La Suisse, les Alliés et le cinéma. Propagande et représentation. 1939-1945

21,00 CHF
Réf.: 978-2-940146-17-8
La Suisse ne participe pas militairement à la Deuxième Guerre mondiale. Néanmoins, les événements liés au conflit marquent profondément les débats politiques et sociaux, ainsi que la vie quotidienne de la population. Le petit Etat vit lui aussi à l'heure de la guerre. Dans ce contexte particulier, le cinéma est en première ligne. C'est par lui que le conflit devient particulièrement visible, car une partie significative des films de propagande produits dans les principaux États en guerre est montrée sur les écrans helvétiques. Les images tournées par les cinéastes de l'Allemagne hitlérienne et de l'Italie fasciste se mêlent à celles réalisées par le camp allié et à une production nationale fortement influencée par le climat de "défense spirituelle". Cet enchevêtrement crée un terrain exceptionnel pour l'étude des représentations cinématographiques du conflit.

La Suisse ne participe pas militairement à la Deuxième Guerre mondiale. Néanmoins, les événements liés au conflit marquent profondément les débats politiques et sociaux, ainsi que la vie quotidienne de la population-le petit état vit lui aussi à l'heure de la guerre.

Dans ce contexte particulier, le cinéma est en première ligne. C'est par lui que le conflit devient particulièrement visible, car une partie significative des films de propagande produits dans les principaux États en guerre est montrée sur les écrans helvétiques. Les images tournées par les cinéastes de l'Allemagne hitlérienne et de l'Italie fasciste se mêlent à celles réalisées par le camp allié et à une production nationale fortement influencée par le climat de "défense spirituelle". Cet enchevêtrement crée un terrain exceptionnel pour l'étude des représentations cinématographiques du conflit.

  • Introduction  
  • Persistance et transmission des représentations dans le cinéma américain: l'exemple asiatique  
  • La guerre se gagne avant tout "à la maison"…
  • Quelques aspects du conflit dans le cinéma de fiction anglais   
  • Mise en scène du quotidien et propagande douce: les documentaires britanniques de guerre, 1939-1945   
  • Images de guerre sur les écrans suisses   
  • La seconde génération de critiques cinématographiques romands (1930-1945). Un aperçu biographique
  • Demi-aveugles ou demi-muets? Les chroniqueurs cinématographiques de la presse quotidienne de Genève et de Lausanne face aux longs-métrages de propagande américains   

Ce premier volume d'une nouvelle collection "Médias et histoire", impulsée par l'Université de Lausanne et soutenue par Cinoptika, la Cinémathèque suisse et le canton de Vaud, [apportent] la preuve que les "helvetica" sont un secteur de pointe de la recherche en histoire du cinéma.

Il s'agit ici des années de guerre en Suisse, telles que le cinéma en a rendu compte. Comment vit-on une guerre à laquelle on ne participe pas directement? Le cinéma a tenu là un rôle clé, car c'est par lui que le conflit est rendu visible auprès de la population. Les écrans helvétiques ont tué cette particularité de présenter des images tournées par les Alliés mêlées à celles provenant de pays de l'Axe (contrôlées les unes et les autres) et à une production nationale marquée par la politique de "défense spirituelle". C'est cet enchevêtrement qui est particulièrement intéressant dans le cas suisse. L'impact du cinéma sur un public national est étudié non à partir d'une simple étude de contenu des films et selon la "théorie du reflet", mais en croisant divers paramètres (audience, analyse de presse…) pour aboutir à une analyse fine de la réception. L'ouvrage collectif propose d'abord une exploration des représentations du conflit fabriquées par le cinéma anglo-américain. Ensuite, il aborde la façon dont ces films ont été diffusés et reçus sur le territoire suisse francophone, et les confronte à la production nationale.

Je m'attarderai sur la première contribution consacrée à lai représentation des Asiatiques dans le cinéma américain dans la mesure où elle est en rapport avec le thème de ce numéro sur le Japon. L'auteur (Robert Jaquin) montre d'abord que le cinéma participe au discours dépréciatif général sur les Asiatiques et que cette tendance remonte haut (Forfaiture, Le Lys brisé, Fu Manchu'i) et concerne d'abord les Chinois, minorité présente sur le sol américain. Le "péril jaune" passe ensuite aux Japona