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Nouvelles parutionsSports en formes. Acteurs, contextes et dynamiques d'institutionnalisationChristophe Jaccoud et Thomas Busset (dir.)2003, 124 pages, 25 chf, 18 €, ISBN 2-940146-32-2
Table des matières
Préambule: Une suite neuchâteloise(Christophe Jaccoud et Thomas Busset) Avant-propos: le sport dans ses institutionnalisations(Christophe Jaccoud et Thomas Busset)
Première partie: Mobilisation et instrumentationInstitutionnalisation et "militarisation" du sport en Suisse, 1914-1945 (Marco Marcacci)
Les manuels fédéraux et l'institutionnalisation de l'éducation physique (Jean-Claude Bussard)
Le sport dans le cinéma militaire suisse (1939-1945): une double institutionnalisation (Gianni Haver)
Mise en place et développement des institutions du sport suisse, XIXe et XXe siècles (Lutz Eichenberger)
Deuxième partie: Appropriation et légitimation (Pierre-Alain Hug)
De la sociabilité mondaine à la compétition: les débuts du hockey sur glace en Suisse (Thomas Busset,)
L'institutionnalisation du football féminin en Suisse: du conflit à l'intégration (Benno Kocher)
Troisième partie: Dérégulation et reconfigurationInstitutionnalisation et colonisation des "nouveaux sports": les pratiques sportives récentes (Markus Lamprecht et Hanspeter Stamm)
L'institutionnalisation d'une "dissidence" urbaine et sportive dans deux villes suisses (Christophe Jaccoud et Dominique Malatesta)
Les modes d'institutionnalisation des sports comme révélateurs de transformations sociales (Anne-Marie Waser)
Une institutionnalisation "ouverte": le cas du tourisme sportif de nature dans le Vercors (Malek Bouhaouala)
Articles
Wie der Sport in Form kamDer Soziologe Christophe Jaccoud und der Historiker Thomas Busset haben sich eingleichermassen anspruchsvolles wie weitläufiges Thema vorgenommen: Der von ihnen herausgegebene Band soll beschreiben, wie der Sport "in Form" gekommen ist, wie mithin seine Akteure soziale Ausdrucksarten, Organisationsformen und geregelte Muster der Interaktion mit dem gesellschaftlichen Umfeld entwickelt haben. Diese Institutionalisierungsgeschichte des Sports reicht zurück bis ins letzte Drittel des 19. Jahrhunderts und beobachtet nach einer bis in die 1920er Jahre reichenden "Gründungsphase" zwischen 1930 und 1975 die stärker werdenden Beziehungen zu anderen sozialen Logiken, vor allem den politischen und den ökonomischen. Die letzte, bis in die Gegenwart reichende Phase ist geprägt durch eine Neuordnung und -differenzierung sportlicher Einrichtungsformen unter verstärktem ökonomischem und medialem Druck, der unter anderem auch eine Deformalisierung und Individualisierung etwa in den Trendsportarten hervortreibt.-Die elf Beiträge des Sammelbandes sind vorwiegend von Schweizer Wissenschaftern verfasst und fokussieren so auch vor allem Schweizer Themen. Das Spektrum reicht von den Verflechtungen von Staat, Militär und Sport in der Schweiz vor 1945 (Marco Maracci, Jean-Claude Bussard, Gianni Haver) über die Institutionalisierung des IOK in Lausanne (Pierre-Alain Hug) und des Frauenfussballs in der Schweiz (Benno Kocher) bis zur Entstehung alternativer urbaner Sportszenen in Lausanne und Biel (Christophe Jaccoud, Dominique Malatesta). So ist ein Buch entstanden, das zwar seinem allgemeinen und ambitionierten Titel nicht ganz Rechnung trägt, das aber ein facettenreiches Bild der Institutionalisierung des Sports in der Schweiz zeichnet und weitere Untersuchungen geradezu herausfordert. per, Neue Zürcher Zeitung, 19.12.2001
