Formes et modèles de l'engagement littéraire (XVe-XXIe siècles)

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Réf.: 2-940146-77-2
S'engager, en matière littéraire, c'est accepter de renoncer, au moins en partie, à la fameuse autonomie de l'art dont les écrivains, depuis l'âge romantique, sont si jaloux. Dès lors, les compromis-ou les compromissions?-avec la politique, les impératifs moraux, les diktats juridiques deviennent inévitables. Surgissent alors, tout aussi inévitables, les nombreuses questions quant aux modèles, formes et stratégies de l'engagement littéraire. En quoi une oeuvre engagée se distingue-t-elle d'un texte de propagande? La littérature engagée, en prise sur l'actualité, est-elle vouée à une rapide obsolescence? Quel rôle joue la dimension esthétique dans l'efficacité de la littérature? L'ironie postmoderne ne mine-t-elle pas la volonté d'être impliqué? Qu'en est-il alors des formes d'intervention actuelles?

S'engager, en matière littéraire, c'est accepter de renoncer, au moins en partie, à la fameuse autonomie de l'art dont les écrivains, depuis l'âge romantique, sont si jaloux. Dès lors, les compromis-ou les compromissions?-avec la politique, les impératifs moraux, les diktats juridiques deviennent inévitables. Surgissent alors, tout aussi inévitables, les nombreuses questions quant aux modèles, formes et stratégies de l'engagement littéraire. En quoi une œuvre engagée se distingue-t-elle d'un texte de propagande? La littérature engagée, en prise sur l'actualité, est-elle vouée à une rapide obsolescence? Quel rôle joue la dimension esthétique dans l'efficacité de la littérature? L'ironie postmoderne ne mine-t-elle pas la volonté d'être impliqué? Qu'en est-il alors des formes d'intervention actuelles?  

  • Avant-propos (Jean Kaempfer, Sonya Florey et Jérôme Meizoz)

Archéologie de l'engagement

  • Une génération d'écrivains "embarqués": Le règne de Charles VI ou la naissance de l'engagement littéraire en France (Jean-Claude Muehlethaler)
  • D'un engagement prémoderne: ambiguïté et altérité dans l'œuvre de Rabelais (Frédéric Tinguely)
  • Le Groupe de Coppet: pratique et critique de l'engagement (François Rosset)

Engagements paradoxaux

  • Stendhal romancier politique (Jacques Dubois)
  • Joueurs de flûte: Proust (Franc Schuerewegen)
  • "Je ne peux pas être de salut public" : Romain Gary engagé (Luc Rasson)

Politiques littéraires

  • Engagement et contre-engagement. Des politiques de la littérature (Benoît Denis)
  • Les formes de l'engagement dans le champ littéraire (Gisèle Sapiro)
  • L'engagement dans la langue (Nelly Wolf)
  • Les manifestes littéraires ou l'engagement scandaleux des avant-gardes (Marcel Burge)
  • Formes de l'engagement des intellectuels catholiques en France (1880-1935). Art, pouvoir religieux et engagement politique (Hervé Serry)
  • Un lieu d'"engagement" littéraire en Suisse romande: le revue Rencontre, 1950-1953 (Jérôme Meizoz)

L'engagement aujourd'hui

  • Fictions critiques (Dominique Viart)
  • Fait divers et engagement: quelques remarques sur l'Affaire Romand (Isabelle Pitteloud)
  • Une forme littéraire d'engagement face au monde technoscientifique: la science-fiction comme littérature engagée (Marc Atallah)
  • Ecrire par temps néolibéral (Sonya Florey)
  • Engager autrui? Svetlana Alexievitch: problèmes éthiques d'une littérature de témoignage (Frédérique Leichter-Flack)

Contrepoint

  • Changer de monde, ou changer le monde? (Etienne Barilier)

Dépassant la notion d'engagement, Jacques Rancière relance la question de Sartre: "Qu'est-ce que la littérature"?

Politiques de l'écritures

Les réponses apportées par Sartre, au lendemain de la guerre, à la question "Qu'est-ce que la littérature?" n' étaient pas définitives. Le débat ne s'en trouva pas clos. Mais il n'est pas indifférent que tout examen du problème de l'engagement passe, depuis, par la relecture critique de ce texte (repris en 1948 dans Situationsmédiateur » dont l'engagement consistait d'abord à "prendre conscience la plus lucide et la plus entière d'être embarqué, c'est-à-dire lorsqu'il fait passer pour lui et pour les autres l'engagement de la spontanéité immédiate au réfléchi". II).On se souvient que Sartre ancrait le travail de "l'écrivain dans son époque et en référence à ses contemporains. Il faisait de lui un "..."

Un siècle et demi plus tôt, Mme de Staël et le Groupe de Coppet réfléchissaient sur le "but moral" de la littérature considérée comme moyen perfectionnement et d'édification de la conscience civique. Comme le note François Rosset dans sa contribution à un passionnant volume collectif publié en Suisse, l'auteur de Corinne ou l'Italie, jugeant sévèrement le caractère trop démonstratif des contes philosophiques de Voltaire, eut très vite à s'interroger sur la nature et les pouvoirs du roman. Cherchant à ne pas séparer liberté de l'écriture et visée morale ou politique de la littérature, elle rencontra toutes les difficultés que ce lien soulève.

Dans ce même volume, la section consacrée aux "engagements paradoxaux" de Stendhal (par Jacque Dubois, auteur d'un essai sur cet écrivaindont nous rendons compte ici), de Proust ou de Romain gary permet de prolonger, de compliqueret d'attacher toujours davantage la question de la littérature et celle de la politique. Procédant à une typologie des formes actuelles de politisation des écrivains, Gisèle Sapiro démontre que leurs conditions matérielles et