Édouard Claparède (1873-1940)

32,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-104-9
Fondateur de l'Institut J.-J. Rousseau à Genève, Edouard Claparède est surtout un des grands psychologues modernes qui a mis en mouvement la connaissance de l'individu et des groupes grâce notamment à l'expérimentation et l'épistémologie humaine et animale. Rédigée à partir de sa vaste correspondance, cette première biographie de Claparède offrira à un large public une façon de connaître non seulement une personnalité, une pensée, une méthode, mais amènera, plus largement, à réfléchir sur la fonction de l'éducation dans les sociétés.

Selon le médecin et psychologue Édouard Claparède (1873-1940), l’école n’aurait fait aucun progrès depuis Jean-Jacques Rousseau!

Rédigée en grande partie grâce à une correspondance entretenue avec nombre de ses contemporains et à une riche iconographie, cet ouvrage est la première biographie d’Édouard Claparède, l’un des fondateurs de la psychologie moderne et des sciences de l’éducation.

Ce livre veut approcher de manière sensible la personnalité complexe de Claparède et sa vie de non-conformiste. Il s’est battu contre le dogmatisme réactionnaire, la bureaucratie, l’éducation corrective et policière, ainsi que l’apprentissage par coeur. Il démontra le lien fort qu’entretient l’éducation avec la philosophie et avec la politique, visant constamment la vérité, par l’expérimentation et une connaissance pratique des choses.

À quoi ça sert? Cette question, Claparède l'a posée tout au long de sa vie. Pour lui, l’éducation est utile pour contribuer à un monde plus égalitaire, plus juste et pacifiste. Mais c’est aussi à la réalisation d’une idée qu’il travaillera: "L’école sur mesure", tenant compte des besoins individuels des enfants "anormaux" jusqu’à ceux des enfants "surdoués". Il supprime ainsi ce "monstre" qu’est l’élève moyen. Avec cette question: "À quoi sert l’éducation?", c’est à un "art de bien penser" que Claparède nous invite, mêlant science, morale et politique.

  • Remerciements
  • À quoi ça sert?
  • 1940. Funérailles d’un esprit
  • 1873-1892. Des racines et des rêves
  • 1892-1893. Concilier étude et plaisir
  • 1893-1894. Entre passion et vérité
  • 1895-1896. Entrer en politique par la morale
  • 1896-1897. "Le bonnet de docteur, la femme ensuite"
  • 1898-1901. Agir contre l’opinion publique pour plus de vérité
  • 1902-1903. La pédagogie, une science nourrie par la médecine
  • 1904-1905. Faire vivre la psychologie et y prendre sa place
  • 1906-1907. La solitude du pionnier de la psycho-pédagogique
  • 1908-1910. Construire une pédagogie fonctionnelle
  • 1910. S’engager avant tout pour la vérité
  • 1911. Un temple de la connaissance de l’enfance
  • 1912. Fonder la pédagogie sur la psychologie et la biologie
  • 1912-1913. Travaillons ensemble et sans bluff
  • 1914-1918. Vivre à Genève en temps de guerre
  • 1919-1925. Penser, c’est agir
  • 1926-1928. Un monde à la mesure de l’amitié
  • 1929. Une succursale de l’Institut Rousseau au Caire
  • 1930. Ah, filer au Brésil!
  • 1931-1932. Être isolé à Genève
  • 1933-1935. Mourir d’écrire
  • 1936-1938. Politique et morale: la tactique avant tout
  • 1939-1940. La dernière excursion
  • Sources
  • Bibliographie
  • Index

Annexe en ligne: Lettres de condoléances reçues par Hélène Claparède Spir

Dans la Revue française de pédagogie

La biographie d’Édouard Claparède rédigée par Martine Ruchat se situe délibérément sur le registre de l’intime en prenant comme source première l’abondante correspondance retrouvée dans ses archives personnelles mais aussi reconstituée avec ténacité dans les fonds privés de ses principaux correspondants. Ce choix nous rappelle à quel point les événements de la vie privée d’un individu peuvent influer sur ses orientations professionnelles: le décès ou la maladie d’un proche, l’observation faite sur ses enfants, son propre état de santé ou ses humeurs vont orienter ses sujets d’étude et ses interrogations métaphysiques. Par ailleurs, il permet de montrer l’imbrication étroite entre vie privée et vie professionnelle chez certains intellectuels. Or cette imbrication se joue à double sens. La vie professionnelle déborde en effet largement sur la vie familiale: c’est ainsi qu’Édouard Claparède consacre une partie de sa fortune personnelle à l’institut d’éducation qu’il entend créer, qu’il ouvre les portes de son domicile, le Vieux Champel, à toutes sortes de réunions et poursuit ses innombrables comptes rendus, rédactions d’articles et correspondance chez lui, ses archives de travail envahissant peu à peu son espace intime. Mais, à l’inverse aussi, sa vie familiale et privée s’incruste dans sa vie professionnelle et lui en donne le ton. Les réunions avec ses étudiants et collègues prennent ainsi l’allure de folles escapades dans la nature avec une prédilection pour le camping sauvage et les couchers dans le foin, d’escalades en montagne, de dîners amicaux, de représentations théâtrales, voire d’affinités amoureuses; conciliant comme le dit le titre d’un des chapitres "Étude et plaisir". La femme de Claparède, Hélène Spir, puis son fils et sa fille sont mis à contribution dans ses projets (chacun y apportant ses propres lubies), ce qui souligne les liens &