La politique financière fédérale (1945-1958)

54,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-084-4
Cette importante recherche analyse les débats cruciaux qui se sont joués en Suisse dans la première moitié des «Trente glorieuses» autour de la place de l'État dans l'économie, permettant de mieux comprendre les décisions politiques prises alors, décisions qui orientèrent la politique économique et sociale de la Suisse dans l’après-guerre. Cet ouvrage permet en outre de mieux comprendre la place de la Suisse dans l’Europe de l’après-guerre et son intégration dans les phases multiples de la mondialisation.

Entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fin des années 1950, les milieux dirigeants helvétiques parviennent à assurer le retour à un «ordre libéral» mis entre parenthèses par l'essor de l'économie de guerre.

En contenant rigoureusement le développement de l’intervention de l’État et des assurances sociales, en pratiquant une politique monétaire conservatrice, et en conservant une pression fiscale faible en comparaison internationale – particulièrement pour les hauts revenus et les entreprises – le patronat parvient à faire de la Suisse de l’après-guerre un îlot libéral décalé dans le paysage du keynésianisme triomphant, pour le plus grand bénéfice de la place financière suisse en plein essor.

Jusqu’alors pratiquement inexplorée pour la période de l’après-guerre, la politique financière est analysée dans cette recherche comme la clé de voûte du modèle helvétique de l’«État svelte», dont les caisses vides ne laissent que peu de moyens à disposition pour le développement de prestations sociales ou pour une politique conjoncturelle digne de ce nom.

Écrite dans un langage accessible, cette recherche jette également un regard éclairant sur l’influence que différents lobbies, en particulier les associations patronales, exercent sur le système politique suisse des années 1950.

1. Introduction
2. Les finances de l'État fédéral (1938-1975), un survol chiffré
3. Les grandes lignes de la politique financière (1880-1945)
4. Un lent retour à l'ordre libéral (mai 1945-juin 1947)
5. Canevas pour l'après-guerre: les travaux de la commission d'experts pour la réforme des finances fédérales (1945-janvier 1947)
6. Vers une réforme des finances fédérales sans impôt direct (janvier 1947-printemps 1949)
7. Dans les coulisses de la politique financière (janvier 1948-décembre 1950)
8. L'échec du projet des contingents (janvier 1948-décdembre 1950)
9. Contrôler la haute conjoncture? Éviter l'intervention de l'État! Le contexte économique du début des années 1950
10. Le financement du réarmement (1951-1952)
11. Une politique monétaire «conservatrice» aux bases renouvelées (1950-1953)
12. L'échec de la réforme financière de 1953 et la prolongation du régime provisoire (1953-1954) — un tournant
13. Une répétition générale: les baisses d'impôts de 1955
14. Une réforme sans les socialistes (1956-1958)
15. Conclusion
16. Annexes

Dans Traverse

Cette étude, issue d’une thèse de doctorat, analyse la politique financière fédérale, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à l’introduction d’une base constitutionnelle pour les recettes ordinaires de la Confédération, en 1958. La période étudiée est importante, parce que le régime financier qui y est âprement débattu, puis finalement concrétisé, sera maintenu dans ses grandes lignes jusqu’en 1993, date où l’Impôt sur le chiffre d’affaires (ICHA) est remplacé par la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L’ouvrage montre de manière approfondie comment ce régime financier a été forgé à l’épreuve des rapports de forces sociaux et politiques de l’après-guerre. Une telle démonstration repose sur le recours à un riche matériau empirique (archives du Conseil fédéral et de l’administration, des commissions parlementaires, de nombreux partis et associations engagés sur les questions fiscales), mis au service d’un récit historique fluide et bien structuré. Ce travail apporte ainsi un prolongement majeur à l’étude pionnière de Jakob Tanner (Bundeshaushalt, Währung und Kriegswirtschaft, 1986), dévolue à la politique financière de la Confédération durant le deuxième conflit mondial.

Olivier Longchamp montre en particulier comment les milieux patronaux et les secteurs de la droite liés à ces derniers ont réussi à imposer, dans l’après-guerre, une politique financière libérale. Cette réussite est d’autant plus remarquable que cette période est connue, au contraire, comme celle du développement, en Europe occidentale, d’un modèle d’État social financé par une imposition progressive. Le cas helvétique est, à l’inverse, fondé sur une croissance fortement contenue des dépenses de l'État et sur le maintien d’une imposition directe modeste au plan fédéral. Ainsi, les dépenses de la Conf&