A contrario Vol. 5, No2

17,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-005-9
Dans ce volume, la Palestine est placée au centre de la réflexion, comme son titre l'indique, car le conflit israélo-palestinien concentre une dimension à la fois symbolique et territoriale. A la différence d'autres conflits régionaux, articulés autour de questions de légitimité du régime ou de gouvernance, ce conflit incarne par excellence l'arbitraire du leg colonial , l'injustice ressentie par un peuple, une région et les insuccès de la médiation internationale. Sans viser à l'exhaustivité, ce parti pris imposait de se centrer davantage sur la région du Machrek où résonne l'onde de ce vieux conflit et où la présence d'Israël continue de nourrir un arc de conflictualité. Ce point de vue permet dès lors d'inclure aussi bien la problématique des relations arabo-iraniennes que la perception des acteurs sociaux marocains sur la guerre des 33 jours de l'été 2006. Enfin, au plan théorique, la notion même de conflit ouvre un espace de questionnement relativement vaste qu' il convient de définir a minima.  

Dans ce volume, la Palestine est placée au centre de la réflexion, comme son titre l'indique, car le conflit israélo-palestinien concentre une dimension à la fois symbolique et territoriale. A la différence d'autres conflits régionaux, articulés autour de questions de légitimité du régime ou de gouvernance, ce conflit incarne par excellence l'arbitraire du leg colonial , l'injustice ressentie par un peuple, une région et les insuccès de la médiation internationale. Sans viser à l'exhaustivité, ce parti pris imposait de se centrer davantage sur la région du Machrek où résonne l'onde de ce vieux conflit et où la présence d'Israël continue de nourrir un arc de conflictualité. Ce point de vue permet dès lors d'inclure aussi bien la problématique des relations arabo-iraniennes que la perception des acteurs sociaux marocains sur la guerre des 33 jours de l'été 2006. Enfin, au plan théorique, la notion même de conflit ouvre un espace de questionnement relativement vaste qu' il convient de définir a minima.

Les autres livres de Daniel Meier

Editorial    

  • De la conflictualité au Moyen-Orient (Daniel Meier)

Articles        

  • Aide internationale et processus de paix: le cas palestinien, 1994-2006 (Riccardo Bocco et Wassila Mansouri)
  • The Palestinian War-torn Economy: Aid, Development and State Formation (Hanna Daoudi et Raja' Khalidi)
  • Visions palestiniennes du "droit au retour" des réfugiés, sept ans après le début de la deuxième Intifada, 2000-2007 (Jalal al-Husseini)
  • Les mutations du leadership palestinien, 1993-2006 (Benoît Chaland)
  • Israël: la doctrine de "combat disséminé". Vers une sur-violence sans rationalité militaire? (Pascal de Crousaz)
  • From Rentier State to Failed State: War and the De-Formation of the State in Iraq (Rolf Schwarz)
  • A propos de la violence "irakienne". Quelques éléments de réflexion sur un lieu commun (Loulouwa al-Rashid et Edouard Méténier)
  • La politique arabe de l'Iran (Mohammed-Reza Djalili)
  • Les conflits du Moyen-Orient au miroir des communautés imaginées: la rue arabe existe-t-elle? Le cas du Maroc (Mounia Bennani-Chraïbi)
  • La décomposition régionale au Moyen-Orient: effets pervers du "moment américain" (Philippe Droz-Vincent)

Notes de terrain

  • Les fonctionnaires de l'Autorité palestinienne et la suspension de l'aide internationale: notes d'enquête à Jenin, 2006-2007 (Wassila Mansouri)

  • La sécurité alimentaire en Palestine: acteurs locaux et internationaux pendant la seconde Intifada (Caroline Abu-Sada)

Quinze auteurs, treize articles et deux notes de recherche nourrissent ce riche numéro de A contrario, consacré à la Palestine et aux conflits du Moyen-Orient dans le sillage d'un colloque sur le même thème tenu fin 2006 à Genève. L'objectif, expliqué par Daniel Meier en préambule, est de tenter une réflexion transversale et régionale sur la violence au Moyen-Orient, à partir du terrain palestinien et de la notion souple de conflit.
Ce numéro vaut surtout par la richesse ethnographique de chacune de ses contributions: on regrette ici l'absence relative des pistes théoriques transversales fécondes auxquelles A contrario nous a habituées; cette limite tient peut-être à l'intensité dramatique d'un sujet qu'il est plus prudent de traiter au moyen d'approches locales et modestes. Dans ce cadre, l'articulation paraît malaisée entre le terrain palestinien (6 contributions) et d'autres terrains moyen-orientaux (Israël, Maroc, Irak, Iran). À cette aune enfin, le titre peut laisser penser (à tort) qu'il s'agit de montrer l'impact régional de la question palestinienne: bien heureusement, le numéro ne tombe pas dans ce lieu commun piégeux.
Les contributions éclairent richement l'actualité palestinienne post-Oslo (après le processus de paix entamé en 1993 et mis en échec fin 2000) au moyen de coups de projecteurs complémentaires. Deux grands objets politiques sont abordés: la question des réfugiés palestiniens et ses reformulations successives jusqu'à aujourd'hui, très efficacement synthétisée par Jalal Husseini. Puis, dans la continuité des travaux de Jean-François Legrain, Benoît Challand procède à une analyse multi-niveaux de l'évolution du leadership palestinien et des conflits attenants à sa conquête : l'intérêt de son étude est d'articuler finement sans les opposer les grandes lignes de tension (jeune garde/ vieille garde de l'OLP, returnees de Tunis/ résidents des Territoires occupés), sans négliger la dimension diachronique ni les facteurs exogènes (influence d'Israël et de la communauté internationale); un dernier intérêt de cet article réside dans son étude de la composition du nouveau leadership du Hamas, postérieurement à la victoire électorale du parti en janvier 2006: la tension qui s'observe oppose une volonté de légitimité populaire des cadres à la nécessité de l'expertise de ces mêmes cadres. Cette dernière nécessité s'inscrit dans le cadre plus général des fortes pressions de la communauté internationale des bailleurs de fonds