d’un étouffant maelström de noir, de blanc et de rouge.
Les deux volets de La Source de nos peurs se lisent indépendamment l’un de l’autre, mais jouissent tous deux d’un complément interactif et sonore – réalisé par l’auteur lui-même – qui n’en finira pas d’interroger le monstrueux secret des lieux dépeints dans ces deux récits horrifiques.
Chronique sur le site des Amis de la BD
Le duo Nicolas Di Meo et Hélia Aluai revient avec un second volet de La source de nos peurs. Après l’orphelinat de Saint-Syméon, l’action se déroule dans un lieu chargé d’angoisse. On était averti : au Motel Scarlet, il est dangereux de s’aventurer hors de sa chambre après minuit.
Qu’auriez-vous fait si vous aviez été victime d’un accident tard le soir dans une forêt ? C’est ainsi que la principale protagoniste du récit interpelle les lectrices et les lecteurs qui s’aventurent à ouvrir La source de nos peurs. Sortir de sa voiture, marcher dans la nuit, sous la pluie jusqu’à cette petite lueur qui perce entre les arbres. Une oasis bienvenue afin d’échapper à cette lourde impression : une masse sombre avec un regard en permanence pointé sur soi ? Pas sûr.
Qu’auriez-vous fait ? Auriez-vous pris une chambre au Motel Scarlet ? La réceptionniste n’est pas avenante et pas vraiment coopérante. Le téléphone ne fonctionne pas, impossible d’appeler une dépanneuse. Il reste bien une chambre disponible. Est-il possible d’y passer la nuit en sécurité ? Oui… mais uniquement si on ne sort pas de sa piaule après minuit. Il est important d’également éviter la chambre 242. Qu’auriez-vous fait si la clé de cette chambre se retrouvait sur le paillasson devant votre porte ?
La peur est en nous
En chacun d’entre nous, il y a des peurs incontrôlées. Parfois, elles ne sont pas vraiment explicables. D’autres fois, elles ressurgissent. Ce sont celles d’un traumatisme bien enfoui qui remonte sans crier gare des tréfonds de la mémoire. Parfois, ce sont des frayeurs qui invitent au courage pour fuir une personne toxique, violente, maniaque ou tout cela à la fois. Tout au long du récit, Nicolas di Meo maintient un suspense insoutenable sur cette peur qui conserve notre héroïne dans un état second. Entre cauchemar et réalité : il y a des monstres, des âmes en peine ou des souvenirs épouvantables qui prennent corps.
La nuit est une compagne angoissante et le motel dans lequel se déroule ce récit un vague souvenir. Et pour cause, de jour on ne verrait qu’un supermarché d’une marque de discount allemande construit sur les ruines de l’établissement hôtelier. Il s’y murmure des légendes tenaces si on gratte sous la terre. Nicolas di Meo souffle le chaud et le froid, manipule ses lectrices et lecteurs. La tension monte progressivement jusqu’à l’indicible.
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Extrait de l’article de Bruce Rennes, Les Amis de la BD, 6 mars 2026.





