Le cartable de Clio 11/2011

27,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-065-3
Ce numéro consacre son dossier central au thème des musées d'histoire et de mémoire. Il interroge les mises en musée du passé du point de vue de leurs constructions narratives et de leurs finalités. Pour ce faire, il évoque à la fois des musées tels qu'ils se présentent, des démarches didactiques qu'ils inspirent et des recherches dont ils sont l'objet.

Ce onzième volume du Cartable de Clio propose un dossier central sur le thème des musées, de l'histoire et des mémoires. Il interroge les mises en musée du passé du point de vue de leurs constructions narratives et finalités. Pour ce faire, il évoque à la fois des musées tels qu'ils se présentent, des démarches didactiques qu'ils inspirent et des recherches dont ils sont l'objet.

Une série d'articles établit un état des lieux des réflexions relatives à la didactique de l'histoire, alors que d'autres textes s'interrogent sur la transmission des passés traumatiques et sur ses effets démocratiques. Dans les deux cas, ces contributions font écho à des journées d'étude consacrées à ces thématiques.

Il est également question dans ce volume de nouveaux plans d'études et de récits nationaux, toujours dans la perspective de savoir quelle histoire enseigner, avec quels objectifs et selon quelles modalités.

ÉDITORIAL

  • Histoire, école et société, il y a encore à débattre!

  • Einige Bemerkungen zum Plan d'études romand hinsichtlich der inhalte Geschichte und politische Bildung (Charles Heimberg, traduit par Béatrice Ziegler)

  • L'éducation à la citoyenneté dans le LP21 (plan d'études suisse alémanique) (Béatrice Ziegler, traduit par Nadine Fink)

DOSSIER: MUSÉES, HISTOIRE ET MÉMOIRES

  • Musées, histoire et mémoires. En guise d'introduction (Charles Heimberg et Mari Carmen Rodríguez)

  • Pluralité de mémoires, pluralité de musées (Yannis Thanassekos)

  • Visiter des musées d'histoire des conflits contemporains. Premiers éléments pour une muséo-histoire (Julien Mary et Frédéric Rousseau)

  • Tourismes mémoriels et espaces muséifiés (Mari Carmen Rodríguez)

  • Espaces muséaux entre vitrine et paysage mémoriel et historique. L'expérience du réseau Memorha et le redéploiement des mémoires et de l'histoire de la Résistance et de la guerre (1939-1945) en région Rhône-Alpes (Alain Battegay)

  • Présentation de la Maison d'Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés (Geneviève Erramuzpé)

  • Clio au pays des terroirs… La Seconde Guerre mondiale dans le Parc naturel du Vercors (Philippe Hanus)

  • "Marne 14-18" à Suippes: la réalisation d'un "musée" local du front (2005-2007) (Philippe Olivera)

  • Naviguer entre mémoire, histoire et éducation. Le périple d'un musée d'histoire de l'Holocauste au Québec (Sabrina Moisan)

  • Le nouveau Musée gruérien. Une région dans le miroir de son patrimoine (Christophe Mauron)

  • La nouvelle exposition sur l'histoire nationale au Landesmuseum de Zurich. Entretien avec Erika Hebeisen (Julia Thyroff, traduit par Nadine Fink)

  • Musées, histoire et mémoires, avec des élèves (Charles Heimberg)

ACTUALITÉ DE L'HISTOIRE

  • Étudier l'émigration du point de vue de ceux qui l'ont vécue: une analyse de lettres de migrants" (Daniela Delmenico, présenté et traduit par Charles Heimberg)

USAGES PUBLICS DE L'HISTOIRE

  • La pensée his

Dans la revue en ligne Lecture / Liens socio

Le dossier central de la revue interroge le triangle histoire-mémoire-musée. Il y adjoint un quatrième angle, l’enseignement scolaire de l’histoire et l’éducation à la citoyenneté. L’on y chercherait en vain une perspective muséologique globale sur ces thèmes complexes. Les auteurs analysent en historiens ou en sociologues des cas de muséification des mémoires et de l’histoire.
Quelques articles évoquent la collecte de sources et la mission scientifique de l’institution muséale, mais cette dimension reste marginale. Ainsi, Philippe Olivera interroge le rôle de l’historien et de l’archive dans la création récente du centre Marne 14-18. Dans le cas de la Maison d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés, Geneviève Erramuzpé montre qu’un lieu de commémoration peut aussi mettre en place un travail de recherche, et s’adapter à l’évolution de l’historiographie. Ces deux exemples relèvent plus de la collecte et de l’étude de sources en vue d’un travail de narration historique que d’une réflexion sur la constitution et la conservation d’une collection, la patrimonialisation d’un ensemble comportant objets tridimensionnels, documents variés et témoignages oraux.
L’accent porte surtout sur la partie émergée, publique, des musées, c’est-à-dire les expositions permanentes et temporaires, les animations pédagogiques et autres activités. Globalement, l’exposition est assimilée à une narration, dont les contenus doivent être soumis à la critique historique. Il est évidemment nécessaire de critiquer ainsi les choix posés consciemment ou non par les opérateurs. Mais l’on peut regretter que la spécificité du musée n’y apparaisse guère. Dans cette exposition-narration, des objets s’ajoutent à l’iconographie pour illustrer ou accompagner des textes, le tout inséré dans une scénographie qui éventuellement renforce l’impact émotionnel ou tel aspect du message. Certes, il arrive que le visiteur soit pris en otage. Le musée faillit alors à sa fonction de démocratisation, comme le souligne Mari Carmen Rodriguez, évoquant le manque de prise de distance face à l’usage de certains mythes et l’élaboration de stratégies d’évitement au nom de la pacification des mémoires en Espagne. Cependant, cette vision néglige le rôle actif du visiteur. Contrairement à un spectateur par exemple, il peut sélectionner et construire son parcours. Tout dépend alors des moyens qu’on lui donne pour le