Traiter du religieux à l'Université

23,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-068-4
Traiter du religieux à l'Université; le gérer en société contemporaine: deux registres différents, mais mêmes changements, et mêmes difficultés. Cet ouvrage raconte, pris sur le vif, des événements qui ont durement occupé l'Université de Lausanne. Il tente d'y saisir des déplacements et d'en expliciter des enjeux, et ouvre ainsi plus largement, le débat sur l'enseignement du religieux à l'Université.

Traiter du religieux à l'Université; le gérer en société contemporaine: deux registres différents, mais mêmes changements, et mêmes difficultés.

Cette question est relancée par l'éclatement du religieux: pluralité de traditions (christianisme, islam, bouddhisme), avec leurs modifications internes, fondamentalistes ou libérales, et les nouvelles formes de leurs positionnements sociaux; mouvements religieux récents (scientologie, Ordre du Temple solaire, raëliens); religieux "diffus", visant équilibres de vie, voire spiritualités sans Dieu, dont on ne sait plus s'ils sont ou non religieux.

Le religieux est pris ici comme "scène", symptomatique, où les questions ne sont pas réductibles à des différences de conviction, ni à l'opposition entre compréhension interne et neutralité; pas non plus entre théologies et sciences des religions. Or, c'est ainsi que tout le monde le voit spontanément. Mais c'est une dimension à ne pas évacuer, en rester là empêche de voir des des mutations et des enjeux plus profonds qui traversent les savoirs (sciences sociales, anthropologie, histoire) comme la société: son présent, ce qui s'y montre et ce qui y est dénié, des boucs émissaires trop vites identifiés, des processus inaperçus.

Le livre raconte, pris sur le vif, des événements qui ont durement occupé l'Université de Lausanne. Il tente d'y saisir des déplacements et d'en expliciter des enjeux, et ouvre ainsi plus largement, le débat sur l'enseignement du religieux à l'Université.

Dans la revue Études théologiques et religieuses

Voici un document rare, un traité à la croisée de l'analyse institutionnelle et de la critique épistémologique de la manière d'enseigner le religieux à l'Université. Il part de l'analyse d'une crise qui secoua la Faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Lausanne en 2007-2008. L'auteur en fut un acteur majeur et expose à la fois les éléments du dossier et la démarche d'objectivation réflexive qu'il porte afin de saisir toutes les dimensions d'une interrogation féconde. Il retrace l'origine de la réorganisation de la Faculté (protestante) de théologie due à deux faits majeurs des années 1990: la chute considérable du nombre d'étudiants inscrits dans la discipline et la demande croissante de la part d'autres facultés d'un enseignement auxiliaire en sciences des religions, faisant de la Faculté de théologie un prestataire de services plus qu'un centre de formation de spécialistes. Ceci amena à reconsidérer au sein de l'institution le rapport de forces entre enseignants de disciplines théologiques et enseignants de sciences des religions qui s'intensifia avec la création de nouveaux postes dans le cadre de la mise en réseau de compétences complémentaires des trois Facultés romandes de théologie (Lausanne, Neuchâtel et Genève). À Lausanne, devenu pôle d'excellence en sciences des religions, ce redéploiement introduisit une tension entre héritiers d'une faculté implicitement confessionnelle et enseignants nouveaux venus, extérieurs à l'éthos de référence. Ces derniers commencèrent à exiger la déconfessionnalisation de l'institution en réseau, la moitié du Conseil de fondation à Genève étant constitué de délégués de l'Église nationale protestante. Le conflit s'inscrivit dans une revendication de laïcisation des institutions universitaires d'enseignement consacrées à l'objet religieux, afin que puisse éclore une recherche déba