Joindre l'utile à l'agréable

28,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-100-1
Faisant partie du paysage urbain depuis la fin du XIXe siècle, les jardins familiaux, appelés autrefois jardins "ouvriers", demeurent une réalité relativement méconnue, alors même que les villes tendent à redécouvrir leur rapport à la nature. Cet ouvrage entend combler cette lacune en donnant à voir, à partir d'une enquête de terrain, les manières diverses dont ces espaces sont appropriés par leurs usagers.

D'invention philanthropique et faisant partie du paysage urbain depuis la fin du XIXe siècle, les jardins familiaux, appelés autrefois jardins "ouvriers", demeurent une réalité relativement peu documentée, alors même que les villes tendent à redécouvrir leur rapport à la nature.

À partir d'une enquête de terrain réalisée dans trois groupements en Suisse romande, ce livre nous fait pénétrer dans ce monde en donnant à voir les manières diverses dont leurs usagers s’approprient ces espaces. Ainsi, on découvre comment la question des pratiques de loisirs "productifs" vient rencontrer celle de l’alimentation et de l’autoconsommation, de la vie familiale, de l’habitat et des formes de sociabilités et de solidarités pratiques. Sans céder à la tentation du pittoresque, l’enquête témoigne également de certaines "rivalités" entre usagers, qui représentent autant de tentatives pour maintenir une certaine respectabilité populaire.

L’entrée par le jardin permet au final de revisiter l’approche sociologique des milieux populaires.

Introduction: les "deux visages" du jardin ouvrier

Une enquête ethnographique

Partie I. Qui sont les jardiniers?
1. Caractéristiques sociales et conditions d'existence des jardiniers
2. Hypothèses de travail

Partie II. Ce que les jardiniers font dans leur jardin
3. Jardinier: un goût hérité de l'enfance qui s'actualise au moment de fonder son foyer
4. Jardinage et morale de l'activité
5. Un cadre de vie à soi hors des contraintes de la vie quotidienne
6. "Produire ou cultiver des légumes"? Ambivalences autour du jardinage et de sa fonction de "nécessité économique"
7. Le "plaisir" de manger les produits de son jardin
8. Les circuits de sociabilités: une forme d'entre soi protecteur
9. Des pratiques de voisinage sous "tension"

Conclusion

Glossaire

Bibliographie

Annexes

Dans la revue Tsantsa

Dans ce livre issu d’une enquête collective financée par la Direction de l’aménagement du territoire de l’Etat de Genève, Arnaud Frauenfelder, Christophe Delay et Laure Scalambrin étudient une activité de loisir (ou activité hors-travail) particulière: le jardinage sur les parcelles de terre mises à disposition par l’Etat via la Fédération genevoise des jardins familiaux (FGJF). Ce terrain d’enquête, qui rassemble majoritairement des ouvriers/ères et des employé-e-s, souvent de la fonction publique, sert pour les auteur-e-s de lieu d’observation des modes de vie des fractions "hautes" des classes populaires. En d’autres termes, en décrivant la manière dont ces maçons, gendarmes à la retraite, ou assistantes de soins cultivent, conservent et échangent leurs légumes et leurs fleurs, prennent leur repas et invitent leurs proches, les auteur-e-s cherchent à décrire la signification d’un ensemble de pratiques d’individus à la fois tendanciellement dominés au travail et créateurs ou légitimes dans leurs activités à côté de celui-ci. [...]

Yassin Boughaba, Tsantsa,  No 21/2016  Page 177

Dans la Revue française de science politique 

L’ouvrage Joindre l’utile à l’agréable. Jardin familial et mode de vie populaire résulte d’une étude commandée et financée par les autorités étatiques d’aménagement du territoire du canton de Genève, précédant la relocalisation de sites de jardins familiaux. Arnaud Frauenfelder, Christophe Delay et Laure Scalambrin y restituent une enquête de terrain croisant méthode ethnographique et analyse sociologique, menée sur un temps relativement court – neuf mois – au sein de trois groupements de jardins familiaux de la Fédération genevoise des jardins familiaux (FGJF) en Suisse, de mai 2010 à janvier 2011.
Une première originalité