De la chute du mur de Berlin au 11 Septembre 2001

33,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-056-1
A travers l'analyse de deux événements cruciaux qu'ont été la chute du mur de Berlin et le 11 Septembre 2001, cet ouvrage s'intéresse au lien qu'entretient le journal télévisé avec l'histoire, la mémoire et l'historiographie. Il révèle notamment que la télévision s'insinue parfois dans le déroulement même de l'événement, devenant ainsi un acteur de l'histoire en cours.

De nombreux ouvrages portent sur l'histoire de et à la télévision. En revanche, la question de l'importance de ce média en tant qu'acteur spécifique de l'histoire ou en tant que constructeur des mémoires collectives reste souvent en suspens.

Cet ouvrage s'intéresse au lien qu'entretient le journal télévisé avec l'histoire, la mémoire et l'historiographie. Ancré dans une apparente démarche d'actualité, le journal télévisé est également la plateforme d'une expérience du temps présent historique. Les images de la chute du mur de Berlin et du 11 Septembre 2001 en sont des exemples.

L'analyse de ces deux événements et de leur commémoration montre que le journal télévisé intervient dans la construction des mémoires collectives et révèle également que la télévision s'insinue parfois dans le déroulement même de l'événement, devenant ainsi un acteur de l'histoire en cours.

De plus, les années 1990 sont marquées par de profonds changements sur les plans politique et médiatique. L'essor des nouvelles technologies permet au journal télévisé de proposer un direct encore plus performant. C'est ainsi que le 11 Septembre 2001 présente l'apogée tragique d'une évolution qui a commencé avec la chute du communisme. La télévision est prise en otage et raconte ainsi une tout autre histoire.

 I. De l'information à l'histoire

Réflexions sur la télévision, le journal télévisé, la mémoire et l'histoire

  • La télévision entre métamorphoses et événements
  • La mémoire - de la phénoménologie bergsonienne au journal télévisé
  • La mémoire collective, les archives et l'éphémère
  • Les dimensions historiques du journal télévisé

II. La chute du mur de Berlin - du direct à la commémoration

La chute du mur de Berlin - une expérience du temps présent

  • Les différentes formes du direct
  • Un récit médiatique et historique
  • Entre récit et expérience historique du temps présent

La chute du mur - Commémoration, souvenirs et habitudes

  • L'actualité au coeur du journal télévisé - Une mise en scène dominée par le «présent»
  • La mise en scène des témoignages et d'autres personnages
  • Une page très spéciale sur France 2 - L'actualité est sous le signe du mouvement
  • Le 10e anniversaire de la chute du mur de Berlin
  • La mémoire omniprésente: la mort de Charles de Gaulle et la nuit des pogroms de 1938

Dix anniversaires ou comment le journal télévisé fabrique le souvenir

III. Les métamorphoses médiatiques et politiques dans les années 1990 et le 11 septembre 2001

Tout demeure autrement

  • La société de l'information - Une mise en scène des nouvelles technologies
  • La brèche dans le mur, dans le récit médiatique et dans le monde politique

Le 11 septembre 2001 - le direct qui frappe l'écran

  • L'ennemi (in)visible et l'omniprésence

Dans la revue Questions de communication

L’ouvrage est l’adaptation d’une thèse en sciences de l’information et de la communication (sic) soutenue à l’université de Genève en 2009 et dirigée par Jean-François Tétu (université Lumière Lyon 2) qui en signe la préface (pp.7-11). Maître de conférence à l’Institut français de presse, Katharina Niemeyer se définie comme une analyste et une penseuse des médias et de l’événement et c’est ainsi qu’elle entend revisiter la mémoire, l’histoire et les productions télévisuelles d’actualité. Dans l’essai, se fondant sur une approche philologique, l’auteure cherche à valider l’idée que la télévision est un acteur spécifique de l’histoire autant qu’un constructeur de différentes mémoires collectives. Elle fonde son approche sur un corpus d’auteurs francophones (Jean Baudrillard, Guy Lochard, Arnaud Mercier, Jean-Louis Missika, Jean-Claude Soulages…), autant qu’anglo-saxons (Janet Wasco, Chris Barker…) et allemands (Michael Beuthner, Lorenz Engell, Niklas Luhman…), venant en complément des quelques 700 pages de retranscriptions de journaux télévisés français (TF1, Antenne 2/France 2), allemand (ARD) et américains (ABC, CBS) couvrant la période 1989-2001 par le prisme de la chute du mur de Berlin et du 11 septembre 2001. Katharina Niemeyer se fait même novatrice en (sic) lorsqu’elle convoque des historiens (Pierre Nora, Paul Ricœur, Paul Veyne…) pour "une réflexion sur l’histoire, le récit médiatique et historique, car leur jeu avec la mémoire se présente comme une particularité intéressante sur l’écran télévisuel" (p.70). Cette "approche incluant la philosophie de l’histoire dans les sciences des médias" (p.316) est peut-être la moins réussie tant l’auteure, appliquée à rechercher des divergences entre ces deux disciplines universitaires, néglige de s’interroger