Revue historique vaudoise 120/2012

50,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-080-6
Ce numéro consacre un dossier spécial à l'histoire du livre et de la lecture en Pays de Vaud sous le titre: "Livres et lecteurs en terre vaudoise : une histoire à écrire". Entièrement en couleur et muni d'une riche iconographie, ce volume réunit les contributions de vingt chercheurs qui éclairent sous un jour nouveau le rapport des Vaudois avec le monde des livres du XVIe au XXe siècle. 
Placé sous la responsabilité scientifique de Silvio Corsini, directeur des collections précieuses de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, ce numéro renouvelle en profondeur nos connaissances sur l’histoire du livre et de la lecture en terre vaudoise.
 Ce volume s’adresse autant aux spécialistes de l’histoire de l’édition qu’aux amis des livres et du passé de notre canton.
A l'occasion de la parution de son 120e numéro, la Revue historique vaudoise consacre un dossier spécial à l’histoire du livre et de la lecture en Pays de Vaud sous le titre: "Livres et lecteurs en terre vaudoise: une histoire à écrire". Entièrement en couleur et muni d’une riche iconographie, ce volume réunit les contributions de vingt chercheurs qui éclairent sous un jour nouveau le rapport des Vaudois avec le monde des livres du XVIe au XXe siècle.
 Au fil des pages de ce dossier, sont abordés des thèmes aussi différents que les imprimeries lausannoises au siècle des Lumières, l’aventure de l’Encyclopédie d’Yverdon, les bibliothèques publiques des villes et des campagnes vaudoises, les livres d’art ainsi que les destins contrastés d’artisans du livre. Ce numéro est aussi l’occasion de découvrir plusieurs aventures éditoriales et littéraires, à l’exemple de la collaboration entre l’artiste d’origine russe Théodore Stravinsky et Charles Ferdinand Ramuz ou la façon dont les peintres européens représentaient le Léman dans les récits de voyages à la fin du XVIIIe siècle. L’édition 2012 de la Revue historique vaudoise propose par ailleurs une correspondance inédite entre le marquis de Mirabeau, chef de file l’école physiocratique française, et un membre de la noblesse vaudoise qui contribua grandement au rayonnement des travaux de Mirabeau en terre helvétique. Enfin, nous découvrirons quelles étaient les lectures du docteur Tissot, du futur tsar Alexandre Ier et de leur précepteur Frédéric-César de La Harpe, d’une adolescente à la Belle-Epoque ou encore les enjeux autour de l’apprentissage de la lecture chez les enfants des classes populaires à la fin de l’Ancien Régime. 
Placé sous la responsabilité scientifique de Silvio Corsini, directeur des collections précieuses de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, ce numéro renouvelle en profondeur nos connaissances sur l’histoire du livre et de la lecture en terre vaudoise.
 Ce volume s’adresse autant aux spécialistes de l’histoire de l’édition qu’aux amis des livres et du passé de notre canton.

Éditorial (David Auberson)

DOSSIER

  • Livres et lecteurs en terre vaudoise: une histoire à écrire
  • Introduction: Les artisans du livre (Silvio Corsini)
  • Un imprimeur modeste : Jean Rivery (1549-1565) (Jean-François Gilmont)
  • Vingt-cinq ans d'édition et d'imprimerie à Lausanne au siècle des Lumières: le libraire Marc-Michel Bousquet, 1736-1761 (Silvio Corsini)
  • Les coulisses de l’Encyclopédie d’Yverdon: l’éditeur Fortunato Bartolomeo De Felice et son réseau épistolaire (Léonard Burnand)
  • À propos des graveurs et des planches de l’Encyclopédie de Lausanne et de Berne (Madeleine Pinault Sørensen)
  • Les correspondants vaudois de la Société typographique de Neuchâtel (Frédéric Inderwildi)
Les publications suisses du marquis de Mirabeau (Béla Kapossy et Sarah Meylan)
  • Les Elemens du droit naturel de Burlamaqui et le "célèbre docteur en droit Jean-Marc-Louis Favre à Rolle" (Rinantonio Viani)
  • La fin d’un petit âge d’or?Le commerce du livre dans le Pays de Vaud entre 1775 et 1803 (Pascal Delvaux
)
  • Quand les voyageurs peignaient le Léman: un parcours virtuel dans la base Viatimages (Daniela Vaj)
  • Le livre en spectacle: Théodore Strawinsky met en images Charles Ferdinand Ramuz et Igor Stravinski (Philippe Kaenel)


