Devant le verre d'eau. Regards croisés sur la conférence comme vecteur de la vie intellectuelle (1880-1950)

23,00 CHF
Réf.: 978-2-940146-79-6
En étudiant les intellectuels, les historiens ont le plus souvent privilégié la production écrite, qu'elle se manifeste sous la forme de livres, de brochures, de pamphlets, d'articles de journaux ou de revues, de proclamations, de pétitions… L'intellectuel est vu comme un "homme de lettres" dont l'arme de prédilection par excellence demeure la plume. Pourtant, la transmission des idées ne se limite pas à l'écrit, et, à négliger la transmission orale, on se prive de tout un pan, important, de l'activité intellectuelle. Dans le monde du savoir, le cours, ou la "dispute orale", constituent quelques-uns des fondements de la transmission des connaissances et de l'apprentissage académique.

En étudiant les intellectuels, les historiens ont le plus souvent privilégié la production écrite, qu'elle se manifeste sous la forme de livres, de brochures, de pamphlets, d'articles de journaux ou de revues, de proclamations, de pétitions… L'intellectuel est vu comme un "homme de lettres" dont l'arme de prédilection par excellence demeure la plume. Pourtant, la transmission des idées ne se limite pas à l'écrit, et, à négliger la transmission orale, on se prive de tout un pan, important, de l'activité intellectuelle. Dans le monde du savoir, le cours, ou la "dispute orale", constituent quelques-uns des fondements de la transmission des connaissances et de l'apprentissage académique. Les congrès et autres colloques scientifiques constituent autant de lieux d'échange, de sociabilité mais aussi de légitimité. Enfin, la conférence constitue une activité sociale importante ainsi qu'une modalité essentielle de la conquête d'un capital tant symbolique qu'économique des intellectuels.

Comment caractériser cet objet historique aux contours a priori indéterminés? Quelle fonction joue la conférence dans l'organisation du champ culturel et intellectuel? Comment évolue-t-elle au cours des XIXe et XXe siècles? C'est à quelques-unes de ces questions que veut répondre ce volume consacré à un support médiatique encore largement méconnu.
  • Le petit monde de la conférence parisienne. Analyse d'un échantillon de "cours et conférences" à Paris en janvier 1923 (Philippe Olivera)
  • "Ne pas donner au public le temps d'oublier votre nom": Les conférences de Ferdinand Brunetière (Thomas Loué)
  • Karl Kraus conférencier-théâtralité, littérature et polémique (Marina Allal)
  • Une politique de l'apolitisme? Francesco Chiesa et les conférences de la "Scuola ticinese di cultura italiana" 1918-1939 (Nelly Valsangiacomo)
  • Les échanges d'informations entre intellectuels: La conférence comme outil de coopération intellectuelle à la Société des Nations (Corinne A. Pernet)
  • Action culturelle extérieure et Conférences: l'exemple de l'Alliance française, fin XIX et début XX e siècles (François Chaubet)
  • Les archives sonores du Club 44 à La Chaux-de-Fonds: Une source pour l'histoire intellectuelle (Christine Rodeschini)

Dans la revue Ponts

Les directeurs de cet ouvrage, dans leur "Introduction" (pp.7-14), soulignent la nouveauté, pour la recherche universitaire, du sujet abordé: la conférence comme véhicule (oral) des idées circulant parmi les intellectuels entre la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe. Issues d'un colloque organisé en 2004 à l'Université de Fribourg par le GRHIC (Groupe de recherche en histoire intellectuelle contemporaine), les interventions ici recueillies démontrent l'ample utilisation et diffusion de la conférence (non seulement dans le milieu strictement universitaire et intellectuel) dont l'une des raisons principales est certainement son intérêt financier.

Les écrits ici réunis s'intéressent à des domaines géographiques et culturels très variés. Pour ce qui est du contexte français (sur qui on ne va donner que des aperçus), on doit citer Philippe Ouvera ("Le petit monde de la conférence parisienne", pp.15-33), qui établit une typologie du phénomène de la conférence à Paris pendant les années 1920 et en analyse les thèmes principaux; Thomas Loué ('''Ne pas donner au public le temps d'oublier votre nom': les conférences de Ferdinand Brunetière", pp.35-53) propose une comparaison de l'activité de Ferdinand Brunetière en tant que conférencier et en tant que rédacteur de La Revue des Deux Mondes; François Chaubet ("Action culturelle extérieure et conférences: l'exemple de l'Alliance française (fin XIXe et début XXe siècles)", pp.107-121), à travers l'analyse du cas de l'Alliance Française et d'autres institutions similaires, met en évidence le rôle que celles-ci peuvent assumer dans le cadre des relations diplomatiques culturelles internationales. Pour ce qui concerne le domaine germanophone, l'intervention de Marina Allal ("Karl Kraus conférencier: théâtralité, littérature et polémique", pp.55-73) se concentre sur la prossémique de Karl Kraus tandis que Nelly Valsangiacomo ("Une politique de l'apolitisme? Francesco Chiesa et les conférences de la Scuola ticinese di coltura italiana (1918-1939)", pp.75-89) explore la conférence dans le contexte tessinois comme instrument pour promouvoir la culture officielle. Corinne Pernet ("Les échanges d'informations entre intellectuels: la conférence comme outil de coopération intellectuelle à la Société des Nations", pp.91-106) s'intéresse aux conférences de l'Institut international de coopération intellectuel