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Nouvelles parutionsNouvelles Questions Féministes Vol. 22, No 3A contresens de l'égalitéChristine Michel, Gaël Pannatier, Lorena Parini, Marta Roca, Patricia Roux (éds)2003, 168 pages, 28 chf, 19 €, ISBN 2-940146-38-1
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La dernière livraison de la revue dirigée par Christine Delphy Nouvelles Questions féministes se situe au carrefour d'interrogations éminemment polémiques. Intitulé "À contresens de l'égalité", ce numéro interroge dans une série d'articles la circulation souvent paradoxale des idées dans les récents débats politiques et médiatiques à propos des rapports hommes-femmes. Ainsi, des mesures prises au nom de l'égalité comme la parité peuvent aboutir à des effets contradictoires. Même "détournement" au sujet d'une fiscalité qui consacre la prise en charge du travail domestique par les femmes. Le féminisme se confronte également au "retournement" du principe d'égalité, comme dans le nouveau "backlash" qui, à la suite d'essais récents relativisant la portée des violences faites aux femmes, nourrit l'antiféminisme. Quant au mouvement altermondialiste, l'intégration de l'apport féministe y demeure un défi. Le féminisme piégé? Cette revue suffit, heureusement, à signaler la conduite vivace d'une pensée féministe de l'égalité qui ne confond pas contresens et sens unique. D.Z., L'Humanité
Revue rigoureuse et austère qui entend ainsi marquer sa légitimité scientifique dans le champ académique, Nouvelles Questions féministes (NQF) n'est pas pour autant en reste pour participer aux débats et aux polémiques de l'actualité féministe. Ce numéro intitulé À contresens de l'égalité est important car il regroupe les contributions de chercheures qui répondent à des textes mettant en question des tendances contemporaines du féminisme français. Il est regrettable que des camps s'opposent ici de manière militante davantage qu'ils ne manifestent une volonté de se remettre en question. Ainsi les textes d'Élisabeth Badinter et de Marcela Iacub, auxquels le numéro répond, sont discutables et sans doute excessifs, mais ils traitent pourtant de vrais enjeux. En accusant le féminisme français de faire l'impasse sur la critique de la maternité et de se construire en victime, É. Badinter et de M. lacub soulèvent des problèmes réels. Il serait bon de leur répondre avec de vrais arguments, davantage qu'avec des invectives. S'il est vrai que l'on peut reprocher à É. Badinter de tomber parfois dans une re-naturalisation des rapports sexués, il est trop facile d'évacuer les questions posées. Ainsi en est-il de l'amalgame démagogique de toutes formes de violence et de la construction sociale, parfois artificielle, du concept de harcèlement sexuel, des effets de judiciarisation des rapports humains que cela engendre, etc. La politique du désir est un enjeu que l'on ne peut pas balayer non plus du revers de la main. La façon de se draper dans une attitude de défense du féminisme, dont elles seraient les héroïnes, et de recourir à l'accusation de non- scientificité des propos fait sourire. Ce n'est pas en arguant qu'il s'agit là d'une critique politique antiféministe, nécessairement réactionnaire, que l'on règle le problème. N'en déplaise aux auteures de NQF, É. Badinter et M. lacub sont profondément féministes, simplement elles n'ont pas la même façon d'envisager celui-ci. Pas plus que le MLF dans les années 1980, NQF n'a aujourd'hui le monopole du féminisme. NQF n'est pas plus objectif dans ses publications que ne le sont les personnes incriminées, même si chacun se renvoie l'argument de servir une caution idéologique. Il est donc important de lire ce numéro et ces arguments et de les confronter à d'autres lectures pour se faire un avis réfléchi. Bulletin critique du livre en français, no 659, mai 2004
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