L'histoire et la sociologie du sport sont de nouveaux gisements sur lesquels partout l'on travaille. À l'automne 1998, le Centre international d'étude du sport (créé en 1995) et l'Institut d'histoire, tous deux de l'Université de Neuchâtel, proposaient un premier colloque, conclu en 2000 par la publication, dans la même collection, de Sports en Suisse: traditions, transitions et transformations. Christophe Jaccoud, avec cette fois Thomas Busset, se retrouve au générique de Sports en formes qui reprend les éléments d'une nouvelle journée (février 2000) à Neuchâtel toujours, sur "L'institutionnalisation du sport"-les institutions sportives étant saisies "comme formes incarnées d'un processus d'organisation, de mise en forme, de rationalisation et de différenciation". Après une introduction significative aussi bien par son langage que par son contenu, les onze contributions se trouvent regroupées sous trois intitulés: "Modernisation et instrumentation"; "Appropriation et légitimation"; "Dérégulation et reconfiguration". De ces communications, à l'intérêt inégal et n'évitant pas toujours (loin de là) l'opacité d'un certain jargon, on signalera par exemple le travail de Pierre-Alain Hug sur "L'installation du CIO à Lausanne (19061927)" qui approfondit encore sur certains points l'ouvrage si utile de Christian Gilliéron (Lausanne, CIO, 1993); le texte d'Anne-Marie Waser sur "Les modes d'institutionnalisation des sports comme révélateurs de transformations sociales", car ce sont de semblables tentatives de "mises en ordre" à un moment donné de l'évolution qui permettent de progresser. Bulletin critique du livre français, No 636, avril 2002
Si les ouvrages collectifs d'histoire du sport pèchent parfois par l'émiettement des objets abordés et la dispersion du fil problématique, ce n'est pas le cas du livre dirigé par Christophe Jaccoud et Thomas Busset. Il reprend les textes discutés lors d'un séminaire tenu à Neuchâtel en 2000 sur "L'institutionnalisation du sport". Unité géographique, puisque neuf des onze contributions ont pour cadre la Suisse, et unité thématique sont affirmées dans un avant-propos précis et informé qui dresse un bilan théorique des études sur la question et définit une approche méthodologique fondée sur l'interdisciplinarité. Il s'agit d'utiliser les apports de la sociologie weberienne décrivant le processus de bureaucratisation croissante des sociétés européennes au 20e siècle, et ce dans une perspective diachronique. Comment et pourquoi le sport, pratique socialement marquée à la fin du 19e siècle, a-t-il abandonné son organisation en associations privées de pairs pour s'ancrer dans l'espace public de "l'ère des masses" ? Les modalités helvétiques de cette "mise en forme" permettent de confronter une chronologie et un schéma généraux à des contextes sociaux particuliers et ainsi d'éclairer en retour les fondements et les temporalités diverses du développement du champ sportif. Les dynamiques longues et exogènes sont par exemple privilégiées par Marco Marcucci qui montre comment les sports modernes ont obtenu une reconnaissance étatique en Suisse par le biais de leur intégration dans la politique de défense nationale dans l'entre-deux-guerres: il fallait incorporer la Nation par l'enrôlement des corps. Mais l'histoire de ce processus de rationalisation ne peut faire l'économie d'une analyse des représentations collectives. L'étude de Gianni Haver consacrée aux séquences sportives diffusées dans la production cinématographique de l'armée pendant la seconde guerre mondiale souligne dans cette perspective la Mise en scène concomitante du corps des athlètes et de la force physique des soldats en montagne. La pérennité de l'institution s'enracine aussi dans une "croyance légitimée socialement à travers un réseau d'identifications positives". Le prisme des dynamiques courtes et endogènes met quant à lui en lumière d'autres acteurs sociaux et des formes d'auto-institutionnalisation menées à une échelle plus réduite. La monographie de Pierre-Alain Hug présente par exemple les stratégies déployées par le baron Pierre de Coubertin pour implanter le CIO à Lausanne. En somme, un ouvrage dont la majorité des contributions illustre la fécondité d'une histoire sociale du sport considéré comme produit et miroir des transformations sociales. Fabien Archambault, Vingtième siècle revue d'histoire, juin 2004 |