LIBRAIRES ET BIBLIOTHEQUES

  • Le catalogue de la bibliothèque d’étude d’Alexandre Ier – Frédéric-César de La Harpe, précepteur d’un prince impérial (Irina Zaytseva, Christophe Paillard)
  • Un aspect de la sociabilité lettrée dans le Pays de Vaud à la fin de l’Ancien Régime: la fondation des bibliothèques publiques d’Yverdon et de Morges (Thierry Dubois)
  • Les bibliothèques des curés d’Assens, de Bottens et d’Échallens (Villars-le-Terroir): les oubliées de l’historiographie de la Réforme dans le Pays de Vaud (Gilbert Coutaz)
  • Des lectures dirigées ? L’exemple de la bibliothèque paroissiale de Dommartin (Vanessa Bilvin)


LECTEURS ET LECTURES

  • La bibliothèque du conseiller lausannois Benjamin Milot en 1757 (Norbert Furrer)
  • Sociétés littéraires et Journal helvétique (1732-1782): un échange de bons procédés (Séverine Huguenin)
Les souscripteurs vaudois de la "Collection complette des œuvres de Mr. de Voltaire" parue à Lausanne entre 1770 et 1781 (Norbert Furrer)
  • Un praticien des livres: le Dr Tissot (1728-1797) (Miriam Nicoli)
  • L’un joue, l’autre

Vaud a un amour atavique du livre et de l’imprimé

La Revue historique vaudoise publie un dossier sur ce canton, patrie de lecteurs invétérés

1893・Au cours de cette année-là paraît à Lausanne un cahier de 32 pages sous couverture vert tilleul, où l’on préconise une vulgarisation intelligente d’une discipline trop longtemps réservée aux élites universitaires: l’Histoire. C’est le premier numéro de la Revue historique vaudoise. Deux fortes personnalités, qui parmi d’autres l’éditent, explicitent leur nouvelle profession de foi: s’adresser à un plus grand nombre de lecteurs "ne sacrifiera rien à la vérité scientifique". On n’entend aucunement recueillir des louanges: "Nous cherchons simplement à être utiles à nos concitoyens. Si nous y réussissons, ce sera pour nous une récompense suffisante. L’étude du passé n’est point une œuvre stérile. Le passé explique le présent, il prépare, il contient l’avenir." Ces éditorialistes de 31 ans: Eugène Motta (1862-1951) et Paul Maillefer (1862-1951). Le premier est un modeste instituteur du Nord vaudois qui publie d’intéressantes monographies historiques en Suisse; en France aussi. Un jour, il dirigera un important Dictionnaire historique du canton de Vaud. Le second est surtout un foudre de guerre politique, conseiller communal de Lausanne d’obédiences radicale et franc-maçonne, et poulain du chef cantonal de l’Instruction publique Eugène Ruffy, qui lui a fait accorder un titre de privat docent à l’Université. Tiraillé entre les péripéties d’un destin d’homme d’Etat (syndic, conseiller national, député cantonal, etc.), et son métier d’historien, ce Maillefer de Ballaigues restera connu comme auteur de manuels scolaires.

Revenons à 1893: Mottaz et lui ne sont encore que des lettrés férus de démocratie absolue et de pédagogie divulgatrice. Des idéalistes, mais le succès de leur Revue ne se démentira pas: 120 ans plus tard, la RHV est toujours vivace et polymorphe, conforme aux principes universalistes de ses concepteurs. Elle n’en reste pas moins éditée, rédigée et commentée par des mandarins de haute volée de notre UNIL. Des techniciens de la "science historique" qui, pour leur propre bonheur aussi, y apprennent ou réapprennent à rédiger sans ce jargon embrouillé, car trop précis, que conditionne l’accès administratif aux mastères, et dont ils sont