La décroissance, chemins faisant
Petit manuel d’écologie politique
Moins!,
ISBN:978-2-88901-239-8, 2024, 336 pages, 27€
Les enjeux climatiques, bien qu’urgents, nous laissent souvent dans un état de sidération tant les causes semblent complexes et hors de notre portée.
Ce livre nous aide à retrouver une capacité d’agir grâce à des informations fiables, précises et accessibles.
Description
Quiconque promène aujourd’hui ses yeux dans les journaux, les rues ou les supermarchés l’aura aisément remarqué: l’écologie est omniprésente. Produit «bio», initiative «verte», projet «durable», «éco-gestes» et accessoires «zéro carbone»… On nous sensibilise, on nous conscientise, on nous responsabilise. On nous réprime aussi, et on nous fait culpabiliser. Alors on tente d’agir, parfois. Pour le climat, contre la pollution, pour la biodiversité. Et pourtant, l’impact écologique – celui de la Suisse en particulier – ne cesse d’augmenter. Dans un monde toujours plus mobile, connecté, dépendant, cela est-il vraiment surprenant?
La crise n’est pas uniquement écologique; elle est aussi – surtout – sociale et économique, politique et démocratique, philosophique et anthropologique. Il paraît de plus en plus évident que les catastrophes qui s’enchaînent à différents niveaux sont liées et qu’elles plongent précisément leurs racines dans nos sociétés modernes du toujours-plus.
Cet ouvrage, en forme de petit manuel d’écologie politique, entend dénoncer impasses et fausses pistes, tout en présentant de nombreuses voies inspirées par les idées de la décroissance. Construit à partir d’articles de fond et de propositions concrètes publiés dans le journal Moins! depuis une décennie, il dessine d’autres chemins pour un futur vivable et convivial.
Table des matières
1. Décroissance ou barbarie: Généralités sur la décroissance
Situer le projet de la décroissance
Une digne héritière de l’écologie politique
Petit historique des grands chantiers
Ceci n’est pas la décroissance
Se débarrasser d’un mythe
La tragédie de la croissance
Une maladie occidentale
Le secret d’une croissance illimitée
En route pour la décroissance
Les trois spires de l’escargot
Comment devient-on décroissant?
10 conseils pour débuter
Le quizz du Paresseux: quel genre d’écologiste êtes-vous?
Les Réseaux Objection de Croissance romands
Une ZAD qui a fait fleurir l’utopie
«Que cela dure!»
2. Les grands thèmes
Économie, travail, biens communs
Changer de paradigme… et d’échelle
Ne pas perdre sa vie à la gagner
Révolutionnaires biens communs
Avec ou sans argent, la leçon des SELs
Au boulot, avec le Pain du Jardin
Le bon plan du Paresseux: soutenez l’économie locale!
Société de consommation et publicité
La vie comme un supermarché
Habemus papam
Marchandise musicale
S’évader du tourisme
Dix idées reçues sur la publicité
Genève sans pub?
La folie du Paresseux: achetez moins, cassez tout!
Technologie et numérique
High-tech, low-tech, no-tech
Une question de civilisation
L’humain pris dans la toile
Gggggr, avec 5G
Les ravages de l’esprit techno-scientifique
Cybermiliter?
Alternative informatique
Politique, démocratie et médias
Exceptionnelle Helvétie
Vous avez dit «démocratie»?
Histoire de privilèges
Politiques décroissantes
La lettre du Paresseux: vers des multinationales responsables?
Quels médias pour des sociétés de décroissance
3. Au prisme de la décroissance
Écologie et changement climatique
Breaking news: la Suisse n’est pas écolo!
Petit, mais cause trop
Les racines historiques du dérèglement climatique
Le piège écocitoyen
Énergies et transports
La descente énergétique
Physique et métaphysique de l’énergie
Ralentir la vi(ll)e
Ce que les enfants nous apprennent de la mobilité
Agriculture et nourriture
En agriculture comme ailleurs: sortir de l’impasse productiviste
Du pain, du vin, des liens!
Cultiver autrement: l’Atelier paysan
La lactofermentation
La riante agriculture du futur
Logement et habitat
Repenser l’habitat de fond en comble
La propriété d’usage
Une alternative pour les jeunes en formation
Les voisinages pour un habitat post-croissance
Les habitats légers: aussi pertinents qu’illégaux
Santé, médecine, corps
Malade du productivisme
Une santé numérique?
Les leçons décroissantes d’une pandémie
Regarder la naissance autrement
Vers une médecine populaire participative
Femmes, féminisme et genre
Les privilèges ne se partagent pas
Laver son linge sale ensemble
Réinventer le travail (re)productif
Précarité menstruelle: la face cachée du jetable?
Contraception conviviale
Enfants et école
L’école au service du productivisme
Quelle école pour quel monde?
