L'historien, l'historienne dans la cité

26,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-021-9
Les relations entre historiens et espace public ont connu une inflexion significative ces dernières années. Après le temps de l'écrivain d''histoire, du professeur savant puis du chercheur semble venue l''époque du praticien ou de l'expert. Une nouvelle fonction qui voit l''historien trouver sa légitimité autant- voire davantage- dans une forme d'autorité sociale que par la cohérence de ses méthodes et de ses observations sur le terrain scientifique.
En contrepoint d 'approches désormais bien balisées sur le rôle de l'histoire dans la construction de l''identité nationale, cet ouvrage propose un portrait de groupe assez inédit des historiens et historiennes suisses: leur engagement public, leurs réseaux de sociabilité, l''interdépendance entre activité scientifique et activité citoyenne, leurs fonctions d''expertise n'avaient en effet jusqu''ici été que peu abordés. Loin d'être enfermés dans leur tour d''ivoire, les historiens sont des acteurs majeurs du débat public, mais des protagonistes qui, en fonction de leur parcours et de leur inscription académique et scientifique, ne disposent pas des mêmes atouts ni de la même légitimité.

Les relations entre historiens et espace public ont connu une inflexion significative ces dernières années. Après le temps de l'écrivain d'histoire, du professeur savant puis du chercheur semble venue l'époque du praticien ou de l'expert. Une nouvelle fonction qui voit l'historien trouver sa légitimité autant-voire davantage-dans une forme d'autorité sociale que par la cohérence de ses méthodes et de ses observations sur le terrain scientifique.
En contrepoint d'approches désormais bien balisées sur le rôle de l'histoire dans la construction de l'identité nationale, cet ouvrage propose un portrait de groupe assez inédit des historiens et historiennes suisses: leur engagement public, leurs réseaux de sociabilité, l'interdépendance entre activité scientifique et activité citoyenne, leurs fonctions d'expertise n'avaient en effet jusqu'ici été que peu abordés. Loin d'être enfermés dans leur tour d'ivoire, les historiens sont des acteurs majeurs du débat public, mais des protagonistes qui, en fonction de leur parcours et de leur inscription académique et scientifique, ne disposent pas des mêmes atouts ni de la même légitimité. 

Introduction (François Vallotton, Franziska Metzger)

Histoire, économie et société

  • Communication de réalités passées-Réflexions sur un modèle de théorie  de la communication de l'histoire de l'historiographie (Franziska Metzger)
  • Le pouvoir par l'histoire? Les hommes politiques suisses et leurs relations du/au passé (Irène Hermann et Nadine Boucherin)
  • Le démon du pouvoir? Idéal scientifique et pratiques politiques. Réflexions sur le cas de Julius Landmann, 1877-1931 (Malik Mazbouri)
  • L'historienne de l'ombre: question de choix, de genre et/ou de génération? (Liliane Mottu-Weber)

Vulgarisation et médiatisation de l'histoire

  • Benjamin Sagalowitz. Une histoire de la Shoah selon une perspective suisse (Zsolt Keller)
  • L'historien Herbert Lüthy face à la Question jurassienne: entre médiation et médiatisation (Claude Hauser)
  • Les historiens et la télévision: quelques remarques à partir du cas de la Seconde Guerre mondiale à la TSR (Andrea Porrini)
  • Une figure oubliée de l'historien dans la cité: l'historien dans l'enseignement secondaire (Charles Heimberg)

Représentations et fonction sociale de l'historien

  • Or, diamant et refoulements. Les historiens suisses et la Seconde Guerre mondiale (Marc Perrenoud)
  • Être l'historien d'un jubilé. Une expérience: Sempach 1386-1986: 600 Jahre Stadt und Land Luzern (Guy P. Marchal)
  • La mémoire est-elle un droit ou un devoir? (Antoon De Baets)


Postface (Olivier Dumoulin)

Dans Questions de communication

Dirigé par Franziska Metzger et François Vallotton, L'historien, l'historienne dans la cité rassemble les communications présentées lors d'un colloque organisé par le Groupe de recherche en histoire intellectuelle contemporaine (GRHIC) et qui met en contact les chercheurs rattachés à diverses universités helvétiques et étrangères travaillant sur la thématique de l'histoire intellectuelle contemporaine en Suisse. L'ouvrage comprend trois chapitres: "Histoire, économie et société" examine la trajectoire et l'usage de l'Histoire et/ou de l'historien(ne) à travers différents champs communicationnel, politique, économique et social de la société; "Vulgarisation et médiatisation de l'histoire" analyse le traitement de l'histoire d'un point de vue culturel, médiatique et pédagogique;  "Représentations et fonction sociale de l'historien" se concentre sur la question de la mémoire. Questionner le rôle de l'historien et/ou de l'historienne en Suisse est pertinent et les pistes de réflexion nombreuses. Ainsi télévision, enseignement secondaire, politique sont-ils quelques-uns des sujets traités qui, en dépit de leur diversité, sont saisis selon des modalités proches par les auteurs. En effet, tous partent du travail de l'historien pour progressivement glisser vers la prise en compte du contexte dans lequel celui exerce.

La première contribution (Franziska Metzger), un peu en écart par rapport à celles qui suivent, traite de la construction des discours historiques. L'auteure se focalise sur le fonctionnement de ceux-ci, sur les mécanismes discursifs et performatifs de la construction identitaire de groupes tels ceux réunissant les entrepreneurs de mémoire, qu'ils soient témoins ou historiens. Elle montre l'évolution de ces "communautés de communication" en "communautés de savoir" et en "communautés de mémoire" (p.20). Les propos historiques pouvant être relatés dans certains milieux de mémoire "présupposent des processus complexes de sélection de différents stocks de savoirs et de discours sociaux" (pp.24-2