Nouvelles Questions Féministes Vol. 26, No 1

17,00 CHF
Réf.: 978-2-940146-87-1
Les études présentées dans ce numéro permettent de mieux connaître les conditions dans lesquelles les femmes migrent et vivent en Suisse. Cette compréhension est d'autant plus importante que les migrations ne sont plus présentées comme des exceptions temporaires, mais comme un phénomène structurel du monde contemporain. 
Les recherches féministes sur les processus migratoires sont le parent pauvre de la production scientifique en Suisse. Dans son dernier numéro, Nouvelles Questions Féministes fait non seulement un état des lieux des études dans ce domaine, mais ose sortir des sentiers battus pour montrer des aspects peu explorés du phénomène. Le mariage avec un homme suisse représente-t-il vraiment une émancipation pour les femmes étrangères qualifiées? Quels effets ont les nouvelles dispositions en matière d'asile et d'autorisation de séjour pour les femmes migrantes? Comment les prisons gèrent-elles la diversité culturelle de la population pénitentiaire féminine et masculine?

Les études présentées dans ce numéro permettent de mieux connaître les conditions dans lesquelles les femmes migrent et vivent en Suisse. Cette compréhension est d'autant plus importante que les migrations ne sont plus présentées comme des exceptions temporaires, mais comme un phénomène structurel du monde contemporain. 

Edito

  • Migrations: genre et frontières-frontières de genre (Janine Dahinden, Magdalena Rosende, Natalie Benelli, Magaly Hanselmann, Karine Lempen)

 Grand angle

  • Le genre et la législation suisse en matière de migration (Magalie Gafner et Irène Schmidlin)

  • "Je pensais que je pourrais avoir une relation plus égalitaire avec un Européen." Le rôle du genre et des imaginaires géographiques dans la migration des femmes (Yvonne Riaño et Nadia Baghdadi)

  • Éclairage sur la migration féminine économique en Suisse: trois parcours (Corinne Dallera)

  • Femmes et hommes en milieu pénitentiaire fermé en Suisse: réflexions sur les questions de genre et de migrations (Christin Achermann et Ueli Hostettler)

 Champ libre

  • "Sports à risque": production, permanences et résistances à la domination masculine (Nicolas Penin)

 Parcours

  • Trajectoire d'immigrée-miroir de la société d'accueil. Entretien avec Dounia (Natalie Benelli et Magaly Hanselmann)

 Comptes rendus

  • Christine Verschuur et Fenneke Reysoo (éds), Genre, nouvelle division internationale du travail et migrations (Janine Dahinden)

  • Bérangère Marques-Pereira et Petra Meier, Genre et politique en Belgique et en Francophonie (Christine Michel)

  • Dominique Bourque, Ecrire l'inter-dit. La subversion formelle dans l'oeuvre de Monique Wittig (Jelena Ristic)

 Collectifs

  • FIZ Centre d'information pour les femmes d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et d'Europe de l'Est-une petite ONG qui aide à résoudre de grands problèmes (Marianne Schertenleib)

La Suisse déçoit les migrantes

La revue Nouvelles questions féministes s'intéresse aux femmes migrantes en Suisse.

Un Eldorado de l'égalité hommes-femmes: telle est l'image que se font de la Suisse les migrantes non européennes qui arrivent en Suisse pour des motifs non seulement économiques, mais de genre, et trouvent une Suisse "encore plus traditionnelle que leur pays d'origine." C'est la conclusion d'une étude publiée dans la revue Nouvelles questions féministes et consacrée aux Migrations: genre et frontières - frontières de genre. Rédigée par Yvonne Riano et Nadia Baghdadi, respectivement chargée de cours et doctorante au Département de géographie sociale et politique de l'Université de Berne, l'étude, intitulée "Je pensais que je pourrais avoir une relation plus égalitaire avec un Européen", met en évidence l'augmentation de la proportion des migrantes femmes, diplômées et pensant trouver en Suisse un pays d'émancipation socio-économique. "Or, surtout en Suisse alémanique, la société, plus que les hommes eux-mêmes, est patriarcale et macho, les crèches rares." Résultat: un tiers reste à la maison, et 60% des autres font un travail sous-qualifié.

IF, L'Hebdo, 22 février 2007

Les migrantes, parent pauvre des études sociales

PUBLICATION • Longtemps, le concept de "féminisation" des migrations a été absent du champ scientifique. Les analyses actuelles rattrapent le temps perdu.

Elles sont restées dans l'ombre durant plus de deux décennies. Les femmes migrantes ont fait l'objet d'études pionnières dans les années 1970. Ensuite, le silence des chercheurs s'est abattu sur elles. Ce n'est qu'au milieu des années 1990 que les migrantes refont leur apparition dans le champ scientifique. Le dernier numéro de la revue Nouvelles Questions Féministes revient sur cette lacune et ouvre de nouvelles pistes de recherche.

Celles-ci partent toutes du même constat: les femmes ont été et sont les protagonistes de la migration. Mais les migrantes "ont le plus souvent été perçues comme des sujets passifs", relève Magaly Hanselmann, l'une des coordinatrices de la revue. Et en l'absence d'études sur leurs conditions de vie, les autorités ont ignoré l'ampleur de "leur apport en termes de cohésion sociale et d'évolution économique". Nombre de préjugés auraient pu être démontés en prés