La Suisse et l'Espagne de Franco. De la guerre civile à la mort du dictateur (1936-1975)

34,00 CHF
Réf.: 978-2-940146-83-3
Ce livre propose une étude des relations entre les autorités suisses et le gouvernement du général Franco, dans leurs différents aspects économiques, sociaux, culturels et politiques. Une place importante est réservée à l'étude des relations économiques entre les deux pays, ce qui s'imposait pour un pays comme la Suisse dont le rôle international est notamment déterminé par la puissance économique et financière de ses entreprises dans l'économie mondiale. De même, connaissant la dimension idéologique et légendaire de la guerre civile ainsi que l'existence d'un débat public parfois très vif dans la société suisse concernant le régime franquiste, il était essentiel d'appréhender la représentation de l'Autre- comment est perçu l'Espagnol et le Suisse respectivement dans les deux pays; quelle est la position de l'opposition suisse mais aussi l'évolution de l'opinion publique à l'égard du général Franco. La question de l'exil durant la guerre civile et la guerre mondiale est également abordée, comme l'important mouvement migratoire qui débute au début des années 60. L'analyse est essentiellement chronologique et prend comme point de départ le début de la guerre civile, le 18 juillet 1936 et se termine le 27 novembre 1975, jour de l'intronisation du roi Juan Carlos.

Ce livre propose une étude des relations entre les autorités suisses et le gouvernement du général Franco, dans leurs différents aspects économiques, sociaux, culturels et politiques. Une place importante est réservée à l'étude des relations économiques entre les deux pays, ce qui s'imposait pour un pays comme la Suisse dont le rôle international est notamment déterminé par la puissance économique et financière de ses entreprises dans l'économie mondiale. De même, connaissant la dimension idéologique et légendaire de la guerre civile ainsi que l'existence d'un débat public parfois très vif dans la société suisse concernant le régime franquiste, il était essentiel d'appréhender la représentation de l'Autre- comment est perçu l'Espagnol et le Suisse respectivement dans les deux pays; quelle est la position de l'opposition suisse mais aussi l'évolution de l'opinion publique à l'égard du général Franco. La question de l'exil durant la guerre civile et la guerre mondiale est également abordée, comme l'important mouvement migratoire qui débute au début des années 60. L'analyse est essentiellement chronologique et prend comme point de départ le début de la guerre civile, le 18 juillet 1936 et se termine le 27 novembre 1975, jour de l'intronisation du roi Juan Carlos.

Cette Suisse qui soutenait le franquisme

Dès la guerre civile en 1936 et jusqu’à la mort de Franco en 1975, les autorités suisses ont fait preuve d’une constante bienveillance vis-à-vis du Caudillo. Un appui au régime qui se faisait sous couvert de neutralité.

Lors du décès du général Franco, le 20 novembre 1975, les drapeaux ont été mis en berne sur le Palais fédéral. Plus qu'un geste diplomatique, ce signe de respect trahissait une complicité de quatre décennies entre l'Espagne et la Suisse, sous le couvert de la neutralité. En effet, depuis l'éclatement de la guerre civile en Espagne, le 17 juillet 1936, et jusqu'à la mort du Caudillo, les autorités suisse n'ont cessé de se montrer "bienveillantes" à l'égard du régime franquiste, comme l'explique l'historien Sébastien Farré, auteur d'une étude sur "La Suisse et l'Espagne de Franco". Entretien.

Comment expliquez-vous cette "bienveillance" helvétique à l'égard du régime franquiste?

Sébastien Farré: Jusqu'en 1936, l'Espagne ne constituait pas un enjeu important de la politique étrangère suisse. Lorsque la guerre civile devient un problème international, la Suisse doit se positionner. Le principal facteur qui va alors configurer sa position, c'est l'anticommunisme, avec la crainte d'une révolution populaire en réaction au coup d'Etat militaire. Les autorités suisses, comme les milieux conservateurs, ont en tête ce qui vient de se passer en France au printemps 1936, avec le Front populaire et les mouvements de grèves. Elles sont sur la défensive. Au niveau diplomatique, la Suisse va donc élaborer une position neutre, à mi-chemin entre l'appui italo-allemand aux militaires putschistes et le non-interventionnisme prôné par la France et l'Angleterre.

Dans les faits, cette position "neutre" de la Suisse sera au désavantage du camp républicain...

Le choix suisse s'appuie sur des raisons tirées de sa "neutralité permanente". Alors que la plupart des Etats européens se rallient à