De vrais cadeaux
Pour une hygiène conviviale de bébé
4. Pour aller plus loin
Livres, films, collectifs
Les approches proches
Écosocialisme
Ecoféminisme
Ecopsychologie
Presse
Recension par la Maison commune de la décroissance
Moins ! est un bimestriel romand d’écologie politique (https://www.achetezmoins.ch/), qui « diffuse depuis 2012 les idées de la décroissance en Suisse romande et au-delà », que nous ne pouvons que vous conseiller ! À partir d’articles parus dans le journal depuis sa création, sa rédaction, « militante, bénévole et éconoclaste », a composé cet ouvrage aussi intéressant que riche. Rédaction (« une vingtaine de plumes différentes », p. 4) qui est d’ailleurs à l’origine de la majorité des articles présents dans ce livre.
Cet ouvrage est une belle démonstration de l’intérêt du recyclage, lorsqu’il est bien pensé : nulle impression de juxtaposition. Il est également un sain rappel à nous tous et toutes, en premier lieu militants et militantes décroissants : nous ne sommes pas immunes à l’emprise que la « stabilisation dynamique »[1] exerce sur nos imaginaires. Plus encore, cela demande une vigilance constante. Une décolonisation chemin faisant…
- Méfions-nous de la tentation de la tabula rasa : par exemple, ne devrions-nous pas toujours essayer de nous inscrire dans l’action militante préexistante avant d’envisager de nous lancer dans le nouveau ? Il en va de même pour la pensée.
- Ne cédons pas à l’injonction de l’immédiateté, même face aux urgences — réelles certes, mais rarement vraiment nouvelles — défendons l’intérêt du « tamis du temps » (p. 4) : non, l’accélération n’est pas une fatalité.
- Gardons-nous de succomber à la tentation d’exister pour exister, à la pression de le prouver en faisant toujours plus. Il est important de savoir s’arrêter.
Comme nous le rappelle Le Paresseux dans la préface de cet ouvrage : « Ne dit-on pas parmi vous que “c’est dans les vieilles casseroles que l’on fait les meilleures soupes” ? » (p. 4).
L’ouvrage est articulé en trois parties, et couvre de très nombreux sujets. Il ne serait pas raisonnable d’en faire une recension exhaustive, contentons-nous donc dans un premier temps de reproduire ici le plan du livre, dans les grandes lignes. Et ainsi offrir un aperçu de la diversité des sujets pouvant être approfondis à l’aide de cet ouvrage : il s’agit d’ailleurs d’une de ses forces. Non pas à travers une approche universitaire, qui ambitionnerait de définir l’objet de son étude, de l’inscrire dans une généalogie — d’autres ouvrages le font très bien — mais via des regards qui se croisent et se répondent, vivants et à même de faire vivre leur sujet, de nourrir la réflexion. À l’inverse, nous pouvons regretter l’absence d’introduction et de conclusion, aussi bien au sein des parties que générales, ce qui aurait pu offrir une hauteur supplémentaire à ce recueil.
[…]
Extrait de l’article d’Arthur Zarrouki, La Maison commune de la décroissance, octobre 2026.
La décroissance, chemins faisant livre du mois dans la revue Silence.
Si vous trouvez que Silence n’est pas assez copieux, voici un complément d’articles sélectionnés par nos confrères de la revue suisse Moins ! avec qui nous avons des collaborations régulières. Environ 70 articles parus depuis 2012 classés selon une douzaine de thèmes (écologie politique, décroissance, travail et biens communs, société de consommation et publicité, technologie et numérique, politique et démocratie, changement climatique, énergies, agriculture, habitat, santé, féminisme, enfants). Pour le lectorat français qui rêve d’une démocratie à la Suisse, un article montre que le résultat des initiatives et référendums est toujours le même: ce sont les plus riches qui gagnent. Et donc la démocratie suisse permet surtout de maintenir le statu quo. Concernant les autres sujets, le livre alterne réflexions radicales, reportages sur des alternatives et même quelques pages d’humour bienvenues. Bref, on se régale !
Michel Bernard, revue Silence, n°539, février 2025.
Chronique du livre dans la revue Moneta
L’écologie est omniprésente: on ne compte plus les produits bio, les initiatives «vertes», les projets «durables» et autres écogestes, sans parler des accessoires «zéro émission». Nous sommes soumis-e-s à une sensibilisation permanente et désigné-e-s comme coresponsables. Malgré cela, les impacts négatifs de notre style de vie ne font qu’empirer, tout particulièrement en Suisse. En plus d’être écologique, la crise est aussi sociale, économique, politique, démocratique, philosophique et anthropologique. Le lien entre les catastrophes devient de plus en plus clair, même quand elles surviennent à différents niveaux. Une telle complexité peut nous donner un sentiment d’impuissance. Le livre «La décroissance, chemins faisant» tente de nous aider à la surmonter et à retrouver notre capacité d’action. Il nous met en garde contre les impasses et les fausses bonnes idées, tout en esquissant de nombreuses perspectives inspirées de la décroissance. Afin de présenter des alternatives pour un avenir vivable et convivial, l’ouvrage s’appuie sur des articles de fond et des propositions concrètes, parus depuis une dizaine d’années dans le journal «Moins!».
Simon Rindlisbacher, Moneta, 12 juin 2024

