Nouvelles Questions Féministes Vol. 31, No1

26,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-075-2
L’"homophobie" désigne couramment le rejet et les discriminations vécues par les personnes homosexuelles ou supposées telles. C’est une notion largement utilisée aujourd’hui dans le langage politique et médiatique mais aussi au sein des recherches en sciences sociales portant sur les minorités sexuelles. Le point de départ de ce numéro de Nouvelles Questions Féministes a été une envie et une nécessité de réfléchir à la portée et aux limites de cette notion d’homophobie, en particulier dans son articulation avec une perspective féministe.

L’"homophobie" désigne couramment le rejet et les discriminations vécues par les personnes homosexuelles ou supposées telles. C’est une notion largement utilisée aujourd’hui dans le langage politique et médiatique mais aussi au sein des recherches en sciences sociales portant sur les minorités sexuelles.

Le point de départ de ce numéro de Nouvelles Questions Féministes a été une envie et une nécessité de réfléchir à la portée et aux limites de cette notion d’homophobie, en particulier dans son articulation avec une perspective féministe.

Dans ce but, le numéro propose un ensemble d’articles qui, en se basant sur des recherches empiriques, viennent alimenter ce questionnement. Quelles sont les discriminations vécues par les lesbiennes, sont-elles similaires à celles que vivent les gays et surtout, comment rendre compte de ce qui les produit et les structure? Les luttes juridiques, matérialisées en Espagne et en Belgique, par exemple, par l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, permettent-elles d’éradiquer l’homophobie du droit, de construire une réelle égalité entre couples homos et hétéros? Comment rendre compte des points communs entre les discriminations et les contraintes vécues par les personnes transsexuel·le·s dans leur parcours imposé pour mettre en conformité leur sexe biologique et leur état civil et celles vécues par les gays, bis et lesbiennes?

Les thèmes abordés par les articles illustrent ainsi de manière empirique les discriminations que vivent diverses minorités sexuelles et, en même temps, démontrent la complexité des structures qui façonnent ces discriminations, complexité dont la notion d’homophobie à elle seule échoue à rendre compte. Ils invitent donc à réfléchir à l’articulation de la hiérarchie des sexualités, qui sous-tend la norme hétérosexuelle, avec la hiérarchie des sexes et les normes qu’elle produit. Une telle réflexion, loin d’être uniquement théorique, invite également au questionnement quant aux stratégies politiques à mettre en œuvre sur le terrain par les mouvements et associations de défense des personnes LGBTIQ.

 

Édito

  • La notion d’homophobie, ses usages et son rapport au féminisme (Céline Perrin, Marta Roca i Escoda, Lorena Parini)

Grand angle

  • Rendre visible la lesbophobie (Stéphanie Arc et Philippe Vellozzo)

  • Réflexions autour de la notion d’homophobie: succès politique, malaises conceptuels et application empirique (Line Chamberland et Christelle Lebreton)

  • Ouverture du mariage aux homosexuel·le·s en Espagne et en Belgique: une mise en question du caractère hétérosexué du droit? (Marta Roca i Escoda et Nicole Gallus)

  • Le genre et la chair. Analyse des discours médicaux autour de la transsexualité dans le contexte espagnol (Gerard Coll-Planas et Miquel Missé)

Champ libre

  • DSK ou le continuum entre les violences masculines  et les violences néolibérales (Jules Falquet)

Parcours

  • L’égalité de certain·e·s, l’inégalité de la plupart. Entretien avec Lisa Daniell, responsable des opérations à Women’s Press Collective (WPC), Brooklyn, NY, Etats-Unis (Natalie Benelli)

  • "Mais quel monde voulons-nous?" Entretien avec Maïté Debats, féministe engagée de Toulouse (F) (Glòria Casas Vila)

Comptes rendus

  • Lorena Parini, Marianne Modak, Magdalena Rosende, Michelle Zancarini-Fournel, Stéphanie Pache, Catherine Ecarnot

Collectifs

  • La Fédération genevoise des associations LGTB, une

Derrière la fausse neutralité du mot, ne pas oublier l’hétéro-sexisme

Une remarque préalable: le vocabulaire n’est pas neutre, certains termes contribuent à invisibiliser des situations sociales. Les auteures, en analysant leur sujet sous l’angle du féminisme matérialisme, font un travail salutaire, puisse l’ensemble des chercheuses et des chercheurs en faire autant.

"Si ce numéro de Nouvelles Questions Féministes a pour titre Homophobie, c’est bien parce qu’il porte sur le rejet et les discriminations envers les personnes homosexuelles. Mais il propose en même temps une lecture critique et féministe de cette notion, qui est largement entrée dans le langage courant et dans le langage politique, comme au sein des recherches en sciences sociales occidentales portant sur les minorités (LGBTIQ – Lesbiennes, Bi, Gais, Trans, Intersexes, Queer). Le recours systématique à la notion d’homophobie, mérite en effet qu’on s’y arrête, qu’on pèse ses avantages et ses inconvénients, et qu’on examine d’autres concepts visant à décrire et à analyser plus adéquatement la stigmatisation et les discriminations envers ces minorités, même s’ils n’ont jamais bénéficié d’une reconnaissance publique et politique aussi étendue que la notion d’homophobie."

Dans l’édito, les auteures précisent que "la plupart des études sur l’homophobie, comme plus largement celles sur l’homosexualité, ont rarement été menées depuis une perspective féministe". Elles avancent l’hypothèse "que l’homophobie est un produit du système de genre lorsque celui-ci repose sur une vision naturaliste des catégories de sexe". 

Il faut donc déconstruire la "normalité" de l’hétérosexuali