Banquiers et diplomates suisses (1938-1946)

41,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-030-1
Les relations entre banquiers et diplomates suisses pendant la Seconde Guerre mondiale et au tout début de la guerre froide sont analysées dans cette thèse qui résulte, d'une part, des recherches pour l'édition des documents diplomatiques suisses et d'autre part des travaux de la Commission Bergier dont l'auteur fut le conseiller scientifique de 1997 à 2001. Le développement de la place financière suisse au cours de la première moitié du XXe siècle et son renforcement pendant la Seconde Guerre mondiale constituent des caractéristiques des relations extérieures de la Suisse, ce qui entraîne une évolution des activités diplomatiques. Les prestations financières de la Suisse contribuent à améliorer les relations avec des belligérants, mais elles provoquent aussi des tensions en particulier avec les Alliés de 1943 à 1946.

La place financière suisse pendant la Seconde Guerre mondiale a été analysée en particulier par la Commission Bergier et par d'autres historiens. Cet ouvrage analyse les relations entre banquiers et diplomates suisses de 1938 à 1946 en approfondissant et en élargissant les travaux déjà publiés. Les rapports entre les milieux financiers et les diplomates suisses sont très importants au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les belligérants bénéficient des multiples prestations de la place financière suisse, tandis que les autorités politiques sont de plus en plus sollicitées: elles accordent des crédits pour financer les relations avec l'Axe et avec les Alliés, en acceptant ainsi des risques liés à l'évolution de la guerre. Elles sont impliquées dans les efforts pour répondre aux critiques des Alliés à cause de l'or et d'autres valeurs pillés par les nazis et parvenus en Suisse. En 1944-1946, l'isolement international de la Confédération oblige les autorités politiques à intervenir pour justifier les transactions opérées par les milieux d'affaires et à agir pour promouvoir l'image d'une Suisse neutre et humanitaire.

Cet ouvrage se fonde sur les résultats des recherches de la Commission Bergier et les prolonge par des analyses fondées sur des archives suisses et étrangères.

1. Les données d’un problème complexe: les relations entre banquiers et diplomates suisses (1938-1946)     

  • Recherches historiques et questions ouvertes
  • Les débats et les travaux sur la Suisse et la Seconde Guerre mondiale

 - Les recherches et publications de 1996 à 2002
 - Les analyses récentes des relations entre banquiers et diplomates

  • Les objectifs du présent ouvrage      
  • Fil conducteur de cet ouvrage synthétique      

 - Les étapes de la carrière de Walter Stucki de 1938 à 1946: Berne-Paris-Vichy-Berne-Washington-Berne     

2. Analyse géographique des relations financières extérieures de la Suisse  

  • Comment se présentent en 1938 les relations économiques de la Suisse avec le monde?      
  • Aperçu de la répartition géographique des avoirs suisses dans le monde      

 - L’Allemagne      
 - L’Autriche et l’extension de la "Grande Allemagne"
 - La France     
 - La Grande-Bretagne et la zone sterling      
 - L’Italie     
 - L’Europe centrale et balkanique     
 - Les pays du Nord de l’Europe      
 - L’Espagne      
 - Les Amériques     
 - Le Japon     
 - L’Afrique   

  • Récapitulation: avoirs suisses et actifs bancaires à l’étranger     

Dans Business History Review

In December 1941, Joseph Goebbels noted his deep disdain for the Neutrals and in particular berated Switzerland, a country that was in his opinion "not anymore a State but a puny association of hotel doormen [Portiervereinigung]" (p. 283). Yet, in contrast to this scornful characterization, this study reminds readers that soberer Axis officials highly regarded Swiss financial and economic services during the dark years of World War II. Some, like the Italian Foreign Minister, went so far as to call Switzerland "our only banker" (p. 329). In a June 1943 report, Walther Funk of the Reichsbank also estimated that Germany would have quickly run into serious problems without access to either Swiss Francs or Swiss gold transactions (p. 301).

As Marc Perrenoud’s remarkable study shows repeatedly, alpine hotels and lakeside resorts may have indeed played a significant role as discreet meeting points between Swiss bankers and diplomats and their foreign counterparts. However, the key argument remains that Swiss financial interests not only withstood their ground, but also greatly increased the scale and scope of their international operations during World War II, thus laying the foundations for Switzerland’s postwar position in the leading pack of financial centers. With a (sometimes overwhelming) wealth of archival documents, Marc Perrenoud’s study underscores how the 1938–1946 period was pivotal in Swiss banks’ remarkable success during the years of war that ravaged Continental Europe. Indeed, it was during this period that the Swiss financial place, despite the intensity of the links it entertained with the Axis, shifted the center of gravity of its activities away from the German sphere of influence by reinforcing, in particular, their operations across the Atlantic. For the Swiss, World War II really started around 1944, when Allied pressure began to be fully exerted on the Neutrals. The price Switzerland had to pay for ensuring its entry in the new Atlantic order, the 250 million Francs that had been settled on during the 1946 Washington Agreement regarding Swiss gold transactions with the Nazis, was not too high.

Indeed, Swiss capital stock abroad was already estimated at 10 to 17 billion SFr. before 1939, a sum equal to three times the Swiss GNP. Considered in 1941 as