Les Annuelles 11 / 2008. Prométhée déchaîné: technologies, culture et société helvétique à la Belle Epoque

21,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-010-3
La Belle Époque est une période de mutations sociales et culturelles fondamentales: industrialisation et urbanisation accélérées, intensification de la mobilité, naissance d'une culture de masse, mais aussi avènement de nouvelles formes de représentations scientifiques et artistiques du monde.

La Belle Époque est une période de mutations sociales et culturelles fondamentales: industrialisation et urbanisation accélérées, intensification de la mobilité, naissance d'une culture de masse, mais aussi avènement de nouvelles formes de représentations scientifiques et artistiques du monde.

Cet ouvrage propose une réflexion sur les relations que ces multiples transformations entretiennent avec l'évolution technique accélérée de la Belle Époque, qui voit s'épanouir un nombre impressionnant de technologies aujourd'hui indispensables: automobile, avion, éclairage électrique, téléphone, radio, cinéma, rayons x.

Les différentes contributions-portant sur l'énergie, les transports, la construction et l'imprimerie en Suisse-défendent et exemplifient une thèse commune, à savoir qu'il existe une articulation essentielle et complexe entre l'évolution technique d'une part et les transformations sociales et culturelles d'autre part, les développements de ces différents champs étant intimement imbriqués.

Comblant un vide historiographique, cet ouvrage doit permettre au lecteur de mieux comprendre les enjeux du débat social actuel portant sur une nouvelle génération de technologies, telles que le nucléaire, internet ou la manipulation génétique. Aujourd'hui comme hier, les périodes de rapides transformations techniques et sociales ébranlent en effet les repères de chacun, et en particulier la croyance dans les bienfaits du progrès technique, véritable matrice culturelle de la société capitaliste occidentale.

  • Introduction
  • Belle Epoque ou Apocalypse? (Hans Ulrich Jost, Monique Pavillon)
  • Technologies de l'énergie et mutations urbaines: les réseaux hydro-électriques et leurs conséquenses sur les villes suisses de la Belle Epoque (Cédric Humair)
  • Transports en commun et mutations urbaines à la Belle Epoque: le développement des tramways électriques à Lausanne (Marc Gigase)
  • Promotion et réception de l'avation dans la Suisse de la Belle Epoque (Christophe Simeon)
  • Aspects sociaux et culturels dans l'avènement du béton armé en Suisse (Hans Ulrich Jost)
  • L'introduction des "collègues de fer" ou la mécanisation négociée des imprimeries helvétiques, 1880-1914 (François Vallotton)
  • Postface: L'évolution technologique: un progrès social? Les doutes de la Belle Epoque (Cédric Humair) 

Dans la revue Traverse

Le début de ce jeune 21e siècle a été marqué par l'avènement de la société de l'information, dont les Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) ont largement participé à ériger la connaissance comme principale ressource d'une économie de plus en plus tertiarisée. En proposant une série de contributions consacrées aux innovations technologiques dans le contexte économique, culturel et social de la Suisse à la Belle Epoque (1890-1918), la dernière livraison des Annuelles apporte une touche historiographique salutaire dans un débat contemporain pétri d'un présentisme parfois suffocant. Comme le rappellent Hans Ulrich Jost et Monique Pavillon dans leur introduction, les "nouvelles technologies" de la Belle Epoque sont tout autant globalisantes que leurs consœurs contemporaines, en influençant les mouvements artistiques, par exemple le futurisme de Marinetti et sa fascination pour la vitesse mais aussi sa glorification de la domination masculine et cybernétique. L'innovation scientifique et intellectuelle favorise l'autonomisation de certaines disciplines en devenir, telles les sciences expérimentales vs. les sciences exactes, à l'instar de la physique atomique ou de la biologie moléculaire pour le 20e siècle. De même, la mobilisation du darwinisme social comme fondement d'une politique à composante eugéniste pousse à la représentation d'une société partagée entre l'enthousiasme et le scepticisme, entre la confiance et le repliement, car confrontée par le biais des "nouvelles technologies" à ses propres dérives sociales et culturelles.

Accompagnée d'un développement urbain d'une échelle inédite, motivé notamment par une démographie galopante, l'énergie s'affirme comme le principal "aliment de la croissance", (22) selon la formule de Cédric Humair qui l'étudie sous l'angle du développement des réseaux hydroélectriques. L'augmentation des moyens de transport dès 1860 favorise non seulement la croissance urbaine, grande consommatrice d'eau, de gaz, de charbon et bientôt d'électricité, mais aussi une implantation industrielle décentralisée. Le principal apport de ce processus se trouve dans l'accroissement de la mobilité, dans l'amélioration du confort et de l'hygiène, et dans la dynamisation du tissu industriel.

En portant son analyse sur les tramways électriques à Lausanne, Marc Gigase propose une intéressante étude de cas des impact