EDITIONS ANTIPODES

Newsletter


 
X
Nom:
Email:

Espace clients

Commandes

 x 
Panier Vide

Nouvelles parutions

4x4. Poèmes tout-terrains

Marius Daniel Popescu

1995, 113 pages, EPUISE, ISBN 2-940146-01-2

 

 

Marius Daniel Popescu est né le 10 juin 1963 à Craiova, une ville du sud de la Roumanie. Il fait ses études à la Faculté de sylviculture et exploitation forestière de Brasov. Président du cénacle Alternatives, cercle de jeunes écrivains réunis autour du poète Alexandru Musina, Popescu publie des poèmes et articles dans des revues d'étudiants et gagne plusieurs prix de création poétique. Quelques jours après la chute de Ceausescu, il fonde à Brasov, avec un groupe d'étudiants, la revue La Réplique. Il en est le directeur. En Suisse depuis 1990, Popescu travaille d'abord comme bûcheron, puis comme chauffeur de trolleybus à Lausanne. Il a publié en roumain trois volumes de poésie: Jouets en bois (1992), Le photographe de mouches (1993), Le cinquième étage, pendant l'été (1994).

 

Les autres livres de Marius Daniel Popescu

 

 Articles

 

Conducteur aux TL et poète, ses lignes prennent la tangente

Aux grands mots les grands réseaux. Marius Daniel Popescu publie pour la première fois en français. Coup d'œil sur l'aventure 4 x 4 tout-terrain d'un auteur lausannois hors normes.

"C'est plein de poèmes, partout on leur marche dessus", écrit l'auteur roumain de 32 ans débarqué en Suisse le ler août 1990, puis à Lausanne très exactement un an plus tard Au prermier tiers d'une existence l'ayant mené d'un diplôme transylvanien d'ingénieur en sylviculture à la fondation de la revue Réplique (peu après la chute de Ceausescu). Puis, après un mariage très romantique, vers des emplois de cureteur de canal dans la Broye et de bûcheron à Bossonnens avant de devenir conducteur d'autobus et de trolleybus aux TL. Un métier qu'il pratique depuis maintenant quatre ans et qu'il dit adorer pour les gens qu'il lui fait rencontrer. Des hommes et des femmes l'amenant parfois à rire mais souvent à pleurer et qu'il aime rendre présents entre deux traits sur ses pérégrinations en tout genre.

Une démarche qui fait dire à Claude Pahud, l'un de ses valeureux coéditeurs, quand on lui demande pourquoi et comment il a pris le risque de la publier: "Ses poèmes sont pris dans la rue, il faut qu'ils lui soient retournés. Parce que Popescu a une plume étonnante, trempée dans le quotidien sans faux populisme ni snobisme. D'ailleurs, il est impensable qu'il n'écrive pas: sa boîte crânienne ne résisterait pas à l'accumulation des histoires qu'il a observées ou imaginées..."

En passant de son "Tu regardes/ comment les fleurs de tilleuls/ se suicident dans les thés/ et tu habilles les couleurs/ en rythme de fanfare" au "Tapage nocturne" précédant "La femme qui peut m'endormir" via d'apparentes cocasseries fessières, n'importe quel psychanalyste apercevrait un lien ressortissant à une nostalgie obsessionnellement libidineuse notamment fixée sur les yoghurts dans les frigidaires. Mais, pour autant qu'on laisse ce genre de défroque un peu vieillotte (du reste Popescu fait tomber ou désire faire tomber passablement de frocs...) et qu'on veuille bien se laisser emporter dans son flux d'associations tous azimuts, le billet du conducteur emmène bien ailleurs. Et notamment dans des émotions telles que peuvent en procurer, par exemple, les, détournements du non-sens en ballets sur les giratoires des sens.

Plus porté vers les rythmes et vérités des mélodies que vers les rimes et règles de la versification, Marius Daniel Popescu fait prendre leur pied aux mots en d'infinies ballets et caresses au lieu de leur couper la chique en comptant leurs pieds. Ces orgies de mots magiques, parfois tristes comme le brame du cerf lâché par sa biche, sont souvent ponctuées de tickets de caisse rappelant le Baudelaire des Carnets. Et de pirouettes gyroscopiques évoquant un Prévert qui aurait séjourné rue du Maupas ou bu des verres avec les paumés de la gare des CFF. Un signe dépeint mieux l'homme que mille et une phrases: peu porté aux "coquetèles" littéraires, Popescu a invité ses 600 collègues des TL à l'apéritif de lancement de son livre...

Olivier Kahn, 24 Heures, 13 décembre 1995

Popescu poète

Poète est celui qui sait faire chanter n'importe quoi, du brin de paille de Verlaine aux luisances de poubelles de Charles Bukowski, et poète apparait aussi bien Marius Daniel Popescu en son premier recueil paru en notre langue sous le (médiocre) titre de 4x4 poèmes tout-terrains, manifestant du moins la propension du jeune auteur roumain (il est né en 1963 à Craiova et vit à Lausanne depuis 1990) à tordre le cou au beau langage et à valoriser au contraire les thèmes du "quotidien" sous ses aspects les plus ordinaires, voire les plus insignifiants. ramassés au besoin par terre car "c'est plein de poèmes, / partout, / on leur marche dessus". Ce sont des bribes de vie. des instants saisis au vol. des "minutes heureuses", des esquisses de personnages, des souvenirs, des visions subites entre hall et frigo, entre bistrot et trolley, une femme désirée un quart d'instant, une inscription sur un ticket quelconque à valeur magique, des saveurs, des objets soudain magnifiés par la lumière, et voici que se recomposent autant d'épiphanies profanes, intenses de présence et comme nimbées de beauté.

Jean-Louis Kuffer, Passe-Muraille, n° 23, février 1996