La Tour Bel-Air, Pour ou contre le premier gratte-ciel à Lausanne

19,00 CHF
Réf.: 2-940146-05-5
De 1929 à 1931, une vive polémique agite la ville de Lausanne. De puissants investisseurs zurichois projettent de construire une tour de neuf étages, considérée alors comme le premier gratte-ciel de Suisse. Si la tour du Bel-Air Métropole fait aujourd'hui partie du paysage lausannois, le débat général qu'elle suscita en son temps demeure encore dans les mémoires. La polémique mobilise toutes les instances concernées de près ou de loin par la question: partis politiques, associations, corps de métier, journalistes et écrivains; mettant aux prises une réaction conservatrice, menée par les ligues de défense du patrimoine, aux tenants du progrès, soutenus par la majorité de la population. Au-delà du débat d'architecture, montrant comment une construction dite moderne peut être acceptée par la population, c'est toute une série de thèmes propres aux années 30? tradition et modernisme, américanisme et xénophobie? qui se manifestent à cette occasion.

De 1929 à 1931, une vive polémique agite la ville de Lausanne. De puissants investisseurs zurichois projettent de construire une tour de neuf étages, considérée alors comme le premier gratte-ciel de Suisse. Si la tour du Bel-Air Métropole fait aujourd'hui partie du paysage lausannois, le débat général qu'elle suscita en son temps demeure encore dans les mémoires. La polémique mobilise toutes les instances concernées de près ou de loin par la question: partis politiques, associations, corps de métier, journalistes et écrivains; mettant aux prises une réaction conservatrice, menée par les ligues de défense du patrimoine, aux tenants du progrès, soutenus par la majorité de la population. Au-delà du débat d'architecture, montrant comment une construction dite moderne peut être acceptée par la population, c'est toute une série de thèmes propres aux années 30? tradition et modernisme, américanisme et xénophobie? qui se manifestent à cette occasion.

Taoua et Bel-Air, mêmes enjeux

Bel-Air il y a 80 ans, Taoua aujourd’hui, avec un référendum prévu le 13 avril prochain. La polémique autour des tours sous le regard de l’historien Bruno Corthésy.

Lausanne Cités: Bel-Air dans les années 30, Taoua à Beaulieu aujourd’hui, les tours suscitent visiblement la polémique...

Bruno Corthésy: En fait, historiquement il y a eu très peu de tours à Lausanne. Après le Bel-Air Métropole dans les années 30, il n’y a eu plus rien. Jusqu’aux années 60 où on a construit plusieurs édifices dont la tour Edipresse et la tour Georgette. Puis, de nouveau plus rien, jusqu’au début des années 90. Les Zurichois et les Bâlois, dans la vague du capitalisme débridé, ont relancé les idées de gratte-ciel... A Lausanne, cela a donné Taoua...

Quelles similitudes peut-on trouver dans ces projets?

En réalité, le constat est toujours le même: les tours ne répondent pas à des besoins pratiques, mais d’abord à des raisons symboliques. On a beau invoquer la rareté des terrains, le besoin de concentrer les services dans un même endroit, ça ne tient pas la route...

Quelles sont les motivations symboliques qui ont poussé à Taoua?

En premier lieu, il s’agit de ressusciter le site de Beaulieu en l’associant à un emblème architectural fort. Derrière Taoua, il y a le Comptoir suisse, avec ses enjeux économiques et symboliques, car il a toujours été un bastion du radicalisme vaudois. Enfin, pour les architectes et les entrepreneurs, une tour est le symbole le plus évident de leur savoir-faire...

Et à l’époque pour Bel-Air?

En 1930, construire Bel-Air ne répondait à aucune nécessité pratique, sans enjeu d’occupation du