Marges

28,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-097-4
"Bientôt six ans. Un billet chaque jour, chaque jour ouvrable d’abord, quotidien depuis juillet 2012, des billets qui donnent un rythme à mes journées, parfois bien plus. Observer, comprendre, aimer, tout et n’importe quoi, ce qu’on finit par regarder, d’autres couches, d’autres cercles. Même si – et c’est l’une peut-être de ses leçons essentielles – écrire n’est pas tout, tout au plus un attribut, j’entends par attribut ce que l’intellect perçoit de la substance." Ce recueil, enrichi des photographies de l’auteur, est constitué de ces billets qui portent un regard poétique et vagabond sur le quotidien.

"Sans le trait assuré des ornières, sans les lisières dont je me suis servi comme d’une main courante, sans l’éclat des cloches qui rameutent au loin les fidèles, le cri du coq, sans les tessons qui battent la mesure, sans les brins d’herbe et les épis de blé qui habillent la terre, l’odeur du bois qui brûle, sans la grange aux portes entrouvertes, sans les regrets qui exaucent, serais-je demeuré vivant?
Je tremble toutefois de ne jamais parvenir au repos, de ne me satisfaire ni du soleil ni de l’ombre, de ne pouvoir retenir le fugace, je tremble lorsque le chemin disparaît derrière la crête, je tremble de rien, je tremble de tout, je suis sur la bonne voie, errant sur un chemin qui n’a ni commencement ni fin."

Jean Prod’hom tient un blog depuis plusieurs années sur lequel il publie chaque jour un billet - www.lesmarges.net. Ce recueil, enrichi des photographies de l’auteur, est constitué de ces billets qui portent un regard poétique et vagabond sur le quotidien. Il a également publié Tessons, en 2014, aux Éditions D’autre Part.

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Préface de l’éditeur

  • J’ai vécu de bien mauvais moments
  • Surveiller mais quoi?
  • Juste capable de m’en réjouir
  • Le Riau de Corcelles
  • Me voilà seul sur le pont
  • Vendredi à Naples
  • Faire un livre
  • J’entends de loin la musique de leur pays
  • Laver cette coulée de boue
  • Sous les draps les reins
  • On sort pour la première fois
  • Le fil ténu qui me fait tenir debout
  • C’est en 1994
  • M’égare sur les hauts de Morges
  • À égale distance les uns des autres
  • Lacer ses chaussures
  • Une dernière clope mercredi
  • Sésame
  • Revenir là où l’on n’en a pas fini d’aller
  • Quitter le giron
  • Le garçon s’est fait piquer
  • Je n’irai pas à Lourdes
  • Colères
  • Initiation à l’art du porte-à-faux
  • Enfant on le disait bagarreur
  • En haut la côte
  • Quelques rires encore puis plus rien
  • Longue liste des merveilles
  • Prés-de-Vidy
  • L’enfant tire délicatement les rideaux
  • Ne jamais tourner le dos au progrès
  • Friedrich Heinze de Rendsburg
  • Elles se promènent, retraitées bientôt
  • Boules à neige
  • Le bruit de la pluie bien serrée qui pianote
  • Si je suis couché aujourd’hui à midi
  • On a failli l’écraser ce matin
  • Journée sans
  • Tous ceux de Chez Progel
  • Amiraux-chefs d’îles mystérieuses
  • Post tenebras lux mercredi
  • Sous le jardin d’Éden lundi
  • À la fin des journées du milieu de l’été
  • Dégel
  • Jean-Rémy
  • Les chemins de la connaissance
  • S’il y a souvent place pour deux
  • L’apiculteur a déposé deux ruches
  • Deuxième poussée du printemps
  • Ils régnaient sans ostentation
  • On s’y trouve engagé à demi
  • Ce ne sont pas les livres que je regretterai

Petit Poucet rêveur

Intranquillement serein, lumineux, presque solaire, un livre d’heures offert par le Suisse Jean Prod’Hom.

Les êtres qui aiment la pluie, les paysages détrempés interpellent et fascinent. Dans le chaos des temps, marcheurs infatigables, ils perçoivent la beauté dans des détails infimes, des brindilles fragiles, de petits cailloux incongrus… Tessons (D’autre part, 2014), le premier ouvrage de Jean Prod’Hom apparaissait comme une maison des muses, mosaïque constituée de brimborions, éclats de vaisselle, poterie collectés de par le monde. Fragments de fracas, révélant le passage des temps, la patine, l’érosion, la lenteur, la transmission, le dérisoire, l’éphémère continuum de la vie, des hommes, des civilisations. Les textes de Marges proviennent d’un autre éclatement, un autre entoilement, du "blogue" lesmarges.net que nourrit le quinquagénaire, depuis 2008. Journal intime, carnet de pérégrinations à travers lequel l’auteur se dilue dans l’observation poétique, philosophique, parfois un tantinet sarcastique d’un quotidien aussi prosaïque qu’universel. En exergue à chaque texte, une photographie du natif de Lausanne entre en écho. Depuis 2015, ces écrits adressés à un Cher Pierre, engendrent une correspondance avec un autre natif, d’un pays de pluie, le Briviste Pierre Bergounioux. D’autres écrivains balisent les chemins de traverse de Jean Prod’hom: Jaccottet, Ramuz, Quignard, Trassard, Calet, on pourrait y rajouter André Dhôtel…

Avec une soif inextinguible de réenchanter le monde, de s’émerveiller du si peu, Prod’Hom introduit un rapport au temps, singulier. Sorte d’éloge de la lenteur, volonté de vivre son rythme propre, de se dégager de l’artifice.

Écrire, apparaît non pas comme une façon de mettre les mots au pas, mais de retrouver dans leur alignement, la scansion de la marche, tout en exaltant son caractère erratique. De longues phrases en volutes, de courts para