Penser l'archive. Histoires d'archives - archives d'histoire

31,00 CHF
Réf.: 2-940146-57-8
Pour l'historien, un fonds d'archives signale la sédimentation politique et sociale qu'il observe dans le document.

Pour l'historien, un fonds d'archives signale la sédimentation politique et sociale qu'il observe dans le document.

La culture cognitive des archives anciennes et modernes permet de comprendre quelles sont les conditions politiques, institutionnelles et sociales qui ont permis leur organisation. Avant de gagner un dépôt d'archives, il faut savoir pourquoi et comment les fonds se sont constitués. La problématique de l'usage des archives se ramène à la manière dont il faut les interroger et les lire pour construire un objet de recherche. Quels sont donc les enjeux historiques, politiques, éthiques, sociaux et culturels de l'accès aux archives publiques et privées?
Il revient aux historiens de désenclaver l'espace des archives en travaillant avec les archivistes pour construire dans l'intérêt commun une véritable culture scientifique et démocratique du rapport aux archives. En plaidant finalement pour la déontologie commune des archivistes et des historiens, cet ouvrage collectif voudrait contribuer à rappeler que le bon usage des archives est une des conditions centrales de l'écriture de l'histoire dans notre société démocratique. Son avenir en dépend.
  • Penser l'archive (Mauro Cerutti, Jean-François Fayet, Michel Porret)      

  • Techniques de l'écrit et contrôle social à l'époque moderne: les pratiques d'enregistrement des institutions genevoises, XVIe siècle (Christian Grosse, Université de Genève)   

  • Un fonds d'archives privé pour des documents publics: le "fondo Torriani" (Isabella SpinelliUniversité de Genève)

  • Les Archives de la diplomatie: pour une histoire culturelle des relations franco-genevoises durant l'Ancien Régime (Fabrice Brandli, Université de Genève)    

  • Histoire politique et politique de l'archive. La Lombardie autrichienne et le corps helvétique (Élisabeth Salvi, Université de Lausanne

  • Sur les traces des déserteurs au XVIIIe siècle. Les archives et les normes (Marco Cicchini, Université de Genève)       

  • Pour une étude du contrôle social à Lausanne au XVIIIe siècle: les sources consistoriales en question (Nicole Staremberg Goy, Université de Lausanne)

  • L'affaire Desvignes. Des plaidoyers si longs qu'ils vous feraient travailler la Semaine sainte (Patricia Reymond, Université de Lausanne)      

  • Les vaincus des archives. Réflexions sur le lien entre État-nation et mémoire collective à partir du cas brésilien, 1839-1844 (Jean Philippe Challandes (Chercheur avancé FNS/Instituto de Ciências Sociais -Universidade de Lisboa)   

  • "6 mai 1868. J'essaie d'écrire." Aventures et énigmes autour du journal intime d'un jeune handicapé (Mariama Kaba, Université de Lausanne)      

  • Archives et gestion hospitalière. Le cas de l'Hôpital cantonal de Lausanne, 1850-1960 (Pierre-Yves Donzé, Université de Neuchâtel)     

  • Les brevets. Une source pour l'histoire de l'innovation dans l'industrie mécanique de l'Arc jurassien suisse (Thomas Perret, Université de Neuchâtel)  

  • Les Archives historiques Roche: Quelle mémoire d'entreprise? (Klaus Ammann, Université de Bâle/Documents diplomatiques suisses et Christian Engler, Université de Lausanne/Département fédéral des affaires étrangères)      

  • Perspective théorique, construction de l'archive et pouvoir du discours. La Société des Nations et la reconstruction de l'Europe centrale (Michel Fior, Université de Neuchâtel)      

  • Un exemple de f

 Les vingt-trois essais rassemblés dans cet ouvrage par les jeunes historiens réunis en atelier, en 2003, par les universités de Fribourg, Genève, Lausanne et Neuchâtel n'ont d'autre ambition que de faire partager un questionnement des archives. Ces textes incisifs, appuyés sur une solide pratique personnelle de recherche, imposent une réflexivité critique commune à des thèmes et des périodes d'une grande diversité. Comme le soulignent les directeurs de l'ouvrage, Mauro Cerutti, Jean-François Fayet et Michel Porret, on touche là tout autant à la sédimentation même des archives, à leur conservation et leur usage qu'à leur problématisation par les historiens. Comprendre l'histoire de la formation et de l'organisation des fonds d'archives paraît en effet être un élément nécessaire pour faire l'histoire des États et des institutions productrices. Les effets de miroir franco-suisses éclairent ainsi la naissance d'une culture de l'archive à l'époque moderne. Christian Grosse montre que les registres de l'état civil à Genève au XVIe siècle sont issus de la rencontre pérenne entre une autorité (la ville de Genève), une habitude d'enregistrement (la pratique du registre) et un dispositif concret de conservation (le mobilier de rangement). Marco Cicchini éclaire un processus analogue dans la généralisation de l'écrit administratif au sein des armées françaises, processus beaucoup plus lent dans des institutions médicales (Pierre-Yves Donzé, sur l'hôpital cantonal de Lausanne) perçues par leurs acteurs avant tout comme le cadre de pratiques privées, d'où la longue réticence à déposer les dossiers cliniques. Fabrice Brandli propose une histoire comparée de la genèse des archives diplomatiques dans deux États, la monarchie française et la République genevoise, également confrontés aux "exigences de secret, de souveraineté et de continuation d'un savoir de l'État et sur l'État". Il suit, d'un côté, le processus de centralisation et d'étatisation français depuis Richelieu, lié à l'identification du monarque à l'État, de l'autre, l'éparpillement des fonds diplomatiques suisses conservés comme bien patrimoniaux des grandes familles, incarnations multiples du pouvoir oligarchique. Dans deux essais consacrés respectivement aux archives brésiliennes et kurdes, Jean-Philippe Challandes et Jordi Tejel interrogent une coïncidence problématique entre les mémoires nationales et les mémoires des États, matrices principales de la constitution de sources. Dans le