La migration italienne dans la Suisse d’après-guerre

34,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-069-1
Ce livre qui traite de la migration italienne se veut un instrument de compréhension d’une trop longue histoire… d’incompréhension. L’analyse se focalise sur la période chaude de l’après-guerre, là où débutent les mouvements qui veulent restreindre l’immigration et qui sont aujourd’hui installés au centre du système politique suisse.
 

Ce livre qui traite de la migration italienne se veut un instrument de compréhension d’une trop longue histoire… d’incompréhension.

L’analyse se focalise sur la période chaude de l’après-guerre, là où débutent les mouvements qui veulent restreindre l’immigration et qui sont aujourd’hui installés au centre du système politique suisse.

Ce livre se veut aussi une contribution à une historiographie sociale d’une période rarement analysée sous l’angle de la question migratoire. Il apporte un éclairage nouveau sur des moments de l’histoire suisse qui méritent d’être mieux connus; moments pendant lesquels les immigrants se révèlent également acteurs.

Introduction

  • L’apprentissage de la xénophobie (Sandro Cattacin et Michel Oris)

I. Politique

  • Des représentations au dispositif de régulation: la politique d’admission des travailleurs étrangers en Suisse entre 1945 et 1959 (Christian Stohr)
  • L’administration fédérale et la migration italienne pendant les années 1960: un dialogue refusé (Matthias Hirt)
  • La représentation des immigrés italiens dans les affiches politiques de 1965 à 1981: construction et déconstruction d’une image (Christelle Maire)
  • La construction des identités dans le débat politique: du danger de la "surpopulation étrangère" à la méditerranéisation de la Suisse (Angelo Maiolino)
  • L’intégration des immigrés italiens à Lausanne, un modèle de réussite? (Giuseppe Fonte)

II. Identités

  • Les ciné-clubs de la Federazione delle Colonie libere italiane in Svizzera: naissance d’un mouvement culturel dans la Suisse des années 1960 (Morena La Barba)
  • Alvaro Bizzarri et la naissance d’un cinéaste migrant: scénario d’une rencontre (Morena La Barba)
  • Se sentir étranger: écritures des immigrés italiens dans la Suisse alémanique au début des années 1970 (Paolo Barcella)

III. Travail

  • Se sentir étranger. La discrimination racontée par les travailleurs italiens immigrés de l’aciérie Monteforno (Mattia Pelli)
  • Compagnon ou concurrent déloyal? Les travailleurs étrangers dans les correspondances quotidiennes de deux syndicats dans les années 1950 (Christian Stohr)
 

Dans la revue Mouvement social

Malgré d’importants mais trop rares travaux, au premier chef ceux de Marie-Claude Blanc-Chaléard, l’histoire de l’immigration italienne vue de France semble souvent s’arrêter aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, entre acceptation, intégration et invisibilité. Il y aurait pourtant là un chantier à poursuivre et, comme le rappelle le présent livre collectif, l’exemple de nos voisins suisses y incite fortement: il met en lumière les difficultés rencontrées au moins jusque dans les années 1980 par des migrants venus d’un pays pourtant limitrophe, et que l’on pourrait supposer de même culture, difficultés ignorées ou oubliées mais qui ne devraient pas surprendre si l’on veut bien se souvenir par exemple du film de Franco Brusati, Pain et Chocolat, qui en 1973 parlait du présent.

Les neuf articles composant l’ouvrage font une large place aux représentations et aux analyses de discours, et l’on peut parfois s’irriter d’appareils de références théoriques certes de qualité mais encombrants voire abusifs, entre faire appel à Foucault pour une évidence ou abuser du mot "concept" à la façon d’un publicitaire. Mais on ne peut aussi que saluer la variété des points de vue et des échelles envisagées, de la politique d’État à la microstoria et au vécu des immigrés.

L’introduction, brève, fait en particulier le lien entre la période considérée et un "apprentissage de la xénophobie" supposé typique de l’entre-deux-guerres. Pourtant, plus loin dans le volume, on trouve des référence à des violences à la fin du XIXe siècle, assez semblables à celles connues à même époque en France. Elle fait aussi le lien avec la dernière trentaine d’années, ultérieure au propos.

Elle est suivie par une analyse, due à Christian Stohr, de la politique menée de 1945 à la fin des années 1950. Le go