Pestalozzi

23,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-124-7
Le pédagogue suisse bien connu Johann Heinrich Pestalozzi a-t-il été le père de l’école moderne? Rien n’est moins sûr. Saisissant Pestalozzi au coeur d’influences intellectuelles et d’attentes politiques et sociales, cette petite biographie du pédagogue montre que son parcours ne peut être dissocié d’un phénomène de société: le "tournant pédagogique" qui affecte l’Europe et le monde anglo-saxon à partir du XVIIIe siècle, attribuant à l’éducation le rôle nouveau d’apporter des solutions aux questions sociales.

Le pédagogue suisse bien connu Johann Heinrich Pestalozzi a-t-il été le père de l’école moderne? Rien n’est moins sûr. Il fut d’abord, comme le souligne le présent ouvrage en scrutant ses écrits, un "patriote" et un républicain de son temps. Inspiré par les Lumières helvétiques, il fut aussi porté par une époque qui plaçait les plus grands espoirs dans l’éducation, entre autres pour cimenter les États nationaux naissants.

Saisissant Pestalozzi au coeur d’influences intellectuelles et d’attentes politiques et sociales, l’ouvrage montre que le parcours du pédagogue ne peut être dissocié d’un phénomène de société: le "tournant pédagogique" qui affecte l’Europe et le monde anglo-saxon à partir du XVIIIe siècle, attribuant à l’éducation le rôle nouveau d’apporter des solutions aux questions sociales. En suivant son personnage bien au-delà de sa disparition, avec la naissance du culte que lui voue le XIXe siècle, ce livre met aussi en relief la façon dont la "figure de proue" pestalozienne, sans cesse réinventée, gagne en importance, en Europe et outre-Atlantique.

Destiné à un large public, réunissant celles et ceux qui s’intéressent à Pestalozzi, spécialistes d’histoire de l’éducation, chercheurs et amateurs d’histoire, le présent ouvrage rend tout un pan de recherche ancré dans le monde germanophone et anglo-saxon accessible aux lectrices et lecteurs de langue française.


Introduction

1. Aux origines du tournant pédagogique

  • Progrès, argent et politique
  • Du progrès commercial à l’idée classique de vertu
  • Le protestantisme et le renforcement de l’âme par l’éducation

 2. La Zurich républicaine du milieu du XVIIIe siècle

  • Organisation politique et commercialisation de la République
  • La lutte contre la corruption et le déclin
  • Le mouvement des jeunes républicains à Zurich après 1760: Füssli et Lavater

 3. La jeunesse et les premières activités d’un républicain révolutionnaire

  • Pestalozzi et la Société politico-morale et historique
  • Le choix d’une épouse et d’un métier
  • La république vertueuse classique et les chances de la proto-industrie: Neuhof

4. La république chrétienne, les Lumières et l’éducation par la contrainte  

  • Les réformes politiques et la république chrétienne de Léonard et Gertrude (1781)
  • Un tournant vers l’absolutisme éclairé et vers le droit naturel
  • Léonard et Gertrude, troisième et quatrième parties (1785 et 1787)

5. Les républiques américaine et française, l’idéalisme allemand et le principe de l’intériorité

  • Liberté, propriété et obligations sociales
  • L’impact de la Révolution française
  • Les Recherches de Pestalozzi à la veille de la Révolution helvétique (1797-1798)

6. La

Dans la Revue d’histoire du XIXe siècle

Le nouvel ouvrage de Daniel Tröhler, spécialiste reconnu de l’oeuvre de Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827), se présente comme une relecture de l’action du pédagogue suisse. Le caractère novateur de son argumentation repose moins sur la déconstruction ou démythification de l’œuvre de Pestalozzi, que sur une analyse contextualisée de son action et de sa postérité. Pestalozzi a été longtemps perçu par ses biographes comme le "père" de la modernité éducative qui préfigure le courant de l’éducation nouvelle de la fin du XIXe siècle. Il a été placé par l’historiographie "classique" dans le panthéon de l’histoire de l’éducation comme le continuateur de Rousseau, celui qui pensa les différentes facettes d’une éducation moderne autour d’une "méthode" répondant à de nouveaux postulats en lecture et écriture, en pédagogie des mathématiques et en éducation physique, une sorte de "chaînon manquant" historique entre Jean-Jacques Rousseau et Maria Montessori. Tout en s’appuyant sur ces postulats "idéalisés", Daniel Tröhler, en historien, replace Pestalozzi en acteur du "tournant éducatif" de la fin du XVIIIe siècle. Celui-ci s’opère dans le contexte de la construction des États-nations où les exécutifs, quels que soient les régimes politiques, perçoivent l’éducation comme un levier pour leurs politiques respectives, comme un moyen de reproduction sociale autant que d’émancipation politique. Loin de la vision "philosophique" et "hors sol" d’un pionnier de la modernité éducative et d’une icône de l’éducation nouvelle, Daniel Tröhler offre donc un Pestalozzi ancré dans son temps, successivement monarchiste puis républicain, certes admirateur de Rousseau et des Lumières mais tout autant fervent défenseur des valeurs et de l’éthique protestantes.

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