Nouvelles Questions Féministes Vol. 35, No1

32,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-119-3
Ce numéro traite des luttes féministes autour des reconfigurations d’une "morale sexuelle contemporaine" qui s’efforce, au-delà des normes religieuses traditionnelles, de définir les comportements convenables, acceptables, légitimes, valorisés, ou au contraire répréhensibles ou stigmatisés. À travers des objets divers comme la contraception, la prostitution, la SlutWalk, le consentement des patientes en gynécologie, la régulation des naissances dans le mariage catholique, ce numéro analyse comment les divers discours féministes proposent des normes sexuelles alternatives pour réguler les sexualités. Les études de cas abordent des mobilisations anciennes et nouvelles, intra et extra-européennes.

Édito

  • Luttes féministes autour de la morale sexuelle (Marta Roca i Escoda, Anne-Françoise Praz et Eléonore Lépinard)

Grand angle

  • Sexualité et respectabilité des femmes: la SlutWalk et autres (re)configurations morales, éthiques et politiques (Élisabeth Mercier)   
  • Luttes féministes autour du consentement. Héritages et impensés des mobilisations contemporaines sur la gynécologie (Lucile Quéré)
  • Débats sur la contraception et l’autonomie sexuelle chez les féministes japonaises (Christine Lévy)
  • "Courtisanes et femmes honnêtes". Prostitution et mariage dans les discours féministes francophones (1883-1906) (Christine Machiels)
  • Par-delà le bien et le mal, la morale sexuelle en question chez les femmes catholiques (Magali Della Sudda)

Champ libre

  • Les Françaises "voilées" dans l’espace public: entre quête de visibilité et stratégies d’invisibilisation (Fatiha Ajbli)
  • Excellence et égalité. Les paradoxes de l’égalité des chances à l’école (Nicole Mosconi)
  • Post-scriptum de l’article "La banalité du mâle. Louis Althusser a tué sa conjointe…" (Francis Dupuis-Déri)

Parcours

  • Les Guilaine Enoc, militante du MLAC à Aix et à Lyon dans les années 1970-1980. En quête d’autonomie (entretien réalisé par Lucile Ruault)

Comptes rendus

  • Annik Houel, Rivalités féminines au travail. L’influence de la relation mère-fille (Edmée Ollagnier) 
  • Camille Froidevaux-Metterie, La Révolution du féminin (Michel Kail)
  • Rina Nissim, Une sorcière des temps modernes. Le self-help et le mouvement femmes et santé (Geneviève Cresson)
  • Cynthia Cockburn, Des femmes contre le militarisme et la guerre (Angeliki Drongit

Puissance du collectif et prise en charge totale de nous-même

"Ce numéro se propose de mettre en évidence la contribution originale, décisive et parfois aussi ambiguë des luttes féministes à la reconfiguration d’une 'morale sexuelle' qui s’efforce, au-delà des normes religieuses traditionnelles, de définir les comportements acceptables, légitimés, valorisés ou au contraire répréhensibles ou stigmatisées."
Dans leur éditorial, Marta Roca i Escoda, Anne-Françoise Praz et Eléonore Lépinard rappellent la convergences de luttes féministes vers l’objectif de "contester la construction structurelle, mais aussi normative de la séparation privé/public" et interrogent les "ressorts profonds des convergences et des divergences". Elles développent autour de trois points: "Sexualité et domination masculine: une base commune de revendication", "Sexualité et identité sexuée: tension au sein du féminisme", "Sexualité et divisions des féministes: des divergences tactiques… et davantage?".
Il me (je suis dubitatif sur le terme même de "morale(s) sexuelle(s)") semble que certaines divergences sont liées aux contextes différenciés, aux imbrications distinctes (et à leurs perceptions) des rapports sociaux et aux tensions et contradictions internes à ceux-ci qu’il faut "habiter" et non "nier", à la temporalité (dont l’urgence) de certaines revendications, à l’oubli quelque fois de l’historicité des constructions sociales… Sans oublier qu’aucun groupe social ne peut se représenter (ou être représenté) comme uniforme (ce qui ne dit rien des processus d’unification possibles). Les choix démocratiques impliquent de faire vivre les dissensus, cela passe aussi par l’expression la plus vive des accords et des désaccords. Je partage donc la conclusion des auteures, "À travers les différents textes proposés, la morale sexuelle apparaît comme au coeur du projet féministe, et donc de ses divisions. Pour autant, le recul historique et l’analyse des débats sur la sexualit&eacu