Médiatiser la police, policer les médias

27,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-048-6
Le travail policier est depuis longtemps l’objet de récits et d’images qui ont durablement influencé notre imaginaire. Cette puissance narrative acquise fait aujourd’hui de l’univers policier l’un des arrière-plans préférés des médias. À partir de ce constat, cet ouvrage se propose d’explorer comment des représentations de la police sont produites et circulent dans, et entre, les champs du divertissement et de l’information, mais également comment l’institution policière s’est elle-même constituée en pourvoyeuse et en gardienne de son "image publique".

Le travail policier est depuis longtemps l’objet de récits et d’images qui ont durablement influencé notre imaginaire. Cette puissance narrative acquise fait aujourd’hui de l’univers policier l’un des arrière-plans préférés des médias.

À partir de ce constat, cet ouvrage se propose d’explorer comment des représentations de la police sont produites et circulent dans, et entre, les champs du divertissement et de l’information, mais également comment l’institution policière s’est elle-même constituée en pourvoyeuse et en gardienne de son "image publique". Plus que jamais, le monde réel et le monde médiatique de la police coexistent et se confrontent, car les corps de police sont devenus des producteurs actifs d’images et de discours sur leurs propres actions.

Par un double mouvement, "médiatiser la police" et "policer les médias", ce livre étudie l’imaginaire social sur la police, sa diffusion dans les médias de masse (télévision, presse, affiches, espaces muséaux…) ainsi que le travail communicationnel des polices modernes.

  • Introduction. Le policier face à son double médiatique (Michaël Meyer)
  • Taire, transmettre ou prostituer sa science, les experts divergent. Utilité et dangers de la vulgarisation du savoir criminalistique en Suisse romande et en France (1900-1960) (Nicolas Quinche)
  • Dans les coulisses du Théâtre du crime: réappropriation muséale de la photographie forensique (Elisa Rusca)
  • Quand la police fait sa pub. Analyse discursive de la figure du policier et de la policière dans la stratégie de communication des polices vaudoises (Stéphanie Pahud)
  • Plus belle la police? Ou comment la série Plus belle la vie dépeint l’institution policière (Nicolas Rafin)
  • Compléter l’"image tronquée"? Les représentations médiatiques de la police (Rob C. Mawby)
  • Community policing et réunions police-population à Los Angeles (Mathieu Zagrodzki)
  • Une police "inquiète" du taux de délinquance en Suisse. Le poids des intérêts et enjeux professionnels dans la construction policière d’un problème public (David Pichonnaz)
  • Des individus sous l’uniforme. La question du droit à l’image des policiers (Sylvain Maresca)
  • La médiatisation de la police du point de vue des policiers: le ressort professionnel de la réception des médias (Guillaume Le Saulnier)

 
Vues du terrain

  • Photographier les policiers en France (Laurent Kaczor)
  • Police de proximité et image de la police à Lausanne (Alain Gorka)
  • Le métier de chargé de communication à la police de Lausanne (Jean-Philippe Pittet)
  • Le commandant de gendarmerie et les journalistes: une histoire de confiance (Thierry Davaut)

Dans Questions de communication

Au moment où l’"Étude sur le management et le stress au travail" au sein de la police (Stéphanie Arc, "La police se livre", Journal du CNRS, 265, mars-avr. 2012), menée par Mathieu Molines, doctorant en sciences de gestion au Centre de recherche et de management de l’université de Toulouse 1 Capitole, montre notamment que 87,1% des policiers français estiment que les médias dévalorisent leur rôle, il est bon de se plonger dans cette étude dirigée par Michaël Meyer, premier assistant au laboratoire de sociologie de l’université de Lausanne. L’auteur confirme l’idée selon laquelle "les policiers forment un groupe inquiet des standards médiatiques de compréhension des missions de police" (p.12). Mais ce constat de départ doit permettre d’"interroger conjointement la présence intermédiatique et la force sociale du double du policier" (p.11), alors que Mathieu Molines, travaillant avec le soutien logistique d’un syndicat policier (Alliance-Police nationale), dressait une radiographie plus complète d’un métier particulier. Le livre franco-suisse (43-50%, les 7% restant étant britanniques) dirigé par Michaël Meyer entend se contenter de déconstruire ces schémas médiatiques qui "produisent des anticipations et des spéculations de la part des personnes susceptibles de rencontrer l’univers professionnel représenté (p.14) par les médias, notamment audiovisuels. Autrement dit, il apporte un éclairage extérieur au constat énoncé par l’étude de Mathieu Molines. Cette interrogation "sur la mythologie de la police dans la société occidentale contemporaine" (p.16) est menée à partir de 14 points de vue de sociologues (29%), de policiers (22%), d’historiens (14%) et, marginalement, de chercheurs en sciences de l’information et de la communication, de politiste, de criminologue, de linguiste, de professionnel des médias. Ces derniers, avec les policiers, ne représentent que 29% des auteurs d’un ouvrage qui reste celui de scientifiques, dont 14% en sont encore &agrav