Nouvelles Questions Féministes Vol. 25, No 2 Santé!

17,00 CHF
Réf.: 2-940146-76-4
Dans les années 70, plusieurs des revendications des mouvements féministes touchaient à la santé. Le slogan "Mon corps m'appartient" impliquait pour les femmes de pouvoir disposer librement de leur corps, en particulier d'avoir accès à des moyens de contraception fiables et à l'avortement. Cette revendication partagée au sein des pays occidentaux n'a toutefois pas abouti partout à des pratiques féministes alternatives dans le domaine de la santé. Cette évolution des préoccupations féministes, ainsi que des éléments permettant d'en reconstituer la chronologie, sont présents en filigrane dans ce numéro et constituent le contexte auquel les articles se réfèrent. A parcourir le sommaire du dossier thématique, il est loisible de croire qu'il n'y est question que de la santé-ou de la non-santé-des femmes (cancer du sein, troubles et traitements de la ménopause, santé mentale des femmes, pratiques gynécologiques alternatives, etc.). Or le propos du numéro est bien plus large, car il s'agit de mettre en évidence que les rapports sociaux de sexe croisent la santé à plusieurs titres: la définition même de la maladie et l'élaboration des traitements sont tributaires de connaissances et d'un pouvoir inégalement distribués, le travail de soins ne reposent pas de la même manière sur les hommes et sur les femmes, le champ de la santé crée et reproduit des stéréotypes de sexe, la domination masculine (dont les violences sont l'expression la plus crue) affecte l'état de santé des individu·e·s.

Dans les années 70, plusieurs des revendications des mouvements féministes touchaient à la santé. Le slogan "Mon corps m'appartient" impliquait pour les femmes de pouvoir disposer librement de leur corps, en particulier d'avoir accès à des moyens de contraception fiables et à l'avortement. Cette revendication partagée au sein des pays occidentaux n'a toutefois pas abouti partout à des pratiques féministes alternatives dans le domaine de la santé. Cette évolution des préoccupations féministes, ainsi que des éléments permettant d'en reconstituer la chronologie, sont présents en filigrane dans ce numéro et constituent le contexte auquel les articles se réfèrent. A parcourir le sommaire du dossier thématique, il est loisible de croire qu'il n'y est question que de la santé-ou de la non-santé-des femmes (cancer du sein, troubles et traitements de la ménopause, santé mentale des femmes, pratiques gynécologiques alternatives, etc.). Or le propos du numéro est bien plus large, car il s'agit de mettre en évidence que les rapports sociaux de sexe croisent la santé à plusieurs titres: la définition même de la maladie et l'élaboration des traitements sont tributaires de connaissances et d'un pouvoir inégalement distribués, le travail de soins ne reposent pas de la même manière sur les hommes et sur les femmes, le champ de la santé crée et reproduit des stéréotypes de sexe, la domination masculine (dont les violences sont l'expression la plus crue) affecte l'état de santé des individu·e·s.

Edito 

  • La santé est politique (Marilène Vuille, Séverine Rey, Catherine Fussinger et Geneviève Cresson)

Grand angle

  • Les femmes dans le champ de la santé:  de l'oubli à la particularisation (Monique Membrado)
  • Prévention du cancer du sein: cachez ce politique que je ne saurais voir (Marie Ménoret)
  • Médicalisation de la ménopause, mouvements pour la santé des femmes et controverses sur les thérapies hormonales (Ilana Löwy et Jean-Paul Gaudillière)
  • Voix alternatives et féministes dans le champ de la santé mentale au Québec : un survol des expériences croisées des Ressources alternatives en santé mentale et des Centres de femmes (Lacharité, de Ginette Rousseau et d'un comité de militantes pour la santé mentale des femmes Marie-Laurence Poirel, avec la collaboration de Berthe)

Champ libre 

  • L'antiféminisme des nouveaux "traités de savoir-vivre à l'usage des femme" (Irène Jonas)

Parcours 

  • S'approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim (Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille)

Comptes rendus

  • Laurent Vogel (éd.), La santé des femmes au travail en Europe. Des inégalités non reconnues (Magdalena Rosende)
  • Isabelle Mimeaut, Pour le dire. Rendre les services sociaux et les services de santé accessibles aux lesbiennes (Céline Perrin)
  • Elsa Dorlin, Au chevet de la nation. Sexe, race et médecine (XVIIe-XVIIIe siècle) (Eleni Varikas)
  • Françoise Collin, Parcours féministes (Martine Chaponnière)
  • L'inversion du genre ou les logique complexe de l'avancée de la mixité (Yvonne Guicha

Le sexe des maladies est une affaire politique

La revue Nouvelles Questions Féministes consacre son dernier numéro aux questions de santé et montre comment elles sont déterminées par les rapports entre les sexes.

Dans "Prévention du cancer du sein: cachez ce politique que je ne saurais voir", Marie Ménoret retrouve la dimension politique derrière la prévention de la maladie. Elle examine l'évolution de la prise en charge du cancer du sein, maladie de femmes à 98%. Dès la fin du XIXe, la thérapie consiste à "attaquer vite et fort", c'est-à-dire à enlever autant de tissu potentiellement cancéreux que possible. A la fin des années quarante, des études épidémiologiques montrent que la mammectomie ne Will you fold your cards or hold your nerve?Pinball roulette casino combines flippers, kickers, with a moving numbered target area - plus a bonus round where you can win big!A four-reel fruit-fest in this summery game. change pas le pronostic. Une telle chirurgie est également mise en cause par le mouvement féministe américain et les militants pour les droits des patients. Les femmes exigent alors des opérations moins mutilantes et revendiquent la participation au processus médical. Par la suite, des techniques de dépistage sont élaborées. Elles demandent de consulter dès que des signes visibles sont observés: le mot d'ordre se résume à "attaquer vite". Forcément s'ensuit le dépistage auprès de personnes en bonne santé. Etre femme devient alors un facteur de risque et la femme un sujet permanent de surveillance.

A partir des années nonante, la mammographie ne sert plus seulement à diagnostiquer mais à dépister. Elle se diffuse largement dans les villes, alors même que sa capacité à réduire la mortalité n'est pas établie. Des campagnes de l'American Cancer Society aux Etats-Unis et de la Ligue nationale contre le cancer en France incitent la population à intérioriser la nécessité du dépistage. Les industries pharmaceutiques s'impliquent elles aussi dans le processus. Instaur&