Du bonimenteur à la voix-over. Voix-attraction et voix-narration au cinéma

44,00 CHF
Réf.: 978-2-940146-98-7
Du bonimenteur à la voix-over propose une réflexion historique et théorique sur la place et la fonction conférées à la voix, manifestation sonore foncièrement humaine, au sein du medium machinique qu'est le cinématographe. En s'interrogeant sur la pratique de l'accompagnement verbal effectué lors des projections "muettes" par un locuteur live (le "bonimenteur") à l'époque du cinéma des premiers temps, cet ouvrage rend compte des spécificités de l'oralité du cinéma parlé, et confronte la médiation qui s'opère au sein de ce dispositif aux principes de la voix enregistrée.

Du bonimenteur à la voix-over propose une réflexion historique et théorique sur la place et la fonction conférées à la voix, manifestation sonore foncièrement humaine, au sein du medium machinique qu'est le cinématographe. En s'interrogeant sur la pratique de l'accompagnement verbal effectué lors des projections "muettes" par un locuteur live (le "bonimenteur") à l'époque du cinéma des premiers temps, cet ouvrage rend compte des spécificités de l'oralité du cinéma parlé, et confronte la médiation qui s'opère au sein de ce dispositif aux principes de la voix enregistrée.

A travers l'examen de la voix-over, l'ouvrage traite non seulement de la matérialité de la voix et de son enregistrement, mais aussi des relations qui s'instaurent entre les mots et les images. En proposant une typologie des modes de synchronisation et en s'interrogeant sur la façon dont la signification est produite grâce à l'interaction du verbal et de l'iconique, il fournit des instruments utiles à l'analyse de films. Cette dernière n'est d'ailleurs pas négligée, puisque certains films singuliers du point de vue du régime vocal font l'objet d'études approfondies qui viennent nourrir la théorie, à l'instar du Roman d'un tricheur (Guitry), de La Fiancée de Frankenstein (Whale), de Lola Montès (Ophuls) ou d'Hiroshima mon amour (Resnais).

Dans la revue CiNéMAS

Le problème du son est-il en train de devenir "l'endroit où les choses se passent" dans le cadre de la réflexion sur le cinéma? Non seulement les travaux concernant cette question se multiplient, renouvelant considérablement le sujet, mais ils ont d'ores et déjà conduit à plusieurs propositions de redéfinition de l'histoire du cinéma. Ainsi, dans Une archéologie du cinéma sonore, Giusy Pisano (2004, p.4) revendique-t-elle une histoire "problématique, non point événementielle, mais discontinue et hétérogène, qui se propose sans cesse d'élargir les champs [...]". Édouard Arnoldy (2004) plaide, lui, Pour une histoire culturelle du cinéma. Dans Silent Film Sound, Rick Altman (2004, p.7) est encore plus catégorique: "Today we are beginning to understand the need for nothing less than an entire redefinition of film history, based on new objects and new projects." Le son est bien évidemment l'un de ces nouveaux objets.
L'ouvrage d'Alain Boillat s'inscrit dans ce mouvement avec une double originalité; d'une part, Boillat centre ses réflexions sur les "manifestations vocales" du son, ce qui n'est pas si fréquent, même si les choses sont en train de changer (1), d'autre part, il vise non pas à renouveler l'histoire du cinéma, mais la théorie. Encore ne faut-il pas se méprendre: vouloir renouveler la théorie ne veut pas dire se désintéresser de l'histoire et réciproquement; la différence n'est qu'une question d'angle d'approche: dans les ouvrages précédemment cités, il s'agissait de renouveler la théorie de l'histoire; pour Boillat, il s'agit de mettre en évidence "les conséquences théoriques de l'analyse historique" (p.484) pour mieux comprendre le fonctionnement communicationnel du cinéma.
Le champ couvert englobe toutes les manifestations vocales au cinéma sauf la voix spectatorielle (François Albera le note dans sa préface). Personnellement, je pourrais certes regretter qu'il ne dise rien du fonctionnement de la parole dans le film de famille, mais il me semble qu'après tout, ce serait sans doute plutôt &ag