La démocratie et ses gènes

23,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-062-2
Comment le génie génétique est-il devenu une question politique importante dans l’espace public suisse? Basé sur un exemple concret, ce livre retrace les principales étapes du processus complexe par lequel la question du génie génétique est devenu un thème politique central en Suisse entre 1990 et 2005. Il questionne également le rapport de la société suisse au risque sanitaire et environnemental, mais aussi à ses scientifiques et à ses entreprises, notamment pharmaceutiques.

Comment le génie génétique est-il devenu une question politique importante dans l'espace public suisse?

Confiné à quelques laboratoires privés au cours des années 1980, le génie génétique a fait l'objet d’une attention croissante au cours des années 1990, sous l’impulsion de mouvements critiques qui se sont notamment appuyés sur les outils de la démocratie directe pour faire entendre leurs revendications.

En 1998, les citoyens suisses ont suivi les recom­mandations des autorités politiques et scientifiques, et des entreprises pharmaceutiques, et ont rejeté l’initiative dite pour la protection génétique, qui interdisait différentes applications du génie génétique. En 2005, ils ont en revanche accepté un moratoire de cinq ans sur les cultures d’OGM.

Ce livre retrace ces différentes étapes de la politisation du génie génétique et questionne le rapport de la société suisse au risque sanitaire et environnemental, mais aussi à ses scientifiques et à ses entreprises, notamment pharmaceutiques.

Plus profondément, le cas du génie génétique fait apparaître l’importance, en même temps que les limites, de la démocratie directe.

  • Avant-propos. Quel public politique pour le génie génétique?
  • Le génie génétique est-il politique? Les premières controverses publiques (1992-1995)
  • Préparer le peuple à voter sur le génie génétique (1996-1997)
  • "La votation du siècle?" (De janvier à juin 1998)
  • Le couple Science et Cité à l'épreuve de la controverse: l'affaire du blé de l’EPFL (2001-2004)
  • La démocratie des consommateurs: la campagne sur le moratoire (2003-2005)
  • Conclusion. Gênes dans la démocratie
  • Postface. Vingt-cinq ans de débat public sur le génie génétique: beaucoup de bruit pour rien?

Dans Gesnerus

Voilà un premier ouvrage qui rend justice au processus qui a vu la génétique et les organismes génétiquement modifiés (OGM) se constituer en problème public en Suisse. Tiré des travaux de doctorat de l’auteur, le texte est entièrement "libéré" des aspects méthodologiques pour faire place à l’essentiel pour le plus grand nombre de lecteurs potentiels, c’est-à-dire à un récit. Il couvre la période qui va du lancement de l’initiative populaire fédérale dite pour la protection génétique en 1992 et son rejet en votation en 1998, à l’acceptation par le peuple et tous les cantons fin 2005 de l’initiative inscrivant un moratoire de 5 ans sur les cultures d’OGM dans la constitution. Il relate fort bien la façon dont les autorités ont cherché à éviter le débat public et n’ont pas opposé de contre-projet à l’initiative pour la protection génétique, et ce afin d’éviter une réglementation spécifique à laquelle elles devront finalement se résoudre. Toutes les figures principales de la politique suisse, personnalités et partis politiques qui ont joué un rôle clé, défilent à la lecture, et nombre des principaux arguments des controverses qui ont profondément marqué l’espace public helvétique sont reproduits en donnant ainsi l’agréable impression de voir ou revoir un film des événements.

Ancré dans une sociologie des médias et de l’espace public, le récit reconstruit la controverse tel que les citoyens et citoyennes ont pu la vivre à travers la presse et les prises de positions des acteurs politiques. Ce livre réalise ainsi une tâche essentielle en apportant une pierre à la documentation du cas suisse. Celui-ci présente en effet un grand intérêt en comparaison européenne et internationale en raison du rôle de la démocratie semi-directe. Malheureusement, à ce jour, le cas suisse ne fait pas l’objet de suffisamment de publications de qualité pour permettre sa prise en compte dans la littérature consacrée aux enjeux sociaux des sciences et techniques.

Quelques considérations critiques permettent également de cerner le rôle que remplit cette publication. Il s’agit d’un récit des événements tels qu’ils ont été produits et représentés dans l’espace médiatique, à l’opposé d’une analyse de controverse partant des acteurs et des parties prenantes par exemple. L’une des conséquences de cette approche est de faire apparaître "les scie