Le premier champ de bataille du calvinisme

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Réf.: 978-2-88901-061-5
Cette étude approfondie de la Réforme dans le Pays de Vaud, que ses habitants adopteront en 1536, éclaire sous un nouvel angle les origines du calvinisme et de la foi réformée. Au travers d'une captivante enquête, elle démontre non seulement que les événements auraient à tout moment pu prendre une autre tournure, mais que les violents conflits qui les ont accompagnés allaient avoir une importance cruciale pour le développement et l'expansion du calvinisme en Europe.

Le premier champ de bataille du calvinisme prend le contrepied d'une longue tradition historiographique appliquée à narrer l'enchaînement des faits qui, selon une sorte de logique inéluctable, aurait conduit les habitants du Pays de Vaud à adopter la Réforme en 1536.

Il démontre non seulement que les événements auraient à tout moment pu prendre une autre tournure, mais que les violents conflits qui les ont accompagnés allaient avoir une importance cruciale pour l'expansion du calvinisme vers la France.

Enjeu de luttes politiques séculaires, le Pays de Vaud se transforme ici en carrefour de l'Europe. Il est érigé en laboratoire où peuvent s'observer le rapport de force qui s'installe entre Suisse romande et Suisse alémanique, de même que les modalités diverses que revêt le passage à la Réforme.

Traduite pour la première fois en français, cette captivante enquête qui renoue les fils de l'histoire religieuse à l'histoire sociale et politique passionnera autant les spécialistes que les amateurs d'histoire, tout en apportant aux étudiant·e·s une synthèse attendue depuis fort longtemps.

  • Introduction

  • 
Politique et diplomatie: le Pays de Vaud dans le contexte international, 1450-1564

  • 
Zwinglianisme et luthéranisme à Berne


     Les premiers conflits confessionnels, 1532-1538

  • 
Le choc entre l'ancienne et la nouvelle foi


     Le catholicisme et le défi évangélique en pays vaudois, 1528-1536

  • 
Des sacramentaires aux calvinistes


     De l'agression à la clarification et à la discipline, 1536-1539

  • 
Du calvinisme politique à la Réforme des réfugiés


     L'échec de la diplomatie calviniste, 1540-1549

  • 
Du Pays de Vaud à la France


     La chute du calvinisme vaudois, 1550-1559

  • 
Conclusion

Dans la revue Studies in Religion / Sciences Religieuses

Traduction d’un ouvrage anglais publié en 2005, ce livre apporte un éclairage nouveau sur l’évolution de la Réforme calviniste en Pays de Vaud entre 1528 et 1559. Bruening défend la thèse que le redéploiement de la foi réformée en direction de la France fait suite à l’échec des ministres calvinistes et de Calvin lui-même dans leur projet d’implanter un calvinisme politique dans la Confédération helvétique.

L’ auteur consacre le début de son livre à un survol de l’histoire politique et religieuse du Pays de Vaud entre 1450 et 1564. Il étudie la situation de ce territoire pris en tenaille entre le duché catholique de Savoie de Charles III, la ville de Genève, les cantons helvétiques (particulièrement Berne), la puissante France voisine et les diverses forces politiques et religieuses d’Europe. Un contexte marqué par de nombreuses guerres (les guerres de Bourgogne, de Souabe, de Kappel, les conquêtes bernoises), ainsi que le renouvellement plus ou moins compliqué d’alliances politiques.

En 1522 Berne adopte la Réforme zwinglienne et tente de l’imposer progressivement à son voisin vaudois. Il en résulte des rapports tendus. Mais cette influence politique et religieuse peine à s’imposer malgré une certaine liberté religieuse (exceptionnelle à cette époque) offerte à la population, une volonté de conquête plus ou moins déterminée et agressive au gré de la situation militaire de la Confédération et de ses relations diplomatiques avec la France. Ce n’est qu’en 1564 que le Pays de Vaud est définitivement sous l’emprise de Berne, après que ce dernier ait rendu les territoires du Chablais occidental et du Pays de Gex au duché savoyard. Il faudra encore attendre 1566 pour que la Confession helvétique postérieure fédère doctrinalement les différents courants réformés sur le territoire de la Confédération.

Bruening décrit l’évolution religieuse en terre vaudoise comme un "choc entre l’ancienne et la nouvelle foi". Il détaille la résistance rencontrée par la Réforme évangélique dans une région qui ne voit guère d’intérêt à quitter le catholicisme ou le giron du duché de Savoie. De fait, l’abolition de la messe (célébrée encore parfois en secret) et l’obligation d’accueillir le prêche des pasteurs n’efface pas une opposition populaire tenace vis-