Accouchement et douleur. Une étude sociologique

21,00 CHF
Réf.: 2-940146-12-8
Depuis quelques années, plus précisément depuis l'ouverture des centres de prise en charge des douleurs chroniques, les médias se sont emparés de la souffrance physique. Ils la dépeignent comme une malédiction à combattre à l'aide de tous les moyens offerts par les sciences médicale et pharmaceutique, n'hésitant pas à la qualifier de "scandale". Toutefois, certains domaines cèdent avec difficulté à cette mutation culturelle; l'obstétrique en constitue un cas exemplaire. En effet, les douleurs de l'accouchement, bien que rangées par les spécialistes parmi les plus intenses qui se puissent éprouver, bénéficient encore d'une forte acceptabilité sociale.

Depuis quelques années, plus précisément depuis l'ouverture des centres de prise en charge des douleurs chroniques, les médias se sont emparés de la souffrance physique. Ils la dépeignent comme une malédiction à combattre à l'aide de tous les moyens offerts par les sciences médicale et pharmaceutique, n'hésitant pas à la qualifier de "scandale". Ainsi, notre époque marque la transition d'une éthique d'acceptation de la douleur, épreuve inéluctable de l'existence humaine, à une éthique du refus de souffrir et de l'impératif thérapeutique. Toutefois, certains domaines cèdent avec difficulté à cette mutation culturelle; l'obstétrique en constitue un cas exemplaire. En effet, les douleurs de l'accouchement, bien que rangées par les spécialistes parmi les plus intenses qui se puissent éprouver, bénéficient encore d'une forte acceptabilité sociale. Cet ouvrage, parti d'une enquête sur les représentations contemporaines de la douleur, tente de comprendre quelles logiques sous-tendent une telle contradiction: pourquoi est-il acceptable, voire préconisé, d'accoucher dans la douleur au sein d'une société antidoloriste?

Faut-il taire les douleurs de l'accouchement?

Quand on parle d'accouchement, c'est rarement pour dire la douleur et le sang. Même la mère semble oublier ce moment ou l'accepter. Que ne feraiton pas pour l'enfant désiré? Marilène Vuille, alors étudiante en sociologie, a été fort surprise de découvrir, dans ses lectures, que l'accouchement était toujours considéré comme un acte propre, ordonné "sans débordement ni giclée de sang, et qui plus est indolore et désexualisé". Dans Accouchement et douleur, elle brise presque un tabou. Elle s'intéresse aussi à l'acception de la douleur de l'accouchement à l'heure où la société exige de la médecine de lui éviter toutes souffrances.

MAG, Le Courrier, 1er septembre 1999 

O douleur, ô accouchement

Malgré les méthodes d'entraînement prénatal, les douleurs de l'accouchement continuent d'être monnaie courante pour beaucoup de femmes. Un ouvrage enquête sur les raisons de ce paradoxe. Aujourd'hui la douleur est jugée archaïque. On la soigne, on la traque, on la combat| Il est pourtant un domaine où elle est considérée comme acceptable, naturelle, voire bénéfique : la naissance d'un enfant. Pourquoi? Pour quelles raisons, alors que les progrès technologiques permettent de maîtriser la souffrance physique, les douleurs de l'accouchement sont-elles tues, puis évacuées de la mémoire au plus vite?

L'avertissement biblique "Tu accoucheras dans la douleur" serait-il encore d'actualité? Ce sont les questions que s'est posée une sociologue lausannoise, Marilène Vuille, dans son ouvrage, Accouchement et douleur. Une étude sociologique.

La méthode pavlovienne

Des scientifiques américains ont tenté d'échelonner les types de douleur suivant leur degré d'intensité. Le "plus beau moment de la vie d'une femme" vient en deuxième position, au même niveau que l'arrachage d'un doigt, avant la sciatique et la rage de dent. Aucun gynécologue au monde n'évoque ces résultats devant ses patientes. Même si ces conclusions sont à prendre avec des pincettes-comment mesurer la douleur?-elles témoignent néanmoins que les douleurs du travail de l'accouchement restent encore, aux yeux du monde médical et des femmes elles-mêmes, largement sous-estimées. Une petite part de responsabilité revient aux Russes, qui, dans les années trente, ont imaginé une méthode hypnosuggestive, inspirée des expériences pa