De beaux Lendemains? Histoire, société et politique dans la science-fiction

24,00 CHF
Réf.: 2-940146-23-3
Trop occupés à fouiller le passé, les historiennes et les historiens n'ont que rarement abordé les représentations d'un futur imaginé. Celui-ci est pourtant un terrain de recherche extrêmement riche pour les sciences humaines. Les sociétés hypothétiques, au centre de la représentation du futur proposé par les œuvres d'anticipation, sont construites sur l'allégorie des craintes et des espoirs propres à leur époque de production. La science-fiction propose ainsi des visions extrêmes: ces mondes inexistants, qu'ils soient idéaux ou pervertis, à haute technologie ou mystiques, égalitaires ou hiérarchisés, pacifiques ou conquérants, ne font que caricaturer et déformer la représentation du réel. Ces œuvres sont autant de loupes-à la fois déformantes et grossissantes-qui révèlent leur temps.

Trop occupés à fouiller le passé, les historiennes et les historiens n'ont que rarement abordé les représentations d'un futur imaginé. Celui-ci est pourtant un terrain de recherche extrêmement riche pour les sciences humaines. Les sociétés hypothétiques, au centre de la représentation du futur proposé par les œuvres d'anticipation, sont construites sur l'allégorie des craintes et des espoirs propres à leur époque de production. La science-fiction propose ainsi des visions extrêmes: ces mondes inexistants, qu'ils soient idéaux ou pervertis, à haute technologie ou mystiques, égalitaires ou hiérarchisés, pacifiques ou conquérants, ne font que caricaturer et déformer la représentation du réel. Ces œuvres sont autant de loupes-à la fois déformantes et grossissantes-qui révèlent leur temps.

Dans cet ouvrage, le cinéma et la littérature de science-fiction ont été observés du point de vue de l'histoire, mais également de celui de l'analyse littéraire et musicale, de l'anthropologie, de la sociologie, de l'architecture et de la théologie. Cette approche interdisciplinaire offre un vaste panorama où se dessinent des représentations sociales et leurs enjeux politiques.

  • Introduction (Gianni Haver)       
  • Pavé de bonnes intentions: détournements d'utopies et pensée politique dans la science-fiction (Patrick J. Gyger)
  • "Regardez-nous sauver le monde!" Représentations sociales dans quelques films catastrophe hollywoodiens (Laurent Guido)
  • Darth Vader, Mr. Spock et Thomas Jefferson: la science-fiction comme théodicée narrative (Vinzenz Hediger)
  • Politiques du corps et science-fiction cyberpunk (Olivier Simioni)
  • Les idées anthropologiques de quelques films post-apocalyptiques ou apparentables (François Lorétan)
  • Le post-atomique cinématographique: un futur conjugué au passé antérieur (Philippe Ney)
  • 2069 dans le "nouveau cinéma suisse": OVNI ou reflet de la société? (Olivier Moeschler)
  • Totalitarisme, aliénation médiatisée et ambiguïté dans Total Recall (Charles-Antoine Courcoux)
  • Dark City: parcours entre architecture, urbanisme et science-fiction (Delphine Fellay, Stéphanie Ginalski, Valérie Niederoest)    
  • Usonie? ou des relations entre utopie et musique (Laurent Mousson)

La science-fiction, stade ultime de la politique

De jeunes chercheurs romands se penchent sur les rapports entre science-fiction et idéologie. Une démarche iconoclaste en milieu académique, qui débouche sur des études prometteuses

Des universitaires qui se penchent sur la science-fiction, une démarche peu courante sous ces latitudes. Alors que les pays anglo-saxons ont entériné, la montée en puissance des littératures populaires actuelle, leurs homologues latins continuent de mépriser la fiction de genre. En Suisse romande, cette période glaciaire connaît toutefois un réchauffement ces jours avec la publication de l'ouvrage collectif De Beaux Lendemains?, sur les rapports entre science-fiction (SF) et politique.

Un parallèle saugrenu? Voire. "Pour débordante qu'elle soit, la fantaisie des auteurs du genre est en lien direct avec la représentation de la société dans laquelle ils vivent. […] C'est la raison pour laquelle la science-fiction peut facilement servir d'instrument de légitimation comme de dénonciation" des idéologies, avertit d'emblée Gianni Haver, maître assistant à l'Université de Lausanne, codirecteur de la publication avec Patrick Gyger, qui dirige la Maison d'ailleurs à Yverdon. Un exemple de légitimation vient du film catastrophe, estime Laurent Guido. A l'heure où les Etats-Unis mènent leur guerre contre le terrorisme, l'analyse de cet assistant lausannois revêt une actualité particulière. Des œuvres comme Independence Day, Armageddon ou Deep Impact, dans lesquelles la société humaine globalisée-aussi globale que le marché visé par ces films-est menacée par des extraterrestres ou une météorite, "représentent un modèle de résolution réussie d'une crise à l'échelle planétaire par les Américains. Dans ces récits, ce sont les Etats-Unis qui organisent la riposte et font usage de leur force technologique et militaire". A travers Total Recall, Charles-Antoine Courcoux, de l'Université de Genève, veut aussi pointer l'ambivalence des films de Paul Verhoeven (Robocop, Starship Troopers