Erasme et le pouvoir de l'imprimerie

24,00 CHF
Réf.: 2-940146-59-4
Érasme, surnommé le "Prince des humanistes", était un des plus grand succès de librairie de son temps. Franck Hieronymus a estimé que les œuvres d'Érasme ont bénéficié, avant la mort de l'écrivain en 1536, d'environ 1260 impressions ou réimpressions. Si nous multiplions ce nombre par un tirage moyen de 1'000 exemplaires, qui est même légèrement sous-évalué, nous obtenons plus de 1,2 millions d'exemplaires. Ce chiffre, qui ne tient pas compte des éditions philologiques d'auteurs antiques réalisées par Érasme, reste certes théorique. Il peut cependant nous donner une idée de la présence de l'humaniste hollandais dans le paysage éditorial du début du XVIe siècle. Bien entendu, la grande majorité des ouvrages ainsi recensés correspond à des réimpressions faites par des imprimeurs avec lesquels Érasme n'a eu aucun contact direct.

Érasme, surnommé le "Prince des humanistes", était un des plus grand succès de librairie de son temps. Franck Hieronymus a estimé que les œuvres d'Érasme ont bénéficié, avant la mort de l'écrivain en 1536, d'environ 1260 impressions ou réimpressions. Si nous multiplions ce nombre par un tirage moyen de 1'000 exemplaires, qui est même légèrement sous-évalué, nous obtenons plus de 1,2 millions d'exemplaires. Ce chiffre, qui ne tient pas compte des éditions philologiques d'auteurs antiques réalisées par Érasme, reste certes théorique. Il peut cependant nous donner une idée de la présence de l'humaniste hollandais dans le paysage éditorial du début du XVIe siècle. Bien entendu, la grande majorité des ouvrages ainsi recensés correspond à des réimpressions faites par des imprimeurs avec lesquels Érasme n'a eu aucun contact direct.

La question centrale de cette étude est de savoir ce que l'humaniste pensait de l'imprimerie et comment il a évalué et valorisé le pouvoir de ce moyen de communication. Considère-t-il comme Rabelais dans son Pantagruel que c'est une invention divine, favorisant considérablement la cause des bonnes lettres et de l'humanisme? ou à l'inverse comme une technique au pouvoir dangereux, qu'il s'agit de contrôler soigneusement?

Il apparaît qu'Érasme, fort conscient du pouvoir de l'imprimerie, cherche certes à l'employer au mieux, mais également parfois à en limiter l'emploi pour les autres. Ce désir exprimé par l'humaniste que les autorités contrôlent la production imprimée est en effet passé sous silence par les spécialistes d'Érasme. Lorsqu'ils abordent le thème de la censure, c'est seulement pour indiquer les interdictions qui ont frappé les œuvres de l'humaniste, jamais pour se demander comment Érasme jugeait la censure de manière générale.

Dans Erasmus of Rotterdam Society Yearbook

To accompany Karine Crouzas in her discovery of the workshops of Erasmus’ printers at the beginning of the sixteenth century is to pursue an increasingly enthralling account of the relationship between Erasmus and print. Writing while still a doctoral student at Lausanne University, Crouzas offers an Erasmus who was a man of his day: not only a writer bound by the new techniques of print but also a witty, clever, and polemical author who played with the prospects offered by this new typographical tool. A preface by Jean-François Gilmont, a leading authority on the history of the book, provides a brief
and clear introduction to the problematics of the work. With Erasmus’ correspondence serving as its main source, this is a study that sets out to discover what Erasmus thought of print and how he estimated and evaluated the power of a new medium.
The first part of the book, “L’imprimerie, un outil parfaitement maîtrisé,” is divided into six chapters and opens with an examination of the contacts between Erasmus and the printers of his time. If chapter one introduces nothing new, it must be said to its credit that it usefully locates Erasmus within the chronology of his century, providing details of his biography, including his travels throughout Europe. Not only does it bring into focus Erasmus’ connections with printers - Thierry Martens in Louvain, Aldus Manutius in Venice, Johann Froben in Basel - but it also draws attention to the absence of other connections. For instance, there is no trace of a link between Erasmus and Parisian printer Antoine Denidel, who printed Erasmus’ first poems in 1495.
In the second chapter, Crouzas considers the recipients of Erasmus’ printed works and notes that the humanist wanted to achieve the widest possible distribution for them - geographical but also socio-cultural and temporal. Erasmus was extremely concerned with his fame in the present but even more so for the centuries to come. In pursuit of “la gloire” (p. 36), he deployed the instruments of typography with enthusiasm. In a brief but stimulating third chapter, Crouzas deftly studies Erasmus’ typographical concerns, which she classifies under two headings: the accuracy of the text and its aesthetic quality. Erasmus is revealed as someone who is worried that these concerns be