Nouvelles Questions Féministes Vol. 31, No 2

26,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-079-0
La dimension relationnelle des métiers de service féminins est souvent mise en exergue par les salariées et dans les recherches scientifiques. Mais le travail d'une éducatrice de la petite enfance ou d'une assistante sociale est-il vraiment plus relationnel que celui d'un surveillant de prison ou d'un facteur? A partir de l'étude de métiers féminins, masculins et mixtes, ce numéro met au jour le biais sexué qui structure l'analyse des métiers de service et leur perception par les professionnel·le·s.

Les métiers de service, qui impliquent une interaction entre un·e prestataire et un·e bénéficiaire, représentent aujourd'hui la forme majoritaire d'emploi dans les sociétés occidentales, surtout chez les femmes. La dimension relationnelle des métiers de service constitue un objet d'étude privilégié pour appréhender ces emplois, en comparaison à ceux de l’industrie, plus masculinisés.
Mais les métiers de service sont-ils vraiment plus «relationnels» que les autres types d’activité professionnelle? Et pourquoi la dimension relationnelle est-elle si souvent mise en exergue lorsqu’on parle des métiers de service féminins peu qualifiés, alors qu’elle est généralement passée sous silence dans le cas des professions prestigieuses? Ce questionnement constitue un enjeu majeur pour les recherches féministes sur le travail.
A partir de recherches portant sur les assistantes sociales, les physiothérapeutes, les éducatrices de la petite enfance, les surveillants de prison et les facteurs, les auteures du présent numéro tentent d’approcher ces questions à travers trois interrogations : la place du relationnel dans l’œil des chercheur·e·s; la place du relationnel dans les récits des salarié·e·s; le sens du travail relationnel au sein des métiers féminisés. Leurs textes mettent au jour les processus insidieux qui amènent les salariées à survisibiliser la dimension relationnelle de leur travail, souvent perçue comme «positive» et enrichissante, alors que cette dernière est ignorée, minimisée, voire invisibilisée dans les activités masculines. Ces articles montrent, en outre, que ce n’est pas tant la nature du travail qui détermine la perception de son caractère relationnel, mais plutôt les rapports sociaux de sexe entre les professionnel·le·s et leurs client·e·s.

Edito

  • Relationnels, les métiers de service? (Nicky Le Feuvre, Natalie Benelli, Séverine Rey)

 Grand angle

  • L'agencement hiérarchique de l’égalité. Discours de physiothérapeutes face à des situations thérapeutiques potentiellement sexualisées (Hélène Martin et Céline Perrin)

  • Vous avez dit "relationnel"?

  • Comparer des métiers de service peu qualifiés féminins et masculins (Marie Cartier et Marie-Hélène Lechien)

    Travail social et rapport aux familles. Les effets combinés et non convergents du genre et de la classe (Delphine Serre)

Champ libre

  • Feminist Semiotics. Pour une sociologie politique du cul féminin dans les publicités italiennes (Laura Corradi)

  • L’encrage du genre. Le rôle des professionnel·le·s du tatouage dans le façonnage des corps genrés (Valérie Rolle)

Parcours

  • Largesse et créativité féministe au service de l’éducation publique.
 Entretien avec Barrie Thorne, professeure en études genre et en sociologie à l’Université de Californie, Berkeley (Laurence Bachmann)

Comptes rendus

  • Anne Cova (éd.), Histoire comparée des femmes. Nouvelles approches (Anne-Françoise Praz)

  • Caroline Ibos, Qui gardera nos enfants? Les nounous et les mères (Marianne Modak)

  • Danièle Kergoat, Se battre, disent-elles… (Françoise Messant)

  • Pascaline Mourier-Casile, La Fente d’eau (Ghaïss Jasser)

  • Le 34e Festival international de films de femmes de Créteil (France) (Ghaïss Jasser)

  • Marie-Pierre Moreau, Les enseignants et le genre. Les inégalités hommes-femmes dans l’enseignement de second degré
en France et en Angleterre ( Farinaz Fassa Recrosio)

  • Dans la revue en ligne Lectures / Liens Socio

    À l’heure où les travaux sur le genre se consolident dans le monde de la recherche, et dans une période où les problématiques de genre se font entendre de manière plus ou moins audible dans la sphère sociale, le dernier numéro de la revue Nouvelles Questions Féministes propose de renouveler le regard scientifique.
    Coordonnée par trois féministes et chercheures engagées, Nicky Le Feuvre, Natalie Benelli et Séverine Rey, cette publication rassemble une grande diversité de contributions condensées en 159 pages. La richesse des points de vue ainsi rassemblés permet une prise de recul essentielle à la réflexion sur le genre et la place des femmes dans la société.
    Il comporte, un éditorial exposant les cheminements et perspectives scientifiques de l’étude des métiers de services – un dossier "Grand angle" constitué de trois articles traitant des questions féministes liées à la composante relationnelle de ces métiers – une partie "Champ libre" dont les deux articles démontrent la construction sociale genrée des corps – un entretien réalisé par Laurence Bachmann auprès de la renommée théoricienne du genre, Barry Thorne – sept comptes rendus de lectures et enfin un article d’Olivia Killias sur le combat du collectif Sisters in Islam pour un système politique et social "juste" à l’égard des deux sexes.
    L’éditorial intitulé "Relationnels, les métiers de service?" nous interpelle sur la question des enjeux rattachés à la dimension relationnelle et à la division sexuelle du travail au sein de la vaste nébuleuse des "métiers de service". L’ensemble des articles par ailleurs exemplaire en terme de description et d’apport méthodologique nous révèle toute la difficulté de rassembler sous le terme "métiers de service" un ensemble large et hétérogène d’activités. Le trait commun de ces dernières se situe dans le rapport interactif entre les "salarié.e.s et les bénéficiaires ou destinataires de leur travail" (p.4). C’est l’observation de cette interaction, croisée avec les facteurs de "race, de genre et de classe" (p.127), qui permet de réfléchir collectivement aux rapports sociaux de dominations. L’objectif à terme étant d’élaborer puis de diffuser un savoir théorique, ainsi que des leviers d’action en faveur de l’égalité. Retraçant brièvement l’émergence de la noti