Arrêter une formation professionnelle. Mots et maux d'apprenti·e·s 

32,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-033-2
En Suisse, la formation professionnelle est la filière post-obligatoire la plus fréquemment choisie. La plupart des jeunes suivant cette filière optent pour le système dual, qui alterne formation pratique en entreprise et formation théorique en école. Ce système, qui constitue un contexte propice à la socialisation professionnelle des apprenti·e·s, est un lieu privilégié d'observation des processus de construction de l'identité professionnelle. Cependant, les changements qui affectent aujourd'hui le monde du travail ont un impact direct sur la formation professionnelle duale et rendent les parcours de formation et de transition moins linéaires.

En Suisse, la formation professionnelle est la filière post-obligatoire la plus fréquemment choisie. La plupart des jeunes suivant cette filière optent pour le système dual, qui alterne formation pratique en entreprise et formation théorique en école. Ce système, qui constitue un contexte propice à la socialisation professionnelle des apprenti·e·s, est un lieu privilégié d'observation des processus de construction de l'identité professionnelle. Cependant, les changements qui affectent aujourd'hui le monde du travail ont un impact direct sur la formation professionnelle duale et rendent les parcours de formation et de transition moins linéaires.

Ce livre présente les résultats d'une recherche qualitative et interdisciplinaire analysant le phénomène des arrêts prématurés de formation professionnelle du point de vue des apprenti·e·s. Il permet tout d'abord de comprendre comment les jeunes vivent et expliquent cette expérience. L'accent est ensuite mis sur les implications d'un arrêt de formation professionnelle sur la suite du parcours des jeunes. Enfin, le lien entre arrêts prématurés et questionnements d'ordre identitaire est investigué. Un certain nombre d'implications pratiques découlent de ces analyses, tant au niveau de la prise en charge individuelle que de l'intervention organisationnelle ou institutionnelle.

Introduction

1. Formation professionnelle, décrochage et identité

  • Évolution du marché du travail et de la formation professionnelle
  • Formation professionnelle et identité
  • L'arrêt de formation professionnelle
  • Arrêt de formation et identité

2. Méthodologie

  • Questions de recherche
  • Objectifs
  • Les jeunes interviewé·e·s
  • Récolte des données
  • Traitement des données

3. Les raisons de l'arrêt

  • Types de raisons invoquées
  • Des configurations de raisons
  • Les raisons de l'arrêt sous la loupe de la construction identitaire

4. Faut-il souffrir pour être "pro"?

  • Formation professionnelle et psychodynamique du travail
  • Souffrances lors du contact avec le travail
  • Contrecoups identitaires de la souffrance en formation professionnelle

5. Stratégies

  • La dérobade
  • Déni
  • L'effacement
  • L'accommodation
  • L'affirmation
  • Une personne, plusieurs stratégies
  • Portées identitaires des stratégies

6. Le moment clé de la résiliation du contrat

  • La décision de l'arrêt entre choix et contrainte
  • L'arrêt entre soulagement et désespoir
  • Décision, vécu et identité

7. L'influence des facteurs sociaux

  • L'impact de l'âge
  • Des différences selon le genre
  • Les effets du milieu social d'origine
  • L'influence de la structure familiale
  • Le poids du capital scolaire et des parcours antérieurs
  • L'impact de la taille de

Ils décrochent, et après?

APPRENTIS • Deux études sur la durée mettent en évidence des processus de transition longs et incertains entre l’école et le monde du travail. Un jeune sur sept sans formation.

Pour près de la moitié des jeunes à la sortie de l’école obligatoire (46%), le parcours linéaire école-formation-boulot est un mythe. La réalité met en lumière des processus de transition longs et incertains, où les désirs des jeunes – s’ils en ont – sont confrontés aux exigences du marché du travail en général, et des entreprises en particulier. Sur le thème de "Quel destin après une rupture d’apprentissage", une récente journée d’études à l’IFFP (Institut fédéral des hautes études de formation professionnelle) à Tolochenaz a réuni des chercheurs dans le domaine de la formation. Les résultats de deux études sur la durée ont notamment été mis en évidence.

Chercheuses à l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle, Barbara Duc et Nadia Lamamra ont suivi 46 jeunes ayant rompu leur contrat de formation duale durant la première année d’apprentissage. Quatre ans plus tard, elles ont retrouvé 42 de ces jeunes. Pour la plupart, la situation avait évolué favorablement: huit avaient un emploi qualifié et 19 étaient en formation. Neuf autres avaient achevé leur formation. Quatre en revanche avaient vécu une deuxième rupture d’apprentissage, sans suite favorable connue.

Les bonnes personnes

Les apprentis concernés ont livré leur vision de la transition de l’école au monde du travail: une épreuve d’initiation à surmonter. "C’était comme un parcours de guerre, et quand on a réussi, après on est tranquille", illustre une assistante dentaire diplômée.

Nadia Lamamra souligne l&rsq