Nouvelles Questions Féministes Vol. 34, No2

32,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-116-2
Nouvelles Questions Féministes propose ici cinq traductions originales, afin de faire connaître des analyses féministes estimées importantes mais qui sont mal diffusées dans la littérature francophone actuelle. Les articles aux thématiques différentes du Grand angle sont reliés par la volonté de leurs auteures d’expérimenter de nouveaux outils pour comprendre les transformations induites, d’une part, par la montée du néolibéralisme et les limites des politiques féministes mainstream visant à y faire face, et, d’autre part, par la sophistication croissante de l’analyse féministe elle-même, nourrie par (et nourrissant) des courants de pensée voisins tels que les études postcoloniales et les Queer Studies.

Avec ce numéro, Nouvelles Questions Féministes propose cinq traductions originales, dans le but de faire connaître des analyses féministes que nous estimons importantes mais qui sont mal diffusées dans la littérature francophone actuelle. Traitant de thématiques différentes, les quatre articles choisis pour le Grand angle sont reliés par la volonté de leurs auteures d’expérimenter de nouveaux outils pour comprendre les transformations induites, d’une part, par la montée du néo-libéralisme et les limites des politiques féministes mainstream visant à y faire face, et, d’autre part, par la sophistication croissante de l’analyse féministe elle-même, nourrie par (et nourrissant) des courants de pensée voisins tels que les études postcoloniales et les Queer Studies. Ce faisant, ils montrent, chacun à leur manière, les liens qui unissent action et pensée féministes, et plaident pour le renforcement aussi bien du statut des femmes que des analyses intégrant une perspective de genre au sein des instances de décision politiques, économiques et académiques.

Le Champ libre rend un dernier hommage à une féministe, une scientifique, une collègue et une amie disparue bien trop tôt, Brigitte Schnegg (†2014), qui traite ici de l'amitié et de son rôle dans la construction genrée de la modernité et de la société bourgeoise du XVIIIe siècle.

Édito

  • Croiser les approches et les outils pour penser l’évolution des rapports de domination contemporains (Ellen Hertz, Patricia Roux, Amel Mahfoudh et Christine Delphy)

Grand angle

  • De l’importance de la culture pour repenser le langage féministe (Tejaswini Niranjana)
  • Le genre dans la crise, ou ce qui arrive aux "femmes" dans les temps difficiles (Efi Avdela)
  • Dépasser le patriarcat: la construction de la citoyenneté comme altruicité (Blanca Rodríguez-Ruiz)
  • Genre, sexualité et hétérosexualité: la complexité (et les limites) de l’hétéronormativité (Stevi Jackson)

Champ libre

  • Des âmes à l’unisson. Mise en scène sentimentale et compétition intellectuelle entre hommes et femmes dans la culture de l’amitié de l’Aufklärung (Brigitte Schnegg)

Parcours

  • Simone Chapuis-Bischof, profession : feministe ! De la lutte pour le suffrage au blog. Pour un féminisme pragmatique (entretien réalisé par Nadia Lamamra et Françoise Messant)

Actualités

  • L’anniversaire de la loi Veil, ou la commémoration d’une histoire sans lutte (Lucile Ruault)

Comptes rendus

  • Société Élisabeth Fry du Québec, La justice pénale et les femmes (Karine Lempen)
  • Isabelle Collet et Caroline Dayer (éds), Former envers et contre le genre (Martine Chaponnière)
  • Charlotte Debest, Le choix d’une vie sans enfant (Vanessa Brandalesi)
  • Olha Mykytyn-Gazziero, Enfants placés en Ukraine. De l’exclusion sociale à l’abandon d’enfant. Récits des mères (Fenn

Rechercher des récits alternatifs sur la crise, de façon à déséquilibrer ceux qui sont présentés comme les seuls évidents

Dans leur éditorial, Ellen Hertz, Patricia Roux, Amel Mahfoudh et Christine Delphy soulignent que les articles traitent de la question de l’"imbrication des rapports de pouvoir", proposent des "analyses différenciées et contextualisées de situations de domination complexes", intègrent la question du point de vue situé, "Cette attention épistémologique portée à la différence entre femmes, diversement situées dans l’espace géographique, historique et social, fournit non seulement un riche tableau des préoccupations variées des femmes contemporaines, formulées en fonction de leurs lieux d’énonciation, mais représente également la condition de possibilité d’une montée en généralité qui ne reproduit pas les erreurs d’un universalisme précipité tant dénoncé par les féministes non occidentales."

Je n’aborde que certains points traités dans les articles du Grand angle.

Tejaswini Niranjana revient sur les catégorisations binaires nature/culture et rappelle qu’en Asie la culture est associée le plus souvent aux femmes et non aux hommes. Contre les idéologies des colonisateurs, "A mesure que nous sommes devenu·e·s des Indien·ne·s modernes, puis des citoyen·ne·s d’une nation indépendante, nous avons adopté l’idée de 'notre culture' comme ce qui nous différencie des autres". Une culture facilement opposable à la "modernité", préservation en quelque sorte d’une essence trans-historique qu’il faudrait réhabiliter. Comment alors contester l’ordre patriarcal sans être accusé de défendre des id&