Quand les banquiers font la loi

40,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-053-0
La crise des subprimes et la crise financière qui s’en est suivie en 2008 ont montré à quel point l’autorégulation bancaire peut conduire à une catastrophe financière et sociale. Il est donc nécessaire de comprendre comment elle s’est mise en place dans les années 1920 en Suisse et en Angleterre et s’est consolidée dans l’après-guerre. Ce livre vient ainsi combler une lacune importante dans l’historiographie suisse et permet de mettre en perspective les débats actuels sur l’autorégulation des banques.

Jamais sans doute n’a-t-on autant parlé de finance, de banque centrale et de régulation des flux financiers…

La crise des subprimes a montré à quel point l’autorégulation bancaire peut conduire à une catastrophe financière et sociale. Il est donc nécessaire de comprendre comment elle s’est mise en place, dans les années 1920, en Suisse et en Angleterre, et comment elle s’est consolidée dans l’après-guerre.

Ce livre permet de comprendre pourquoi le rapport de force a toujours été particulièrement favorable aux banques, à qui l’État et la Banque nationale suisse ont délégué en quelque sorte leur pouvoir de faire la loi. Il analyse cette zone grise du Pouvoir suisse et l’émergence d’un capitalisme d’autorégulation, en particulier dans le secteur bancaire. La manière de réguler les banques se fait davantage sous la forme de gentlemen’s agreements avec leur participation et leur accord que par un recours à la loi et des discussions au Parlement.

Cet ouvrage met en lumière cet espace para-étatique, étonnamment négligé par la science politique, en s’appuyant sur un important dépouillement d’archives et une analyse des acteurs.

Introduction     

1.    La place financière suisse, 1920-1940      
1.1  Les différents types de banques suisses      
1.2  Bref survol du paysage bancaire suisse 1920-1940      
1.3  Plaque tournante pour capitaux internationaux    
2.    Au cœur de l’autorégulation bancaire      
2.1  La Banque nationale suisse (1906-1940)      
2.2  L’Association suisse des banquiers (1912-1940)    
3.    Genèse de l’autorégulation bancaire     
3.1  Guerre et premières mesures timorées (1914-1918)     
3.2  Crise économique et sociale et pénurie du capital (1919-1924)     
4.    Le Gentlemen’s agreement de 1927     
4.1  Boom économique et repolitisation (1925-1926)     
4.2  Conclusion du gentlemen’s agreement (1927)     
5.    L’origine anglaise des Gentlemen’s agreements (1914-1931)    
5.1  De la comparaison en sciences sociales     
5.2  Place financière anglaise et régulation des flux de capitaux     
5.3  Points communs et différences avec la Suisse     
6.    Du Gentlemen’s agreement de 1927 à la loi sur les banques de 1934    
6.1  Vers une formalisation du gentlemen’s agreement     
6.2  La Convention de 1932    
6.3  La loi sur les banques de 1934      
7.    Régulation de l’importation du capital: le gentlemen’s agreement de 1937    
7.1  Afflux de capitaux avant la dévaluation     
7.2  Afflux de capitaux après la dévaluation     
8.    Les gentlemen’s agreements de 1950 à nos jours    
8.1  Le gentlemen&

Dans L'essor 

Je ne vais pas vous parler d'un roman, d'un livre de fiction - encore que parfois on se demande! Le titre est Quand les banques font la loi paru aux éditions Antipodes, à Lausanne. Dans une sorte de préface, l'auteur rappelle la chanson de Jean Villard Gilles, chanson prémonitoire qui a pour titre "Dollan". Tout au long de ma lecture, j'ai pensé à ce dieu dollar, les paroles tournant dans ma tête alors que l'étude réalisée par Yves Sancey est d'une rigueur, d'une précision, d'une documentation terriblement aiguës, précises, passionnantes. D'emblée il mentionne un extrait de la Commission fédérale des banques qui stipule "L'autorégulation a fait ses preuves en tant que forme alternative de réglementation pour la place financière suisse dont elle constitue un pilier essentiel." 

À partir de là l'auteur analyse la crise des subprimes de l'été 2007, puis la crise bancaire et financière de l'automne 2008, pour en arriver aux obsessions du néolibéralisme, le blocage du salariat, le coût du travail, la compétitivité. Économies, restriction des aides sociales, donc réductions des pensions, licenciements facilités, démantèlement des sécurités dans la fonction publique et on arrive au désastre financier d'une banque classée comme "Trop grande pour capoter", c'est-à-dire l'UBS qui a pour des milliards d'actifs toxiques. C'est l'État - donc nos impôts - et la Banque nationale suisse qui avancent les milliards pour sauver un établissement jugé indispensable dans le paysage bancaire suisse. 

L'autorégulation des banques étant restée intouchable malgré les catastrophes enrayées par l'État, le Conseil fédéral commence à se poser quelques questions sur la surveillance des banques et crée la FINMA c'est-à-dire Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, à la tête de laquelle on commence par mettre un ex-patron de l'UBS. Il ne m'est pas possible d'évoquer toutes les