Collections
Revues
Newsletter
Espace clients
Commandes
Nouvelles parutionsRevue historique vaudoise 117/2009Education et société2009, 347 pages, 40 chf, 28 €, ISBN 978-2-88901-031-8
Table des matières
Dossier: éducation et société
Mélanges
Comptes rendus thématiquesComptes rendus générauxChronique archéologique 2008
Articles
Les premiers écoliers vaudois furent des choristesAu XVe siècle, une esquisse d'école (pour garçons) assura la primauté du Pays de Vaud sur les autres Etats de Savoie. Mais on y chantait la messe...1419, cette année-là, Guillaume de Challant, le très entreprenant évêque de Lausanne, fait aménager en sa cathédrale une chapelle dédiée aux Saints Innocents. Hommage aux enfants, de moins de 2 ans qui, selon l'Evangile de Matthieu, furent massacrés par Hérode à Bethléem. Or, au Moyen Age, on appelle innocents les jeunes garçons voués au service liturgique romain et au chant choral. La nouvelle construction s'assortit justement d'une décision épiscopale de fonder une maîtrise, destinée gratuitement à des choristes préadolescents qui résideront dans une maison spécifique attenante à Notre-Dame. Mais revenons à nos innocents de la Cité. Une recherche circonstanciée, signée Bernard Andenmatten, Prisca Lehmann et Eva Pibiri (elle fait l'objet d'un chapitre d'une récente étude collective, lire ci-dessous) précise qu'ils sont recrutés à 8 ans, aussitôt tondus, puis relâchés à 16 ans. A la mue fatidique de leur voix. Ils n'auront profité que d'une pédagogie cléricale mais, outre le chant et la liturgie, ils ont un peu appris la grammaire-dans le sillage des écoles monastiques fondées par Charlemagne, sept siècles plus tôt... Le chant, qui leur était enseigné par un cantor surnommé l'"écolâtre" (du latin scholasticus), primait. Etait-ce encore du plain-chant, ou déjà de la polyphonie? Ont-ils chanté la sublime Messe de Nostre Dame de Guillaume de Machault? On l'ignore.
L'enseignement vaudois sous la loupe des chercheursLe passé éducatif vaudois, du XIIIe siècle à nos jours, est une matière complexe et polymorphe qu'une quinzaine de chercheurs viennent de décortiquer pour l'édition 2009 de l'excellente Revue historique vaudoise. De l'enseignement du plain-chant catholique dispensé par des chanoines à l'irruption de l'informatique dans le matériel scolaire ordinaire, historiens, pédagogues et sociologues dressent un riche tableau âe cette évolution. Ce dossier thématique met en lumière des pans méconnus de l'histoire de l'enseignement en terres vaudoises. Que de développements disparates sur un territoire plus petit que le département du Rhône, Gilbert Salem, 24 Heures, 9-10 janvier 2010
Retracer l’éducation vaudoise à travers les sièclesUn recueil d’articles relate l’évolution de l’enseignement vaudois. Avec un regard appuyé sur la formation des jeunes filles.Le volume 117 de la Revue historique vaudoise sort de l’imprimerie. Depuis plusieurs années, la revue commence par un dossier thématique. Le tome de 2009 ne fait pas exception et consacre plusieurs articles à l’éducation en terre vaudoise, du Moyen Age à nos jours. Trois contributions s’intéressent notamment aux filles dans la formation, du XVIIIe au début du XXe siècle. L’historienne Sylvie Moret Petrini a exhumé le Journal de Cécile Constant. Chaque jour, de 1809 à 1819, les préceptrices de cette écolière lausannoise issue d’une excellente famille ont noté dans des carnets les bonnes et mauvaises actions de leur unique élève. On peut suivre Cécile de 6 ans jusqu’à 17 ans. Principal objectif de l’éducation: l’enfant "doit plaire et être aimée de tout ce qui l’approche", grâce aux qualités que sont l’obéissance, la docilité et le bon cœur. Le moyen d’acquérir ces belles vertus? Ne jamais laisser la petite fille dans l’oisiveté. Cécile est occupée du matin au soir sans le moindre répit: leçons, promenades, jeux, piano, broderie… Et le fouet comme ultime recours. Une étude de Mariama Keba traite de la préoccupation des médecins lausannois que suscita l’école obligatoire au XIXe siècle. Selon eux, les longues heures sur les bancs conduisaient à la multiplication des scolioses chez les jeunes. Les spécialistes s’inquiétaient particulièrement du cas des jeunes filles. Pour deux raisons: la déformation dorsale met leur beauté en péril et risque de porter préjudice à une future grossesse. Fribourg plus inégalitaire que VaudEnfin, Anne-Françoise Praz s’est intéressée à l’égalité des sexes dans les écoles vaudoises et fribourgeoises entre le XIXe et le XXe siècle. Elle soutient, chiffres à l’appui, que Fribourg discriminait bien davantage les filles que Vaud. L’historienne a établi une statistique dans quatre villages des deux cantons, entre 1860 et 1930. Les garçons fribourgeois avaient 4,75 fois plus de chances que les Fribourgeoises d’accéder à une école post-obligatoire, alors que leurs homologues vaudois n’avaient que 2,45 fois plus de chances. En outre, Vaud instaure très vite (en 1865) la mixité pour l’école obligatoire, alors que Fribourg délègue aux congrégations religieuses l’éducation des filles, avec des programmes différents. Dans ce dernier canton, l’école est obligatoire jusqu’à 15 ans pour les filles et 16 ans pour les garçons. A travers le prisme de l’école et de l’éducation, la Revue historique vaudoise ouvre ainsi des perspectives plus larges sur l’histoire des mentalités. J. FD, 24 Heures, 19 novembre 2009
|