Les peurs de Hollywood

27,00 CHF
Réf.: 2-940146-62-4
Les Peurs de Hollywood recueille une série d'études sur les représentations dans le cinéma fantastique américain, associant l'analyse des films à l'histoire culturelle. Son objectif est de porter un regard critique sur la problématique de la peur telle qu'elle apparaît dans les images véhiculées depuis plus de 80 ans par la production hollywoodienne. Dominant les écrans internationaux dès l'entre-deux-guerres, cette cinématographie joue en effet un rôle essentiel dans la constitution des imaginaires culturels à une échelle mondiale, tout en renvoyant à des traditions iconographiques et sociales proprement américaines. Ces dernières années, la part active prise par les États-Unis dans la mise en place d'une culture "globalisée" n'a cessé d'augmenter, rendant nécessaire une réflexion qui puisse aider à comprendre ce phénomène, hors des idées reçues.

Les Peurs de Hollywood recueille une série d'études sur les représentations dans le cinéma fantastique américain, associant l'analyse des films à l'histoire culturelle. Son objectif est de porter un regard critique sur la problématique de la peur telle qu'elle apparaît dans les images véhiculées depuis plus de 80 ans par la production hollywoodienne. Dominant les écrans internationaux dès l'entre-deux-guerres, cette cinématographie joue en effet un rôle essentiel dans la constitution des imaginaires culturels à une échelle mondiale, tout en renvoyant à des traditions iconographiques et sociales proprement américaines. Ces dernières années, la part active prise par les États-Unis dans la mise en place d'une culture "globalisée" n'a cessé d'augmenter, rendant nécessaire une réflexion qui puisse aider à comprendre ce phénomène, hors des idées reçues.

L'ouvrage discute d'une part la thèse traditionnelle selon laquelle les figures monstrueuses des films d'horreur ou de science-fiction signaleraient le refoulement de cauchemars collectifs. Il souligne d'autre part l'importance de certains modes de discours exprimant une vision paranoïaque de l'emprise sociale des pouvoirs politiques ou scientifiques, comme la technophobie ou le populisme. De King Kong aux XMen, ce livre considère de nombreux films mettant en scène les mutations physiques, les invasions extraterrestres, les catastrophes, l'univers des cyborgs ou encore les agressions de fantômes ou de morts-vivants.

  • Entre "cauchemar" et "paranoïa": une introduction aux représentaions de la peur dans le cinéma fantastique hollywoodien (Laurent Guido)
  • King King: de la Grande Dépression à la regression présymbolique (François Bovier)
  • Un nouveau "règne de la terreur"? La voix de L'Homme invisible et les mythes de la dictature radiophonique (Laurent Guido)
  • Quand la femme grandit, l'homme rétrécit: la symbolique du corps à géométrie variable dans Attack of the 500 Foot Woman et The Incredible Shrinking Man (Mireille Berton)
  • "C'est ce regard-là qui a disparu!" Invasion of the Body Snatchers et l'alteration du même (Richard Bégin)
  • Mauvais rêves. George A. Romero, les morts-vivants et le cauchemar américain (Francesco Pitassio)
  • "Don't Panick!": stratégies de la peur dans les films-catastrophe (François-Xavier Molia)
  • The Stepford Wives ou l'enfer conjugal. La peur de l'automatisation des femmes américaines (Rachel Noël)
  • Les fantômes de l'Amérique. Le spectre de l'Indien chez John Carpenter et dans le cinéma d'épouvante de la fin des années 70 (Alain Boillat)
  • Un vampire peut en cacher un autre (Vincent Verselle)
  • Starship Troopers, fin de l'histoire ou fin des idéologies (Sylvestre Meininger)
  • Des Machines et des Hommes. D'une peur de la modernité technologique déclinée au féminin (Charles-Antoine Courcoux)
  • Mutatis Mutandis: les spectacles du corps paranoïde. Renouveau des agents mutagènes à Hollywood (Dick Tomasovic) 

Cauchemars à l'américaine

Partant du postulat défini par Kracauer à propos du cinéma allemand de l'entre-deux-guerres selon lequel "les films fantastiques reflètent spontanément certaines attitudes symptomatiques du malaise collectif", cet ensemble d'articles, dirigé par Laurent Guido, enseignant en cinéma à l'université de Lausanne, se propose "d'interroger la problématique de l'angoisse sociale telle qu'elle se (re)formule dans le cinéma américain, de ses origines à nos jours". Programme ambitieux s'il en est. Deux aspects principaux s'en dégagent: la technophobie empreinte de misogynie et la peur de l'Autre sous toutes ses formes.

L'Homme invisible (The Invisible Man) réalisé par James Whale en 1933 est l'une des premières incarnations de l'angoisse générée par le progrès scientifique et technique. Tourné dans les premières années du cinéma sonore, au moment même où la radio devient omniprésente aux États-Unis, ce film met en scène la figure archétypale d'un savant fou, une voix sans corps. Médium acousmatique, la radio y est représentée dans toute l'ambivalence qui la caractérise: outil de communication au service de la démocratie et instrument potentiel de propagande dans les mains d'apprentis dictateurs.

Après la Seconde Guerre mondiale, alors que le statut de la femme américaine se modifie, on assiste à la combinaison des thèmes liés aux craintes du développement scientifique sur fond de guerre froide à ceux ouvertement misogynes produits par une société patriarcale et puritaine en perte de repères. Enième avatar des films de monstres des années 1950, Attack of the 50 Foot Woman de Nathan Hertz, revisite l'abondante thématique du "corps à géométrie variable". Le personnage féminin central (riche, névrotique, marié sans enfant) qui figure déjà l'anormalité devient, après un contact radioactif extraterrestre, un être gigantesque semant la terreur sur son passage. "Symbole d'une sexualité libre et gratuite", cette surfe