La Suisse s’interroge

24,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-095-0
Cet ouvrage retrace l’étonnante genèse de la série de courts-métrages réalisés par Henry Brandt à l'occasion de l’Exposition nationale de 1964, qui dénonce avec audace des problèmes à l’actualité brûlante. La conjonction inattendue d’une période de mutations, d’une Exposition nationale réflexive, d’un cinéma suisse sur le point de connaître un renouveau et d’une censure insidieuse rendent ces chefs-d'œuvre symptomatiques d’une époque et marqueront une génération de visiteurs. 

Ce livre étudie le processus de création de La Suisse s’interroge, série de cinq courts-métrages réalisée par Henry Brandt dans le cadre de l’Exposition nationale de 1964.

La Suisse s’interroge rencontra un succès dont l’écho se répercuta jusque dans la presse internationale, mais fut l’objet d’une forme de censure. En effet, si la direction de l’Exposition de 1964 espérait ouvrir les yeux des citoyens sur les problèmes rencontrés par la Suisse, la manifestation nationale devait néanmoins insuffler un sentiment de fierté patriotique. Henry Brandt reçut pour mission de conscientiser sans faire scandale: les scénarios des courts-métrages furent maintes fois remaniés. Parmi les thématiques écartées se trouvaient le divorce, le suicide ou la "peur des idées audacieuses et nouvelles". La question de l’immigration provoqua également des débats houleux.

Chefs-d’œuvre méconnus, ces cinq courts-métrages dénoncent avec audace des problèmes à l’actualité brûlante.

Ce livre, qui en retrace l’étonnante genèse, intéressera autant les historiens et les sociologues que toute personne qui se plairait à "remettre en question notre monde".
 

Préface de Malik Melihi      

Introduction      

  • Elles se suivent et se ressemblent ?    
  • Exposer la nation      
  • Réfléchir l’avenir dans le miroir du présent     
  • "La voie suisse": pavée de bonnes intentions      
  • Créateurs et réalisateurs de "La voie suisse"      
  • La direction fait entendre sa voix…      
  • … Mais toute vérité n’est pas bonne à dire

Le cinéma, instrument de conscientisation

  • Interdépendance de deux dispositifs     
  • Du documentaire poétique au film de commande     
  • La Suisse s’interroge: étude des scénarios et courts métrages
  • Des mots pour visualiser: La Suisse est belle
  • Propagande?
  • Des mots pour des maux: Problèmes      
  • De La Suisse s’inquiète à La Suisse s’interroge      
  • La course au bonheur: satire
  • De l’usage de la fiction      
  • Croissance: un cri d’alarme
  • Plein la vue     
  • Ton pays est dans le monde
  • Au-delà des mots, l’éloquence de la musique et du corps      
  • Conditionnement idéologique: synthèse      

 De la négociation à la censure?

  • La direction prend position pour que "La Suisse s’interroge"
  • Scénario-prétexte    
  • Contrat d’un artiste sous emprise     
  • Des comptes à rendre      
  • Le délégué du Conseil fédéral s’en mêle    
  • La question brûlante d

Autocritique helvétique

Série de courts métrages réalisés par Henry Brandt pour l’Expo 64 à Lausanne, La Suisse s’interroge voulait provoquer une prise de conscience nationale. Un ouvrage décortique la genèse de ces films de commande où l’audace l’emporte sur les compromis.

Ceux qui ont vu ces films à l’époque s’en souviennent encore. En 1964, sous le ti­tre La Suisse s’interroge, l’Exposition nationale organisée à Lausanne présente cinq courts métrages de 4 minutes censés secouer une population susceptible de "dégénérer en une mas­se amorphe et inactive". L’analyse du Rapport de la direction sur le programme de l’Exposition est sans appel: "Une longue période de paix, marquée par l’absence de souffrance, et la prospérité économique, ont engendré en Suisse un amour immodéré de la sécurité, un attachement excessif aux valeurs matérielles et la peur des idées nouvelles. L’engourdissement est d’autant plus dangereux que l’exiguïté de notre territoire aux horizons fermés nous incline à penser petit."

Il s’agit donc de provoquer une prise de con­science, d’alerter sur les problèmes d’aujourd’hui pour mieux préparer demain. Mission ambitieuse, et accomplie à voir les réactions que suscitent ces films réalisés par Henry Brandt. Deux millions de visiteurs se pressent aux projections et en ressortent impressionnés – "ça donne à réfléchir", ré­su­me un spectateur (vaudois) cueilli par un micro-trottoir. La presse est dithyrambique, même l’intransigeant Freddy Buache salue un "pavé dans la mare des consciences tranquilles".

Pressions et (auto)censure

Percutants et clairvoyants, ces courts métrages témoignent de préoccupations nouvelles pour l’époque et soulèvent des questions de société qui r