La province n'est plus la province.

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Réf.: 2-940146-34-9
La Seconde Guerre mondiale est un moment singulier dans l'histoire des relations culturelles entre la Suisse et la France. Au lendemain de la défaite, en effet, Paris occupé perd de son prestige et de son irrésistible pouvoir d'attraction; l'édition, la presse, les revues, les hiérarchies intellectuelles, tout est bouleversé par la défaite et l'Occupation. Les milieux culturels de la Suisse épargnée ne connaissent pas une telle déstructuration. Certes, la censure veille et les embarras ne manquent pas, mais jamais au point de véritablement gripper le fonctionnement du champ culturel helvétique. Les artistes et intellectuels français d'avant guerre n'avaient pour lui que condescendance, les voilà qui se pressent au portillon des quotidiens romands pour s'y faire publier et gagner quelque argent.

La Seconde Guerre mondiale est un moment singulier dans l'histoire des relations culturelles entre la Suisse et la France. Au lendemain de la défaite, en effet, Paris occupé perd de son prestige et de son irrésistible pouvoir d'attraction; l'édition, la presse, les revues, les hiérarchies intellectuelles, tout est bouleversé par la défaite et l'Occupation. Les milieux culturels de la Suisse épargnée ne connaissent pas une telle déstructuration. Certes, la censure veille et les embarras ne manquent pas, mais jamais au point de véritablement gripper le fonctionnement du champ culturel helvétique.

Les artistes et intellectuels français d'avant guerre n'avaient pour lui que condescendance, les voilà qui se pressent au portillon des quotidiens romands pour s'y faire publier et gagner quelque argent, les voilà qui se font éditer en Suisse, qui tentent de se faire nommer professeur à l'Université de Lausanne ou Genève, qui préfèrent la quiétude d'un petit village lémanique aux cartes de rationnement de Paris, qui passent la frontière en douce pour chercher un abri.

Comme le constate, en 1942, ébloui, le poète et chroniqueur vaudois Daniel Simond: "La province n'est plus la province."

Sur Les Clionautes

Rencontrées lors du dernier Salon du livre des sciences humaines les éditions Antipodes proposent un catalogue varié en histoire. Si beaucoup de choses ont pu être écrites sur la confédération helvétique pendant la seconde guerre mondiale, plus rares sont les études sur les relations avec la France. C’est la raison pour laquelle notre rédacteur a choisi de traiter cet ouvrage, paru il y a dix ans, mais toujours au catalogue de cet éditeur.

Les Éditions suisses Antipodes ont publié en 2003 cet ouvrage dont les auteurs sont des universitaires de Fribourg, membres du Groupe de recherches en histoire intellectuelle contemporaine. Il a pour thème les relations culturelles entre la France et la Suisse romande durant la Seconde Guerre mondiale, mais les immédiats avant et après-guerre ont été inclus dans l’étude afin de pouvoir montrer, d’une part ce qui va changer avec le conflit, d’autre part, dans quelle mesure les changements perdurent, s’ils laissent des traces ou s’ils s’effacent rapidement.

Par relations culturelles il faut entendre:

  • Les relations personnelles privées et les réseaux intellectuels, qui s’extériorisent souvent par le placement croisé d’articles français dans des journaux et revues suisses ou inversement.

  • Les relations commerciales, appréhendées par l’examen de la presse, de l’édition et des conférences.

  • Les chassés-croisés qui voient les uns, d’abord résistants, puis vichystes, se réfugier en Suisse et collaborer à sa vie intellectuelle, tandis que d’autres "montent" à Paris se mettre au service de l’occupant.

  • Les relations institutionnelles que constituent les politiques culturelles.


Il s’agit d’un ouvrage universitaire, construit en 13 chapitres regroupés en trois parties, complétées par quelques no