Les Services industriels de Lausanne. La révolution industrielle d'une ville tertiaire (1896-1901)

19,00 CHF
Réf.: 2-940146-09-8
Mot d'ordre des autorités lausannoises à la fin du siècle dernier, "la révolution industrielle d'une ville tertiaire" traduit l'espoir d'une industrialisation de la ville fondée sur la constitution des Services industriels. Lausanne, dont l'activité économique est essentiellement tournée vers le tourisme et le commerce, résonne alors de débats politiques, économiques et sociaux: la Commune doit-elle racheter les anciennes sociétés du gaz, des eaux et de l'électricité? Dans le même moment, les principales villes de Suisse et d'Europe organisent elles aussi de tels services. Le chef-lieu vaudois offre un cas exemplaire pour saisir les dynamiques sociales et politiques qui conduisent à l'organisation communale d'une production industrielle.

Mot d'ordre des autorités lausannoises à la fin du siècle dernier, "la révolution industrielle d'une ville tertiaire" traduit l'espoir d'une industrialisation de la ville fondée sur la constitution des Services industriels. Lausanne, dont l'activité économique est essentiellement tournée vers le tourisme et le commerce, résonne alors de débats politiques, économiques et sociaux: la Commune doit-elle racheter les anciennes sociétés du gaz, des eaux et de l'électricité? Dans le même moment, les principales villes de Suisse et d'Europe organisent elles aussi de tels services. Le chef-lieu vaudois offre un cas exemplaire pour saisir les dynamiques sociales et politiques qui conduisent à l'organisation communale d'une production industrielle. En analysant dans un même élan les luttes politiques et économiques, ainsi que les réseaux d'intérêts et la situation des différentes sociétés, cette monographie dépeint les enjeux d'une politique de rachat systématique des entreprises privées. Au-delà de l'étude historique, ce livre illustre enfin la discontinuité existant entre la volonté politique du siècle dernier en faveur d'une "reprise par l'Etat des secteurs économiques produisant pour l'intérêt général" et les projets actuels de "privatisation du secteur public."

Aux origines des SI lausannois. Une histoire très au courant

Il y a un siècle, la Municipalité de Lausanne prenait en main l'approvisionnement de la ville en énergie. Dominique Dirlewanger a retracé cette révolution.

Le drôle d'engin qui orne la couverture du livre de Dominique Dirlewanger sur Les Services industriels de Lausanne, n'est pas sans rappeler la machine à voyager dans le temps du romancier britannique H. G. Wells. Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'un livre d'histoire, sinon une machine sophistiquée à voyager dans le passé?

Mais l'engin de la photo en question, que couvent d'un regard de propriétaire deux messieurs en canotier et cravate fin de siècle, est tout simplement une vanne grand format utilisée pour amener à Lausanne la bonne eau fraîche du Pays d'Enhaut, adduction qui devint effective le 12 novembre 1901. Cette arrivée "d'eau de source" qui résolvait pour un temps l'approvisionnement de la ville en eau potable se doublait d'un autre événement dont l'analyse est au centre de l'exposé de M. Dirlewanger: la prise en main par la commune de la distribution de l'eau et le rachat de la société privée qui avait le monopole, la SEAUL.

"Pour des raisons différentes, nous dit l'auteur, il n'y eut pas vraiment de clivage gauche-droite dans la volonté d'intervention communale pour la distribution et la gestion du gaz, de l'eau et de l'électricité." La raison? "Il y avait une prise de conscience de la part des industriels et des représentants des grands partis, de la nécessité d'avoir un Etat qui coordonne le développement de ces services industriels."

On a de la peine à imaginer aujourd'hui, et ce n'est pas le moindre intérêt de ce travail universitaire fortement documenté, les péripéties qui marquèrent cette révolution industrielle et politique lausannoise.

Pour l'eau seulement, on passe en deux générations d'une distribution très artisanale, au moyen de fontaines publiques alimentées par les bassins sourciers du Chalet-à-Gobet et du Mont sur-Lausanne (635 litres à la minute) à une fourniture