Maurice Blanchot ou l'autonomie littéraire

21,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-058-5
En conjuguant les méthodes de l'histoire littéraire, de la sociologie des champs et de l'analyse littéraire, cette étude se penche sur l'élaboration de la "posture" de Maurice Blanchot dans l'immédiat après-guerre (1944-1948), "posture" de l'écrivain en retrait, qui manifeste une autonomie littéraire radicale. Cet ouvrage apporte une compréhension renouvelée des concepts clés de l'oeuvre critique de Blanchot ainsi que de sa production littéraire de l'après-guerre, de même qu'il offre un nouvel éclairage sur une période charnière de la vie de l'écrivain.

En conjuguant les méthodes de l'histoire littéraire, de la sociologie des champs et de l'analyse littéraire, cette étude se penche sur l'élaboration de la "posture" de Maurice Blanchot dans l'immédiat après-guerre (1944-1948).

Le passé de Blanchot, marqué par des positions politiques d'extrême droite dans les années 1930, et dans une certaine mesure encore sous l'Occupation, le conduit à se repositionner dans le champ littéraire de la Libération, marqué par l'épuration des écrivains collaborateurs. Il élabore une "posture" de l'écrivain en retrait, qui manifeste une autonomie littéraire radicale.

Cette posture du retrait demeure pourtant une forme de participation au monde des lettres et Blanchot se trouve amené à réélaborer ses postulats critiques ainsi que sa production littéraire proprement dite (Le très-haut, L'arrêt de mort), en interaction avec les nouvelles forces dominant les milieux littéraires à la Libération. Il est conduit à se positionner face à la nouvelle avant-garde issue de la Résistance, emmenée par Sartre et ses Temps Modernes, qui promeut le modèle de l'écrivain engagé.

  • Introduction: l'exigence d'autonomie

  • Les milieux littéraires dans l'immédiat après-guerre en France

  • Maurice Blanchot au sortir de la guerre

  • Un repositionnement par la critique littéraire

  • Le très-haut et les récits

  • Conclusion: la radicalité du projet blanchotien

  • Bibliographie

Dans la revue Histoires littéraires

C’est un apport croisé de la sociologie critique bourdieusienne et de l’analyse littéraire que propose l’auteur avec ce texte complétant les publications qui ont permis, ces dernières années, de mieux connaître les premières œuvres de Blanchot – avec la possibilité de vérifier la teneur de textes non encore publiés alors que leur contexte est bien identifié – et des éléments de biographie de cet écrivain qui s’acharna à gommer toute trace de sa personne. Hadrien Buclin explique comment, dans les premières années qui ont suivi la Libération, Blanchot a installé, en plusieurs temps, cette position à la fois dominante et retirée qui devait le rendre célèbre. Après avoir longuement travaillé cette posture originale dans ses années de participation littéraire intense, depuis 1931, à des publications plus ou moins directement collaborationnistes, s’étant essentiellement consacré à la critique de livres et posant, dès cette période, cette activité comme littéraire et ses pratiquants comme des écrivains, Blanchot continue, au sortir de la guerre, à proposer une autonomie du champ littéraire. Échappant aux processus d’épuration, il n’en connaît pas moins une position fragile. Attaqué dans les premiers temps par un Sartre qui règne en maître sur la problématique de l’engagement, symboliquement affaibli par son image d’écrivain de droite, il parvint cependant, progressivement, après avoir publié des articles à la Table Ronde, à se faire accepter chez Gallimard, éditeur qui avait aussi à se faire pardonner. Mais dès 1946, Sartre invite Blanchot, qui a 39 ans, à publier un article dans Les Temps modernes. Dès lors, Hadrien Buclin considère que le moment de purgatoire est achevé. En moins de trois ans, le personnage compromis dans un univers dont il ne peut avouer directement la honte qu’il lui inspire, se sera mis en état de débuter sa stratégie de conquête d’u