Cinéma suisse muet. Lumières et ombres

24,00 CHF
Réf.: 2-940146-26-8
En 1896, l'horloger genevois Casimir Sivan commence à tourner avec une caméra de son invention. En Suisse, l'intérêt pour le cinéma est très précoce, et rejoint des préoccupations patriotiques, ainsi que des arrière-pensées touristiques. Des documentaires et des actualités, nationales ou régionales, sont produits durant toute la période muette. La création d'un cinéma de fiction, plus coûteux, rencontre davantage de difficultés. Des critiques très qualifiés en débattent avec passion dans la presse, et les tentatives ne manquent pas, fondées sur la volonté d'exploiter les paysages, notamment alpins. Il est fréquemment fait appel aux collaborations extérieures, comme celles de Feyder ou d'Eisenstein.

En 1896, l'horloger genevois Casimir Sivan commence à tourner avec une caméra de son invention. En Suisse, l'intérêt pour le cinéma est très précoce, et rejoint des préoccupations patriotiques, ainsi que des arrière-pensées touristiques. Des documentaires et des actualités, nationales ou régionales, sont produits durant toute la période muette. La création d'un cinéma de fiction, plus coûteux, rencontre davantage de difficultés. Des critiques très qualifiés en débattent avec passion dans la presse, et les tentatives ne manquent pas, fondées sur la volonté d'exploiter les paysages, notamment alpins. Il est fréquemment fait appel aux collaborations extérieures, comme celles de Feyder ou d'Eisenstein.

Si cette production, dont seule une partie est conservée, reste à peu près inconnue, c'est que les préjugés et l'ignorance en ont longtemps fait nier l'intérêt, voire l'existence. Mais depuis une dizaine d'années, l'Université, prenant la relève de chercheurs isolés, en a révélé la richesse, en parallèle avec la politique de préservation et de restauration entreprise par la Cinémathèque suisse. Ce livre fait le point et pose quelques jalons pour l'avenir.

  • Préface (Hervé Dumont)

  • Avant-propos (Rémy Pithon)     

  • Spécificités du cinéma suisse muet: quelques repères (Pierre-Emmanuel Jaques et Gianni Haver)      

  • Le Cinéma en Suisse: les vingt premières années, 1895-1914 (Roland Cosandey)     

  • Le Bergfilm ou l’obsession alpine (Rémy Pithon)      

  • Le cinéma au service des convictions: Jean Brocher (Pierre-Emmanuel Jaques)  Un destin mouvementé: Frauennot-Frauenglück (François Albera)      

  • Un film à tout le monde: Visages d’enfants (Roland Cosandey)     

  • L’art d’abord: La Vocation d’André Carel (Rémy Pithon)      

  • L’histoire et le mythe: Petronella (Rémy Pithon)     

  • Controverse sur l’authenticité: Le pauvre Village, "premier film suisse" (Laurent Guido)

  • Le monde du travail: Ein Werktag (Felix Aeppli)     

  • Présence de l’avant-garde internationale: Borderline (François Bovier)    

  • Notre Töpffer: Histoire de Monsieur Vieux-Bois (Roland Cosandey)     

  • Un trésor régional: les films Leuzinger (Mariann Lewinsky Farinelli)     

  • Et maintenant…? Chantiers ouverts et à ouvrir       

Annexe I. Quelques textes critiques des années 20     

  • Fr&eacu

En collaboration avec les éditions Antipodes, la Cinémathèque suisse vient de publier un ouvrage collectif sous la direction de Rémy Pithon. Cinéma suisse muet rassemble des contributions d'historiens du cinéma qui soulèvent quelques coins du voile sur notre production nationale d'avant les années trente. Ainsi que le rappellent Pierre-Emmanuel Jaques et Gianni Haver dans leur article d'introduction, le cinéma suisse de cette période est quasiment ignoré par les histoires mondiales du septième art. "Cependant, soulignent-ils, au vu de la taille modeste de la Confédération et du nombre relativement faible de ses habitants, on peut soutenir que la production helvétique dans la période muette est parfaitement comparable à celle des pays européens similaires."

Cette production se divise en plusieurs catégories de films, dont quelques spécimen sont l'objet d'un article dans Cinéma suisse muet. Les "films de montagne" magnifiant le paysage alpin si cinégétique, ont côtoyé des pellicules mettant en scène les mythes fondateurs du pays, comme les aventures de Guillaume Tell. Quelques inclassables également: l'étonnant Borderline tourné à Lutry en 1930 par Kenneth Macpherson-du cinéma influencé par la littérature moderniste et la psychanalyse freudienne-ou Frauennot-Frauenglück, un documentaire sur l'avortement tourné en suisse par Eisenstein.

JMr, Le Courrier, 30 novembre 2002

Lumières et ombres

Le cinéma suisse muet. Lumières et Ombres rassemble des écrits de Rémy Pithon (direction de l'ouvrage), d'Hervé Dumont (préface), de Pierre-Emmanuel Jaques, Gianni Haver, Roland Cosandey, François Albera, Laurent Guido, Felix Aeppli, François Bovier, Mariann Lewinsky Farinelli. Il comporte aussi des textes critiques de l'époque, une bibliographie et un index des films et des noms. Il répertorie des pistes déjà (mais parfois incomplètement) débroussaillées et celles qui ne l'ont pas encore été. Un travail qui avance, mais qui va dema