Le héros était une femme...

31,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-050-9
Que devient le héros lorsque celui-ci est une femme ou que devient une femme lorsqu'elle devient héros? Lara Croft et ses Uzi, Beatrix Kiddo et son Katana ou encore Lisbeth Salander et son Q.I. hors norme: les personnages féminins semblent de mieux en mieux armés pour faire face à l'adversité. Plus qu'un panorama des "nouvelles héroïnes", cet ouvrage collectif propose une réflexion sur l'agencement du masculin et du féminin dans nos mythes contemporains.

Que devient le héros lorsque celui-ci est une femme ou que devient une femme lorsqu'elle devient héros?

Lara Croft et ses Uzi, Beatrix Kiddo et son katana ou encore Lisbeth Salander et son Q.I. hors norme: les personnages féminins semblent de mieux en mieux armés pour faire face à l'adversité. Projetées dans ce rôle traditionnellement masculin de moteur de l'intrigue, les femmes entrent de plus en plus dans une logique d'héroïsation.

Elles se battent dans les pages d'un roman, entre les photogrammes d'un film, les cases d'un manga ou parmi des pixels et sont ici discutées par des auteur·e·s de différentes disciplines, que ce soit l'histoire, la sociologie ou les études genre. Ces diverses contributions nous aident à découvrir quelles sont les normes et les signes de leur féminité et de leur héroïcité. Qu'est-ce qu'une femme et qu'est-ce qu'un comportement héroïque dans nos fictions? Comment ces deux modèles se combinent-ils dans les industries culturelles contemporaines?

Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration internationale. Il débute par un petit essai sur la figure du "héros féminin" dans la fiction, qui est suivi par quatorze articles portant chacun sur un personnage particulier. Ainsi, plus qu'un panorama des "nouvelles héroïnes", notre livre propose une réflexion sur l'agencement du masculin et du féminin dans nos mythes contemporains.

  • Une justicière maîtresse de son destin? Le Genre de l'héroïsme (Loïse Bilat, Gianni Haver)
  • Charly Baltimore: le dilemme du héros féminin domestique (Pia Pandelakis)
  • Fifi Brindacier: un héros féminin intemporel et transgénérationnel (Eva Söderberg)
  • Buffy: héros postféministe (Malin Isaksson)
  • Catwoman: l'échec du héros féminin (Fabrice Bourlez)
  • Cendrillon détective: intertopoïsme performatif dans Piège pour Cendrillon (Michèle Schaal)
  • Lara Croft: simulation d'un héros féminin (Selim Krichane)
  • Gally de Gunnm: quand une cyborg sauve le monde d'un destin moderne (Olivier Jubin)
  • Beatrix Kiddo: la mariée en noir, alias la maman et le sabre du scorpion (Fabienne Malbois, Jelena Ristic)
  • Lélia: conflit et résistance héroïque chez George Sand (Salah J. Khan)
  • Line, l'héroïque (Michel Porret)
  • Ellen Ripley: genèse et radicalité du héros féminin (Louis-Paul Willis)
  • Yoko Tsuno: l'ambivalence du héros féminin face à diverses formes d'altérité (Alain Boillat)
  • V. I. Warshawski: une femme d'action en quête d'un nouvel ordre (Mélanie E. Collado)
  • Wonder Woman: plus forte qu'Hercule, plus douce qu'une bonne épouse (Loïse Bilat)
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La super absence des super-héroïnes

Malgré les quelques figures féminines apparues dans les comics après la Seconde Guerre mondiale, le genre est longtemps resté très viril. Et les tentatives récentes peinent à briser ce quasi-monopole, aux références très masculines.

Il y a peu de femmes dans l’Olympe des super-héros. L’invisibilité du deuxième sexe dans la BD ne date pas d’Angoulême. A l’exception notable de Wonder Woman, les femmes aux superpouvoirs sont souvent de pâles avatars de leurs collègues masculins. "Leurs pendants mineurs et amoindries", note Amélie Junqua, maîtresse de conférences à l’université d’Amiens et co-organisatrice, avec sa collègue Céline Mansanti, d’une journée d’études sur les femmes et la bande dessinée (1). "Le genre super-héroïque est fondé sur le combat, l’affrontement entre les forces du Bien et celles du Mal. C’est un genre par définition assez manichéen et brutal", résume Thierry Groensteen, de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême.

Les superpouvoirs des héroïnes ont ainsi longtemps été un peu moins supers que ceux des hommes. "Ceux-là n’ont pas de limite: ils s’allongent, s’enflamment ou se pétrifient. Les superpouvoirs des femmes sont plus souvent liés à la télépathie, à des écrans protecteurs: elles retiennent, elles éloignent, elles se confrontent moins"relève Gianni Haver, professeur à l’université de Lausanne et auteur avec Loïse Bilat de l’ouvrage Le héros était une femme (Editions Antipodes). La palme de la discrétion revenant à Susan Storm, alias la femme invisible, dans les Quatre Fantastiques.

Avec les quelques super-héroïnes apparues dès la Seconde Guerre mondiale, les comics tranchaient malgr&eac