Dès le XIXe siècle, la librairie connaît d’importantes mutations. Elle se spécialise dans le seul domaine de la vente et atteint un public toujours plus nombreux et diversifié. Dans ce nouveau contexte, comment la librairie réussit-elle à trouver un équilibre entre son héritage culturel et les nouvelles perspectives commerciales qui s’offrent à elle ? À travers le cas exemplaire de l’entreprise familiale Payot (1877-1986), cet ouvrage dessine les transformations de la librairie sur le plan du développement économique, des pratiques de vente et de l’identité du métier de libraire. Il retrace l’histoire de cette prestigieuse institution lausannoise et contribue à comprendre la construction du modèle actuel de la librairie, en pointant notamment son rôle central d’intermédiaire dans le rapport entre le livre et son public.


Carine Corajoud
est historienne de la culture, lauréate du Prix de la Ville de Lausanne en 2017 pour son doctorat sur la Librairie Payot. Elle est également enseignante et dramaturge.

Edmond Gilliard (1875-1969) a marqué plusieurs époques de la vie culturelle romande du XXe siècle. Enseignant, écrivain, éditeur, conférencier, il s’est rapidement situé en marge du champ littéraire, tentant de constituer un pôle contestataire et formant autour de lui un réseau d’intellectuels, composé surtout d’anciens élèves. Ce livre retrace un pan important de l’histoire intellectuelle et culturelle romande, à travers l’étude de plusieurs réseaux d’influence. Il met en valeur des archives prodigieuses, essentiellement des correspondances d’intellectuels romands et français, souvent inédites. Il présente également un panorama des revues culturelles romandes entre 1920 et 1960 et retrace l’émergence d’une conscience progressiste parmi les hommes de lettres romands.

Tributaire du contexte historique, la réception de la pensée de l’écrivain évolue en fonction des préoccupations de ses admirateurs. Et l’actualité en fait partie. Au début des années 1930, insatisfaits par la recherche purement artistique, certains « gilliardiens » ont apporté une dimension éthique à leur discours alors que d’autres se sont lancé en politique, puis ont soutenu la résistance intellectuelle française pendant la guerre. Durant l’après-guerre, Gilliard est devenu un modèle d’anti-conformiste pour quelques Romands de gauche, en mal de figures tutélaires. Ultime signe de fidélité des anciens, la publication des Œuvres Complètes (1965) d’Edmond Gilliard a été l’occasion d’unir les forces de plusieurs générations d’amis, rassemblés par leur admiration pour l’écrivain atypique.

Ce livre retrace un pan important de l’histoire intellectuelle et culturelle romande, à travers l’étude de plusieurs réseaux d’influence. Il met en valeur des archives souvent inédites, essentiellement des correspondances d’intellectuels romands et français. Il présente également un panorama des revues culturelles romandes entre 1920 et 1960 et retrace l’émergence d’une conscience progressiste parmi les hommes de lettres romands.