Qu'est-ce que la guerre?

32,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-074-5
"Qu’est-ce que la guerre?": Jean-Michel Potiron, homme de théâtre invité en résidence sur un campus universitaire, a ingénument posé cette question à des philosophes, historiens, neurobiologistes, psychiatres, sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens de l’art, archéologues, théologiens, poètes-musiciens, étudiants, enseignants, hommes et femmes… De cette enquête sont nés un spectacle théâtral et trois ateliers interdisciplinaires. Réunis dans un livre décapant qui donne matière à penser et à déclamer, ces textes offrent un éclairage diversifié sur une part maudite de la condition humaine.

Ce livre n’est pas une arme…

C’est un outil qui permet d’affûter notre regard et notre esprit critique pour mieux cerner un phénomène indissociable de l’être humain: la guerre.

"Qu’est-ce que la guerre?": Jean-Michel Potiron, homme de théâtre invité en résidence sur un campus universitaire, a ingénument posé cette question à des philosophes, historiens, neurobiologistes, psychiatres, sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens de l’art, archéologues, théologiens, poètes-musiciens, étudiants, enseignants, hommes et femmes…

De cette enquête sont nés un spectacle théâtral et trois ateliers interdisciplinaires qui, en multipliant les angles d’approche, en mettant en dialogue les uns et les autres, en associant des sensibilités variées, bousculent nos idées reçues et nos a priori.

Réunis dans un livre décapant qui donne matière à penser et à déclamer, ces textes offrent un éclairage diversifié sur une part maudite de la condition humaine.

  • Les opérations du théâtre (Danielle Chaperon)

  • L’histoire d’une résidence d’artiste à l’Université de Lausanne (Dominique Hauser)

  • Des ateliers interdisciplinaires au livre publié (Yohan Ariffin et Anne Bielman Sánchez)

ATELIER 1. GUERRE: HUMANITÉ, INHUMANITÉ

  • De l’équilibre à l’anéantissement dans la guerre (Mondher Kilani)

  • Guerre, fin et suite. Le rôle de l’histoire dans la violence (Jacques Lévy)

  • De l’absence de guerre au nationalisme régional? (Jean-Pierre Wauters)

  • Freud et la guerre (Pierre de Senarclens)

  • Pourquoi la guerre? Notes entre neurosciences et psychanalyse (François Ansermet et Pierre Magistretti)

  • De la guerre contre soi-même pour préserver son humanité (Dimitri Andronicos)

  • Par-delà la guerre? Kant, Hegel, Jack Bauer (Hugues Poltier)

  • Des usages modernes de l’anthropodicée pour justifier la violence organisée (Yohan Ariffin)

  • Synthèse des discussions de l’atelier 1 (Yohan Ariffin et Anne Bielman Sánchez)

ATELIER 2. DIRE LA GUERRE

  • À propos de la guerre en Grèce ancienne: quelques non-dits éloquents (Anne Bielman Sánchez)

  • Le combat à la gauloise: apports de l’archéologie expérimentale (Thierry Luginbühl)

  • Conquête, résistance, soumission: de Vercingétorix à l’émir Abd el-Kader (Romain Guichon)

  • Braoum!: la guerre est un désordre (Nicolas Carrel)

  • La guerre, notre poésie: faire la guerre au texte. Récits des répétitions (Jean-Michel Potiron)

  • Synthèse des discussions de l’atelier 2 (Yohan Ariffin et Anne Bielman Sánchez)

ATELIER 3. L’ART COMME ARME

  • L’art comme arme ou la beauté meurtrière (David Bouvier)

  • L’image offensive à la romaine (Michel E. Fuchs)

  • "L’Année terrible": vue, rapportée, caricaturée, réimaginée et allégorisée par Gustave Doré (Philippe Kaenel)

  • La philosophie, un sport de combat? (Gabriel Dorthe)

  • Ceci n’est pas une arme… (Michael Groneberg)

  • Religions et guerre. De la violence transposée: consacrée? dépassée? déniée? (Pierre Gisel)

  • Synthèse des discussions de l’at

La guerre, objet unique de tous les questionnements

Un ouvrage ambitieux de l’Université de Lausanne s’interroge sur les approches philosophique et psychanalytique du phénomène belliciste, sur ses représentations iconographiques ou encore sur ses non-dits.

Et ce ne sont là que quelques-uns des aspects traités dans ce riche ouvrage… Il est le fruit d’un projet d’ateliers interdisciplinaires organisés à l’Université de Lausanne-Dorigny. Il met donc à contribution historiens, sociologues, psychiatres, théologiens, hommes de théâtre‚ etc. Les vingt-sept articles qui le composent sont certes de valeur inégale, les pages les plus intéressantes étant celles ou les auteurs ont daigné ne point se complaire dans le jargon académique. Il ne s’agit pas là d’un ouvrage de polémologie au sens strict, mais d’une interrogation fondamentale sur la guerre, ainsi que sur les récits et images de celle-ci. L'anthropologue Mondher Kilani ouvre les feux (si l’on peut dire) en analysant et en illustrant par de terribles exemples contemporains le concept de "guerre totale", déjà théorisée par Clausewitz après les guerres de la Révolution et de l’Empire. Jacques Lévy postule la disparition progressive des conflits interétatiques, du moins dans les pays développés, au profit des conflits à l’intérieur des Etats. Dans une contribution particulièrement stimulante, le biologiste Jean-Pierre Wauters constate que, "dès la naissance des Etats, c’est toute la nation qui entre en guerre". Celle-ci étaie donc l’unité nationale. A contrario, son absence favoriserait les nationalismes régionaux, le "fédéralisme de séparation" et "l’accentuation des particularismes" dont parlait Lévi-Strauss: ainsi les revendications indépendantistes catalane, basque, flamande ou encore écossaise, étant par ailleurs entendu que ce sont toujours les régions riches qui veulent se séparer des régions pauvres! Sigmund Freud s’est lui-même interrogé sur le phénomène, dans un texte fameux de 1932 intitulé "Pourquoi la guerre?". L'historien Pierre de Senarclens met en évidence le profond pessimisme du célèbre psychiatre devant la nature humaine inséparable de la violence. Celle-ci, non canalisée, débouche sur le déchaînement des passions et la transgression de tous les tabous et interdits qui sont à la base de la civilisation. C’est donc avec une immense amertume que Freud assista à la folie meurtrière de la Première Guerre mondiale, laquelle marquait la fin d’un monde r